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Le LCGB milite pour une digitalisation à visage humain
Patrick Dury, président national du LCGB

Le LCGB milite pour une digitalisation à visage humain

hoto: Martin Caroline
Patrick Dury, président national du LCGB
Économie 2 min. 16.05.2019

Le LCGB milite pour une digitalisation à visage humain

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Le syndicat a proposé à Marc Hansen, le ministre délégué à la digitalisation des mesures pour protéger le lieu de travail, la santé et le bien-être du salarié face aux dérapages de l'ère numérique.

La LCGB a rencontré Marc Hansen, le ministre délégué à la digitalisation mercredi, afin de lui présenter son plan d’action «Diggi Pack». Le programme syndical, qui préconise un aménagement humain du travail 4.0 et le renforcement des droits des salariés face à la digitalisation, est axé sur la protection de la vie privée, le droit à la déconnexion professionnelle, à l’aménagement du lieu du travail, de la santé et du bien-être du salarié à l’ère digitale et le droit à la mobilité durable.

Pour les deux interlocuteurs «l’accompagnement humain et social de la digitalisation constitue le défi majeur pour les années à venir,» a indiqué le syndicat dans un communiqué. Il a par ailleurs revendiqué un droit à la formation continue, pour «permettre aux salariés de s’adapter continuellement à leur poste de travail et de fortifier leur capacité de rester sur le marché du travail.»

Intégrer l'éthique dans la digitalisation

Autre revendication, syndicale, la mise en place d’un cadre légal renforçant le bien-être et la protection de la vie privée du salarié, dans un monde de connectivité constante. Le LCGB a ensuite poursuivi sa requête auprès du ministre délégué, réclamant le droit du salarié à la déconnexion professionnelle, qui, selon lui, «devrait être inscrit dans le Code du travail».

Derniers défis majeurs relevés par le syndicat, les nouvelles formes de travail comme le télétravail et les plateformes digitales. «Dans les deux cas, la question de l’affiliation à la sécurité sociale, respectivement de l’application des dispositions du Code du travail doit être clarifiée afin d’éviter des situations de faux-indépendants,» a insisté le LCGB.

Lourdes conséquences

Ce dernier et le représentant du gouvernement ont conclu que «les questions d’ordre éthique doivent faire partie des discussions notamment en ce qui concerne la conduite autonome, les logiciels d’intelligence artificielle,» voire peut-être le contrôle des heures de travail. Sur le sujet, un arrêt de la Cour européenne de justice de l'Union européenne (CJUE), rendu mardi, a indiqué que les États membres doivent amener les employeurs à pouvoir quantifier les missions effectuées par leur personnel. 

Le LCGB, qui avait été contacté sur le sujet par le «Luxemburger Wort» mercredi, avait vu dans l'arrêt, un pas positif, «pour défendre les droits des salariés» Le syndicat n'avait cependant pas exclu que la décision pouvait risquer de poser de «nombreux problèmes», notamment en termes d'interprétations différentes entre partenaires sociaux sur l'application d'un système de pointage. Une décision qui pourrait avoir de lourdes conséquences en termes de gestion des données personnelles notamment. En 2018, la CNPD avait reçu deux fois plus de mails, courriers et appels de plaintes notamment contre les entreprises par rapport aux années précédentes, suite à l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur la protection des données.




 

 

 

 

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