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Le géoblocage pénalise encore le pays
Économie 3 min. 04.03.2021 Cet article est archivé

Le géoblocage pénalise encore le pays

Certains particuliers luxembourgeois préfèrent disposer d'une adresse postale secondaire en Allemagne plutôt que d'avoir à payer des frais majeurs de livraison.

Le géoblocage pénalise encore le pays

Certains particuliers luxembourgeois préfèrent disposer d'une adresse postale secondaire en Allemagne plutôt que d'avoir à payer des frais majeurs de livraison.
Photo : Getty Images
Économie 3 min. 04.03.2021 Cet article est archivé

Le géoblocage pénalise encore le pays

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Trop de particuliers et d'entreprises luxembourgeoises doivent encore faire face à des refus de livraison ou des surtaxes pour des achats effectués à l'étranger. L'Europe avance sur la question, mais le résultat tarde.

Au sein de l'Union européenne, l'ensemble des consommateurs devraient pouvoir bénéficier d'un traitement égal. Mais pour les résidents et nombre de sociétés du Grand-Duché, la théorie peine à se mettre en pratique. Et mercredi, la commission de l'Economie à la Chambre a encore évoqué les affres du géoblocage. Cette pratique discriminant la clientèle luxembourgeoise (particuliers comme professionnels) en fixant des exigences financières ou pratiques telles dans la livraison que l'achat de certains produits devient inenvisageable.


Pas question de genre dans l'achat en ligne
Quand il est question de shopping sur internet, le Statec montre qu'hommes ou femmes du Luxembourg sont quasiment à égalité à craquer. Par contre, l'usage du commerce online varie selon le niveau d'éducation.

A l'heure où le e-commerce a banni les frontières des marchés et où la digitalisation des commandes est devenue la pratique la plus courante dans les entreprises, ce geoblocking apparaît comme un non-sens. «Et même si en 2018 l'Europe a fait des avancées, les petits Etats comme le nôtre sont encore mis au ban du libre accès aux marchandises», constate le député CSV Léon Gloden qui a remis la question sur la table face au ministre de l'Economie.

A Franz Fayot (LSAP), le parlementaire a tenu à rappeler un chiffre : «87%. C'est, selon une étude menée à l'échelle du Benelux, la part des entreprises qui disent souffrir de ces restrictions territoriales de l'offre. Car cela nous concerne au Grand-Duché, mais nos voisins belges ne sont guère mieux lotis parfois».

Un fait que le ministre ne conteste pas, et qui rappelle que déjà son prédécesseur Etienne Schneider ou l'eurodéputée Mady Delvaux s'étaient battus pour que l'Europe mette fin à ce type d'exigence.

Maintenir la pression

Que faire alors? «Le ministre Fayot poursuivra ce combat», assure Claude Haagen, président de la commission Economie. «Il maintiendra constamment la pression sur la Commission européenne pour que chacun entende bien que même si le Luxembourg est un marché au poids économique sans doute mineur, ses citoyens et ses entrepreneurs doivent bénéficier du même traitement que dans les Etats plus vastes, puissants ou peuplés.»

Il s'agit là d'une question d'équité (financière autant que morale) mais aussi d'un combat à mener pour le consommateur final. «Car dans tous les cas, c'est lui qui paye», soulignent d'une même voix Léon Gloden et Claude Haagen. Soit parce que l'acheteur paye des surtaxes, soit parce qu'il doit mettre en place des systèmes de boites à lettres parallèles (en Allemagne notamment) pour se voir exonéré de certains frais d'acheminement exorbitants pour quelques kilomètres supplémentaires d'un côté à l'autre de la frontière.


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«Et pareil pour les entreprises luxembourgeoises qui doivent payer plus cher que leurs homologues d'autres Etats. Au final, c'est bien sur le prix de vente aux consommateurs qu'elles vont répercuter cette charge. Cela nuit donc à l'aspect concurrentiel de notre production parfois», ne manque pas d'évoquer le député CSV.

Pour l'heure donc, mandat a été confié à Franz Fayot et plus largement aux ministres influents à la Commission européenne en matière économique de pousser à la révision des textes appliqués au sein de l'UE. «Ce qui peut passer par l'uniformisation des droits inscrits dans les contrats de vente». Mais les députés n'estiment pas nécessaire de mettre en place une adresse internet spécifique pour compiler les plaintes des industriels ou des résidents. «Le ministère de l'Economie en reçoit déjà beaucoup», a reconnu le ministre en charge du dossier. 

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