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Le covid-19 met la cantine d'entreprise à la diète
Économie 3 min. 01.10.2020 Cet article est archivé

Le covid-19 met la cantine d'entreprise à la diète

Avant la crise, ce sont plus de six millions de repas qui étaient servis chaque année dans les restaurants d'entreprise.

Le covid-19 met la cantine d'entreprise à la diète

Avant la crise, ce sont plus de six millions de repas qui étaient servis chaque année dans les restaurants d'entreprise.
Photo: Shutterstock
Économie 3 min. 01.10.2020 Cet article est archivé

Le covid-19 met la cantine d'entreprise à la diète

Frappé de plein fouet par le confinement, le secteur de la restauration tarde à relever la tête. La faute au télétravail et aux mesures sanitaires qui freinent la reprise.

(DH) - Conséquence directe du télétravail et des mesures sanitaires imposées par la pandémie, les quelque 150 restaurants d'entreprise ou d'institution sonnent le creux. Rapporté aux 36.000 entreprises implantées à travers le pays, ce chiffre peut paraître insignifiant, mais à y regarder de plus près, avec Dussmann et Sodexo, ce sont le quatrième et le douzième employeur du pays qui sont, entre autres, concernés. 

Alors que plus de six millions de repas étaient servis chaque année avant la crise sanitaire, les prestataires du secteur de la restauration collective souffrent. A tel point que ces derniers s'attendent à un chiffre d'affaires annuel amputé d'un gros tiers, ou même divisé de moitié, par rapport à l'année, faute de débouchés. 

Aujourd'hui, le télétravail, indispensable instrument de lutte contre la pandémie, apparaît comme le principal facteur de la récession de la restauration d'entreprise. Les exemples sont légion. Pour preuve, la cantine de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) nourrissait pourtant chaque jour près de 900 personnes jusqu'à la mi-mars. Elle est aujourd'hui fermée et ce depuis la mi-mars. 


Lokales, Situation der Sekundarschul-Kantinen Gespräch mit Restopolis-Direktorin Monique Ludovicy / Visite Forum-Kantine, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Le privé bien dans son assiette
Sur les 76 établissements gérés par Restopolis au pays, 66 fonctionnent avec du personnel de sociétés sous-traitantes. Une manne financière importante, puisque de 2005 à 2019, le nombre de repas distribués a connu une explosion de 230%.

Les cantines de la Banque européenne d'investissement (BEI) offrent des chiffres encore plus parlants. Sur le plateau du Kirchbergprès de 2.200 personnes y étaient quotidiennement attablées. Fermées au printemps, les portes des cantines resteront closes jusqu'à nouvel ordre. «Nous avons toutefois mis sur pied un service de ventes à emporter», admet un porte-parole de la BEI. Idem pour la CJUE.   

Ces fermetures pourraient signifier une aubaine pour les restaurants «classiques». Ce n'est vrai qu'en partie. La Fédération des artisans (FDA), qui regroupe 48 entreprises de restauration au pays, en convient. La FDA indique même que 58% des services traiteurs ont enregistré une baisse de 44% au mois de mai par rapport à l'année dernière. Un sacré revers de fortune pour un secteur en évolution croissante depuis 2014.

«Nous repositionner»

Pour Sodexo, poids lourd du secteur, l'optimisme reste de mise, même si le douzième employeur du pays, qui compte 70 clients dans son portefeuille, se sait à un tournant au regard de ses 400 salariés actuellement en chômage partiel. 

«Nous réfléchissons à la manière dont nous pouvons nous repositionner», avait indiqué au LW Laurence Graff, la directrice de la communication et du marketing de la société. Mais l'entreprise basée à Bertrange, comme tous les acteurs du secteur, n'a pas toutes les cartes en main puisque les décisions qui seront prises dépendent des politiques.

Notamment en ce qui concerne le contenu des futurs accords en rapport avec le télétravail - prolongé jusqu'au 31 décembre - qui seront signés avec les pays frontaliers. «Avec une journée de télétravail sur une semaine de cinq jours, cela représenterait quand même une perte de 20% des ventes...», indique-t-on du côté de Sodexo. 

Si la vente à emporter et l'augmentation des services aux maisons de soins apparaissent comme des solutions alternatives, l'impact post-covid sera ressenti à long terme. Et les entreprises du secteur de la restauration collective ne seront pas les seules à devoir prochainement se réinventer. Hier encore, la cantine d'entreprise demeurait un argument dans la stratégie de recrutement des salariés. Le sera-t-elle encore dans quelques mois? La question reste ouverte.   

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