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Le couvre-feu freine un peu plus les taxis
Économie 3 min. 09.11.2020

Le couvre-feu freine un peu plus les taxis

Le Grand-Duché comptait 130 compagnies de taxi avant la crise covid. Déjà certaines ont dû mettre la clef sous la porte.

Le couvre-feu freine un peu plus les taxis

Le Grand-Duché comptait 130 compagnies de taxi avant la crise covid. Déjà certaines ont dû mettre la clef sous la porte.
Photo : Pierre Matgé
Économie 3 min. 09.11.2020

Le couvre-feu freine un peu plus les taxis

La profession de chauffeur de taxi met les warnings. L'avancée d'une heure (de minuit à 23h) de la fin de la vie nocturne a porté un coup à l'activité de transports. Le métier connaît ses premières faillites et dénonce un régime de chômage partiel désavantageux pour les conducteurs.

(pj avec Nadia Pillo) - Des rues vides, des bars et restaurant fermés. Entre 23h et 6h, la vie nocturne est à l'arrêt depuis la mise en place du couvre-feu. «Je n'ai pas de mots pour dire à quel point notre situation s'est détériorée depuis le durcissement des mesures anti-covid», grimace Paulo José Leitão. Président de la Fédération des taxis, voitures de location et ambulances, il dirige aussi la société World Taxi. «La fermeture prématurée a un impact direct sur notre activité», assure-t-il. Désormais, passé 23h, seuls une douzaine de taxis restent disponibles et seulement pour les déplacements absolument nécessaires; les autres rentrent au garage. 

En temps normal, le travail des compagnies de taxi se fait la nuit pour environ un quart à un tiers des courses, explique Olivier Gallé, président de l'Alliance luxembourgeoise des taxis, voitures de location et ambulances et directeur de la société Taxis Colux qui emploie environ 90 chauffeurs. Un effectif devenu bien trop important au vu du marché.


Wirtschaft, Lokales, Illustration, Findel, Taxi, Taxis, Abholdienst  Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
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Aux yeux d'Olivier Gallé, la situation est catastrophique pour la profession. 2020 pourrait bien se traduire par une baisse de l'activité de près de 90%. Chiffre en parallèle avec la masse des chauffeurs désormais en chômage partiel. «Certaines entreprises ont d'ailleurs déjà fait faillite. Elles n'étaient pas de taille à assumer plusieurs mois de diète», assure Paulo José Leitão.

Avant l'arrivée du covid, le pays comptait encore 130 compagnies de taxi. Combien survivront à l'épidémie? Sachant que, pour la très grande majorité, il s'agit de petites structures comptant trois licences tout au plus et aux capacités financières réduites. Des sociétés déjà mises à mal par le premier confinement du printemps, l'absence de touristes de l'été, la timide et brève reprise de la rentrée...

Les aides tardent

Les aides publiques? Elles semblent bien trop légères pour sauver le métier. Certes, le ministère de l'Economie assure que les compagnies de taxi ont pu bénéficier de diverses subventions non remboursables (comme l'injection financière de 5.000 euros et de 12.500 euros supplémentaires pour les entreprises comptant entre 10 et 20 employés). Un soutien complété par les dispositifs du Fonds de relance et de solidarité ou les aides spécifiques pour les indépendants. «Mais ce n'est pas suffisant pour couvrir les coûts actuels», se plaignent d'une même voix les représentants des taxis.

A les entendre, l'administration met beaucoup trop de temps à verser ces aides, à commencer par les avances pour le paiement du chômage partiel. «Cela crée un trou temporaire dans la caisse», déplore Olivier Gallé. Sans oublier la mauvaise adaptation des dispositifs de soutien au métier. En effet, de nombreux chauffeurs travaillent 48 heures par semaine, mais «le remboursement de 80% de leur salaire ne concerne toutefois qu'un temps de travail de 40 heures hebdomadaires». De fait, de nombreux professionnels du volant ne doivent pas seulement faire une croix sur 20% de leur salaire, mais plutôt 35%...


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Le problème a été signalé aux autorités, sans changement d'orientation pour l'heure. Le ministre des Classes moyennes, Lex Delles (DP) qui a promis que «quiconque a besoin d'aide doit pouvoir l'obtenir» a un nouveau dossier à régler. Pied sur l'accélérateur si possible.

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