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Le coût de la main-d’œuvre augmente
Économie 4 min. 16.09.2014 Cet article est archivé
Même avec des primes qui se font plus rares

Le coût de la main-d’œuvre augmente

Même avec des primes qui se font plus rares

Le coût de la main-d’œuvre augmente

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Même avec des primes qui se font plus rares

Le coût de la main-d’œuvre augmente

Le coût du travail au Grand-Duché est l'un des plus élevés au sein de l'Union européenne mais aussi l'un de ceux qui croissent le plus rapidement.

(DN) - Le coût du travail au Grand-Duché est l'un des plus élevés au sein de l'Union européenne mais aussi l'un de ceux qui croissent le plus rapidement.

33,91 euros : voilà, en 2012, le coût horaire moyen de la main-d’œuvre au Luxembourg, composé à 86% du salaire et du traitement bruts et à 13% des charges patronales. Le pourcentage restant inclut en particulier les frais de formation. Cette répartition demeure à peu près identique quelle que soit la tranche d'activité.

Quatre ans auparavant ce coût s'établissait à 30,96 euros. Cette augmentation de quasiment trois euros correspond à une croissance moyenne de 2,3% par an, ainsi que le révèle une enquête quadriennale du STATEC.

Eurostat montre que cette variation a été de 2,2% en 2012, 2,6% en 2013 et 4,5% en 2014. Ces chiffres s'entendent toujours en comparaison du deuxième trimestre de l'année par rapport à la période correspondante de l'année précédente.

Les 4,5% de 2014 placent le Luxembourg parmi les États membres où la variation par rapport au même trimestre de l'année précédente a été la plus forte, derrière les pays baltes, la Slovaquie et la Roumanie.

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Cette vigueur, constatée en 2013 et 2014, s'explique par une progression de l'emploi plus marquée que dans les autres pays, induisant des coûts du travail également plus élevés.

Depuis 2010, Eurostat place le Luxembourg en quatrième position parmi les Etats où le coût horaire moyen de la main-d’œuvre est le plus élevé, derrière, pour 2013, la Suède, le Danemark et la Belgique. La France arrive juste après. Toutefois le STATEC, qui emploie une méthodologie légèrement différente, intervertit pour 2012 les places du Grand-Duché et de l'Hexagone.

De fortes variations d'un secteur à l'autre

La croissance moyenne annuelle de 2,3% au Luxembourg, sur la période 2008 – 2012, montre que les secteurs qui en ont le plus bénéficié (Horesca +4,7%, commerce +5,4%, construction +3%) sont en général ceux qui présentaient des coûts horaires parmi les plus faibles.

Une réalité qui est restée d'actualité en 2012 pour ces secteurs, qu'il s'agisse du commerce (25,58 euros), de la construction (23,72 euros), de l'hébergement et la restauration (19,55 euros) ou encore des activités de services administratifs et de soutien (19,36 euros).

A l'inverse, le secteur financier et des assurances présente le coût horaire le plus élevé (58,66 euros). Dans ce même secteur, les « rémunérations irrégulières » (primes liées à un résultat ou treizième mois, etc.) représentent jusqu'à 16% de la rémunération totale, un record qui dépassait toutefois les 19% en 2008. Elles sont aujourd'hui de l'ordre de 10% dans l'ensemble du secteur tertiaire et chutent à 7% dans le monde de l'industrie et de la construction.

Ces « rémunérations irrégulières » se sont tassées, notamment dans le secteur des activités financières et des assurances mais pas uniquement, contribuant à freiner la hausse du coût de la main-d’œuvre. Le STATEC prend l'exemple de « primes extraordinairement hautes » versées en 2008 dans le secteur des activités immobilières et qui ont disparu en 2012, alors que les salaires réguliers y ont progressé de 2% par an.

En moyenne et tous secteurs confondus, les salaires mensuels ont augmenté de 3,3% par an sur la période 2008 - 2012 mais, dans le même intervalle, les primes et indemnités ponctuelles ont diminué de 2,7%.


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