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Le congé collectif comme prochain chantier
Économie 3 min. 27.03.2020

Le congé collectif comme prochain chantier

Pour Roland Kuhn: «Avoir débuté très tôt et radicalement le confinement a certainement préservé les salariés et l'économie de problèmes bien plus graves».

Le congé collectif comme prochain chantier

Pour Roland Kuhn: «Avoir débuté très tôt et radicalement le confinement a certainement préservé les salariés et l'économie de problèmes bien plus graves».
Photo : Lex Kleren
Économie 3 min. 27.03.2020

Le congé collectif comme prochain chantier

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Bloqué depuis le 20 mars, le secteur du bâtiment commence à s'interroger sur l'opportunité d'un nouvel arrêt des chantiers cet été. Pour Roland Kuhn de la Fédération des entreprises de construction, la question devra être posée.

«L'Etat a d'autres chats à fouetter actuellement.» Pas faux. Mais Roland Kuhn, à la tête de la Fédération des entreprises de construction et du génie civil, sait que la question qui ne va plus tarder à remonter de ses 600 sociétés adhérentes va concerner la tenue -ou non- du prochain congé collectif. «A mes yeux, ce sera impossible à maintenir. Mais il est encore trop tôt pour en parler.» Par contre, nul doute qu'il faut maintenant vite aborder la question avec chefs d'entreprise, syndicats et ministères concernés.

Depuis une semaine et l'arrêt de l'ensemble des chantiers sur le pays par décision d'Etat, entrepreneurs, artisans du bâtiment et ouvriers ont d'abord pensé à la gestion de leurs personnels. Près de 45.000 emplois à protéger des conséquences de la crise. «De l'avis de tous, le gouvernement a bien fait de tout stopper. Par crainte, les gens ne voulaient plus venir. Avoir débuté très tôt et radicalement le confinement a certainement préservé les salariés et l'économie de problèmes bien plus graves», commente Roland Kuhn.


Comment sauver l'économie du pays... en trois points
Les ministres des Finances, de l'Economie et des Classes moyennes ont présenté, mercredi soir, leur plan pour aider les entreprises du pays à passer la crise. Soit 8,8 milliards d'euros répartis entre dépenses d'urgence, report de paiement et aides au crédit.

Le responsable de la Fédération se montre aussi «globalement satisfait et rassuré» par les mesures d'aides et de soutiens avancées par l'Etat luxembourgeois. «Rien ne manque spécifiquement pour le bâtiment dans ces 8,8 milliards d'euros. Mais il faudra aussi rester concentré à la sortie de crise. Quand il faudra quand même passer à la caisse, régler ses impôts, ses cotisations. Pour certaines entreprises, le seul report ou les moratoires de remboursement ne suffiront pas.» Autrement dit, il faudra peut-être que dans les mois à venir le gouvernement fasse une croix sur certaines recettes attendues.

En attendant, Roland Kuhn entend que tout l'écosystème gravitant autour de la construction et du BTP se montre responsable. L'Etat a déjà fait savoir qu'il décalait l'ouverture des soumissions après le redémarrage des chantiers, c'est une bonne chose aux yeux du patron de la Fédération. Mais il est capital que ces soumissions de marchés continuent à être préparées par la puissance publique ou les investisseurs privés «pour assurer l'avenir».

Communes, Etat, architectes, bureaux d'étude...

Il faut aussi que les différentes administrations communales traitent les demandes en suspens et délivrent les permis de construire dès maintenant sitôt les obligations légales vérifiées. De même, architectes et bureaux d'études sont invités à travailler sur leurs plans et autres études de stabilité dont il faudra disposer quand hommes et engins reprendront du service.

Si le paiement des sous-traitants ou des entreprises détentrices de marchés, semble bien s'organiser ces derniers jours, Roland Kuhn relaie volontiers l'appel à la solidarité lancé, notamment, par le ministre des Classes moyennes, Lex Delles (DP). «Des factures réglées à temps permettront sans doute de sauver la trésorerie de plusieurs sociétés du secteur, alors faut le faire.» Et d'émettre un tout dernier souhait: «Les communes, en cette période difficile, pourraient choisir de ne pas garder la retenue de 10% de garantie à la réception des travaux. Ce serait un geste apprécié».

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