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«Le Brexit va faire évoluer le rôle de la Place»
Économie 3 min. 28.12.2020 Cet article est archivé

«Le Brexit va faire évoluer le rôle de la Place»

Si le Brexit devrait attirer quelque 3.000 nouveaux emplois sur la Place, il devrait surtout faire venir de nouvelles activités, estime Nicolas Mackel.

«Le Brexit va faire évoluer le rôle de la Place»

Si le Brexit devrait attirer quelque 3.000 nouveaux emplois sur la Place, il devrait surtout faire venir de nouvelles activités, estime Nicolas Mackel.
Photo: Gerry Huberty/archive
Économie 3 min. 28.12.2020 Cet article est archivé

«Le Brexit va faire évoluer le rôle de la Place»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Signé la veille de Noël, l'accord sur le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne au 1er janvier prochain impactera forcément le Grand-Duché. Notamment en matière de services financiers, les équilibres en place avec la City étant amenés à évoluer.

Plus de quatre ans après le référendum du 23 juin 2016, Bruxelles et Londres ont fini par sceller leur divorce à l'amiable. Un accord signé le 24 décembre dernier voué à mettre sur pied «les fondations solides d'un nouveau départ avec un ami de longue date», selon les mots d'Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. Si le texte de près de 2.000 pages garantit la libre circulation des biens et services, il n'évoque que très peu les services financiers. 


Britain's Prime Minister Boris Johnson gestures as he holds a remote press conference to update the nation on the post-Brexit trade agreement, inside 10 Downing Street in central London on December 24, 2020. - Britain said on Thursday, December 24, 2020 an agreement had been secured on the country's future relationship with the European Union, after last-gasp talks just days before a cliff-edge deadline. (Photo by Paul GROVER / POOL / AFP)
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Un thème pourtant central pour le Royaume-Uni au vu du poids de la City dans son économie. De l'aveu même de Boris Johnson, l'accord trouvé avec Bruxelles «ne va peut-être pas aussi loin que nous le souhaiterions» en matière de services financiers, le Premier ministre britannique estimant dimanche dans les colonnes du Sunday Telegraph que le texte offrait tout de même des opportunités pour certains secteurs, tels que «l'accès pour les avocats» et «une bonne affaire pour le numérique».

Pour Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for finance, cette absence volontaire apparaît comme «le signe que les Britanniques n'ont clairement pas souhaité rester alignés sur les exigences européennes» et donc qu'ils ont préféré «une victoire idéologique à un résultat économique». Interrogé sur le positionnement futur de la City, l'ancien diplomate reconverti dans la promotion de la Place à l'international estime que «la marge de manœuvre est étroite», notamment en ce qui concerne la zone géographique couverte. 

«Singapour prend en charge l'Asie du sud-est, les banquiers de New-York ne vont pas facilement accepter la concurrence britannique en Amérique et j'ai des doutes quant à la couverture de l'Inde ou de la Chine», estime Nicolas Mackel qui imagine «une éventuelle orientation vers les pays du Commonwealth». Une option toutefois jugée moins favorable que la situation en vigueur jusqu'alors. Pour la Place, ce choix de Londres va se traduire par une indispensable adaptation, les deux centres financiers étant intimement liés. Un phénomène également valable pour Dublin, mais aussi Francfort et Paris dans une moindre mesure.

«Le Brexit va faire évoluer le rôle de la Place», assure le CEO de Luxembourg for finance qui évoque «des gains dans la chaîne de valeur et l'arrivée de nouvelles activités». Référence directe à l'implantation des hubs européens de banque privée d'acteurs mondiaux tels que JP Morgan ou Goldman Sachs ou le développement de la branche d'assurance non-vie paneuropéenne. Au final, les changements à venir dans la City devraient aboutir à «une organisation multipolaire», estime Nicolas Mackel qui verrait Francfort et Paris voir leur rôle renforcé dans la banque d'investissement. Dublin et Luxembourg grandiraient en ce qui concerne la gestion d'actifs et le paiement. 


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Fidèle à sa rhétorique, Boris Johnson estime que le Royaume-Uni tirera le meilleur parti de sa nouvelle liberté réglementaire pour développer d'autres secteurs financiers. «Nous ne pouvons pas décider soudainement que nous sommes libres et ne pas décider ensuite la manière de l'exercer» , a-t-il indiqué dans le quotidien britannique. «Ce gouvernement a un programme très clair pour s'unir, se mettre à niveau et pour répandre les opportunités dans tout le pays». Aucune indication précise sur les secteurs de prédilection de la Place n'a toutefois encore été donnée.

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