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Le bâtiment, signe de vitalité économique?

Le bâtiment, signe de vitalité économique?

Photo: Lex Kleren
Économie 2 min. 13.05.2019

Le bâtiment, signe de vitalité économique?

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Une étude du Statec publiée ce lundi, démontre à travers le nombre de logements récemment construits, que le pays a entamé depuis 2016 sa sortie de crise financière.

La crise financière de 2008 serait-elle derrière nous? La hausse du nombre de logements construits semble le prouver: selon le Statec, «l’évolution du nombre de logements achevés est cyclique et dépend notamment de la conjoncture économique du pays,» explique l’office luxembourgeois de la statistique, dans une note publiée ce lundi. En d’autres termes, plus un pays construit des maisons et des appartements, plus il fait preuve d'une bonne santé économique.

Ainsi, «le nombre de logements construits par année, qui avait connu une baisse suite à la crise financière de 2008 – passant de 4.444 logements achevés en 2008 à 2.162 en 2011 - est, en tendance, en augmentation depuis la fin de cette crise,» précise le document. Depuis lors, la tendance repart à la hausse, explique le Statec, qui base sa présente étude sur des chiffres de… 2016.

On y apprend donc qu’au cours de cette année, «3.856 logements ont été achevés. Une hausse de 25% par rapport à 2015, essentiellement due à la construction d’appartements.» Pour le Statec toutefois, «ce nombre n’atteint cependant pas encore le niveau observé au début de la crise de 2008, mais s’en rapproche lentement.» 

Esch champion du bâti

Le document observe par ailleurs un renversement de tendance dans les types d’habitation à partir des années 1990, qui voient l’ascension des appartements au détriment des maisons unifamiliales. 

La cause principale est à rechercher dans le fait qu'«aujourd’hui, le nombre de nouveaux ménages croît plus rapidement que le nombre de nouveaux logements,» ajoute le Statec.

Autre tendance émergente depuis une trentaine d’années, la hausse du nombre d’appartements par bâtiments résidentiels: celui-ci est passé de six unités en 1990, à neuf en 2016. Sans surprise également, les surfaces habitables des appartements diminuent, passant de 85,2 m² en moyenne en 2007, à 80,1 m² en 2016. À l’inverse, celles des maisons unifamiliales s’accroissent durant la période, passant en moyenne de 181,0 m² en 2007 à 195,6 m² en 2016 (+8,1%).

Deux tiers des nouveaux logements achevés entre 2007 et 2016 dans le pays se situent dans le canton d’Esch-sur-Alzette, dans la Ville de Luxembourg et ses cantons alentours. Esch-sur-Alzette contribue pour 24.8% dans le total des logements bâtis durant la période, tandis que la capitale et le canton de Luxembourg-Campagne contribuent chacun pour environ 15%.

En marge de cette note historique, le Statec a également récemment publié ses prévisions en termes de croissance et d'habitat pour les 40 prochaines années. Le Luxembourg aurait ainsi besoin de 200.000 nouveaux logements d'ici 2060.  Un programme à long terme qui ne résoudra pas l'inflation immobilière actuelle: selon l'Observatoire de l'habitat, les prix des logements ont augmenté de 4,5% par an, entre 2010 et 2016.    

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