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«La volonté de payer pour le contenu numérique augmente»
Économie 4 min. 08.05.2020 Cet article est archivé

«La volonté de payer pour le contenu numérique augmente»

Gert Ysebaert, CEO de Mediahuis, estime que l'identité du Luxemburger Wort «relève de la responsabilité des rédactions»

«La volonté de payer pour le contenu numérique augmente»

Gert Ysebaert, CEO de Mediahuis, estime que l'identité du Luxemburger Wort «relève de la responsabilité des rédactions»
Photo: Mediahuis
Économie 4 min. 08.05.2020 Cet article est archivé

«La volonté de payer pour le contenu numérique augmente»

Dans une première interview, Gert Ysebaert, CEO de Mediahuis, évoque ses projets pour le groupe Saint-Paul Luxembourg, mais aussi des raisons pour lesquelles le rachat a été officialisé en pleine pandémie de covid-19 et sa vision de l'industrie des médias.

Comment s'est déroulé le confinement lié à la pandémie pour vous ?

Gert Ysebaert - «Je travaille au bureau deux jours par semaine, et deux ou trois jours à la maison. Avant la crise, personne n'aurait pensé pouvoir gérer une entreprise avec presque personne au bureau. C'est une expérience intéressante et une fois la crise passée, nous aurons probablement une façon de travailler plus mixte. Les gens pourront travailler davantage de chez eux et venir au bureau uniquement pour les réunions.

Que saviez-vous sur le Luxembourg avant l'acquisition de Saint-Paul Luxembourg ?

«Honnêtement, je ne connaissais pas très bien le pays. Mais bien sûr, j'ai commencé à l'étudier davantage ces derniers mois. C'est un pays très intéressant pour plusieurs raisons: tout d'abord parce qu'il est orienté vers l'international et multilingue, c'est également un pays riche et enfin, chose intéressante, c'est qu'il y ait beaucoup de marques de presse pour un pays de cette taille. C'est peut-être pour cette raison que la pénétration des journaux y est assez élevée .


MEDIAHUIS  (Concentra / Standaard / Nieuwsblad / Gazet van Antwerpen / Belang van Limburg)
19/9/2014
pict. by Bert Van den Broucke © Photo News
Mediahuis reprend le groupe Saint-Paul Luxembourg
Le groupe multimédia Mediahuis NV, actuellement présent en Belgique, aux Pays-Bas et en Irlande, vient d’acquérir le capital social du groupe Saint-Paul Luxembourg SA. Cette acquisition permettra au premier groupe de médias luxembourgeois d’accélérer son projet de transformation numérique.

Qu'est-ce qui a attiré votre attention en premier lieu sur le marché luxembourgeois ? 

«L'ancien actionnaire Lafayette (qui gère les actifs de l'archidiocèse de Luxembourg, ndlr) cherchait une solution à long terme pour la société, et c'est ainsi que nous avons pris contact et découvert cette opportunité. Ils recherchaient une société de médias solide. Nous ne l'aurions probablement pas fait si nous n'avions pas déjà fait le pas vers l'Irlande. Parce qu'avant cela, nous étions réellement un groupe de médias néerlandophone.

Beaucoup de gens ont été surpris par le timing de l'annonce, réalisée en plein milieu de la pandémie de covid-19...

«Les conversations ont commencé bien avant la crise du coronavirus. Il n'y avait aucune hâte, ni de notre côté, ni du côté de Lafayette. Puis est arrivée cette crise et nous nous sommes demandé si nous devions continuer. C'est une crise qui va nous frapper durement et tout le groupe devra prendre des mesures. Mais fondamentalement, nous continuons à croire au modèle et au fait que les opérations au Luxembourg peuvent être saines. Alors nous avons dit "continuons".

Gert Ysebaert est convaincu que l'imprimé conservera son importance, probablement pour les décennies à venir.
Gert Ysebaert est convaincu que l'imprimé conservera son importance, probablement pour les décennies à venir.
Photo: Mediahuis

Aucun détail financier de l'opération n'a été divulgué, mais en tant qu'acheteur industriel, vous auriez dû pouvoir payer un prix plus élevé en raison des synergies attendues. Où pensez-vous qu'elles se produiront ?

«Lorsque nous faisons une acquisition, nous basons la valeur sur la valeur effective de l'entreprise indépendante. Nous ne tenons pas compte des synergies. Mais bien sûr, il y aura des synergies. Probablement au niveau des coûts, mais surtout au niveau de la collaboration sur le plan de l'expérience, des compétences et de la technologie. 

Ce que nous pouvons apporter, et ce que l'entreprise demande, c'est l'accélération numérique. Les abonnements numériques pour le Luxemburger Wort sont inférieurs à 10 % alors que pour des quotidiens de référence tels que De Standaard en Belgique ou NRC Handelsblad aux Pays-Bas, ils sont à 40 %, et se dirigent vers les 50 %. Il y a là un potentiel. 

La première chose que nous devons faire maintenant est d'évaluer la situation causée par la crise actuelle. Nous avons basé notre évaluation sur les chiffres de 2019, et nous devrons nous assurer que l'entreprise que nous avons achetée est toujours celle qu'elle est aujourd'hui. L'entreprise devra s'adapter aux nouvelles circonstances.


Die auflagenstarke "De Telegraaf" gehört zu den Mediahuis-Titeln in den Niederlanden.
Information et services pour dix millions de lecteurs
Mediahuis est une entreprise du 21e siècle, mais la tradition éditoriale du groupe remonte au 19e siècle.

Prévoyez-vous des suppressions d'emplois ?

«Il n'y aura pas de réduction du seul fait de l'acquisition. Mais la question sera de savoir quel est l'impact de la crise ? La société que nous avons achetée est une entreprise solide, avec un avenir à long terme, mais la direction devra se pencher sur la base de coûts. Mais ce n'est pas le résultat de l'acquisition.

Voyez-vous l'identité du Luxemburger Wort changer ?

«Il n'y a aucun projet - et aucune raison - de changer l'identité de la marque. C'est ce que nous avons acheté, c'est la force. L'identité de la marque relève de la responsabilité des rédactions. Nous croyons à l'indépendance éditoriale et c'est la rédaction qui doit s'occuper de la marque. C'est leur responsabilité. Nous n'interférerons pas avec le contenu.

Quelle est votre recette face à la crise qu'affronte l'industrie des médias? Êtes-vous sûr qu'elle peut fonctionner ?

«Le succès de la viabilité à long terme de notre industrie dépendra sans aucun doute de la réussite de la transformation numérique. Heureusement, nous constatons que la volonté de payer pour le contenu numérique augmente. Quand je regarde plusieurs titres de notre groupe, nous constatons une vaste augmentation des abonnements numériques. Donc oui, je suis confiant, mais je ne suis pas sûr que cela ira tout seul. Nous devrons travailler très dur et prendre de nombreuses mesures pour y parvenir. Je considère cela aussi comme notre devoir.»

Interview réalisée par Roland Arens, Pierre Leyers et Douwe Miedema

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