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La voiture électrique n'apparaît pas encore comme la panacée
Économie 1 5 min. 22.01.2020 Cet article est archivé

La voiture électrique n'apparaît pas encore comme la panacée

Le temps de chargement des véhicules électriques apparaît encore comme problématique.

La voiture électrique n'apparaît pas encore comme la panacée

Le temps de chargement des véhicules électriques apparaît encore comme problématique.
Photo: Shutterstock
Économie 1 5 min. 22.01.2020 Cet article est archivé

La voiture électrique n'apparaît pas encore comme la panacée

En pleine mutation technologique en raison des exigences technologiques, l'industrie automobile vit une période de transition. Pourtant, le véhicule électrique, solution la plus plausible, n'apparaît pas comme idéale à ce jour.

(DH) - Montré du doigt comme étant un des responsables du réchauffement climatique, discrédité par le «dieselgate» et la hausse continue des prix à la pompe, le secteur automobile se réinvente. 

Sur fond de transition énergétique et d'obligation de se conformer à la nouvelle réglementation WLTP, qui vise à rendre les tests d'émissions plus conformes à l'utilisation réelle des véhicules, les constructeurs misent sur les motorisations électriques et investissent en masse. Selon le cabinet de conseils AlixPartners, ce sont plus de 220 milliards d'euros qui devraient être engloutis en recherche et développement d'ici 2023.  

Au Luxembourg, l'e-mobilité gagne du terrain comme le confirme l'évolution du nombre de «véhicules propres» dans le pays. Une évolution que François Bausch (Déi Gréng) avait appelé de ses voeux en 2017 en indiquant la date de 2050 pour un parc privé et public tout électrique.

«Il y aura pas mal de véhicules attractifs et chaque constructeur a augmenté son offre», indique Philippe Mersch, le président de la Fédération des distributeurs automobiles et de la mobilité (Fedamo). Et il y en aura pour tous les goûts, avec des modèles équipés de technologie hybride complète (full hybrid), légère (mild hybrid), rechargeable (plug-in hybrid), 100% électrique et même électrique/ hydrogène. 

Pour ce qui est uniquement de l'électrique, plus de 50 modèles devraient être présentés sur le marché en 2020 selon l'Association européenne des fabricants d'automobiles (ACEA). Et les prévisions pour l'année prochaine font état de 221 modèles sur le marché européen.

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«Les intentions sont là, reste à voir à quelle vitesse la transition vers l'électrique, ou l'hybride, se réalisera», commente Philippe Mersch. «Le marché de ce type de véhicules va doubler par rapport à l'année 2019, mais le marché n'était pas bien important avant que l'Europe ne pousse pour atteindre la limite de 95g CO2/km et avant les efforts des constructeurs désireux de ne pas payer des centaines de millions d'euros en cas de non-respect des normes.»

Pourtant, en matière d'environnement, et alors que le diesel perd continuellement des parts de marché - de plus de 51% en 2015 à moins de 36% en 2018 selon l'association européenne des fabricants d’automobiles (ACEA) - Benji Kontz se montre plus nuancé. «Aujourd'hui, les motorisations thermiques sont beaucoup plus propres en raison des progrès technologiques», souligne l'administrateur-délégué d'Arnold Kontz Group.

Ce dernier prend même le contre-pied des anti-diesel, à l'image de Damien Ernst, le professeur de l'université de Liège et spécialiste de l'énergie, qui a annoncé la fin des moteurs à énergie fossile d'ici cinq ans. Pour Benji Kontz, «l'objectif européen des 95 g CO2/km pour 2021 pourrait être difficile à atteindre, si la demande de diesel devait continuer à baisser». Il étaye ses propos «par le recul des ventes de diesel combiné à l'essor des immatriculations de SUV».

Mais si la part de la motorisation électrique ou hybride augmente, elle ne représente à ce jour que moins de 2% du parc roulant de véhicules particuliers et à usage mixte, selon les chiffres de la SNCA. Malgré des primes étatiques incitatives, de 5.000 euros pour les voitures neuves 100% électriques à 2.500 euros pour les voitures plug-in hybride, des freins au développement des véhicules équipés de ce type de motorisation existent encore. 

«En premier lieu, le manque d'infrastructures», fait remarquer Philippe Mersch. Une référence directe au fait que si 90 communes sur 102 disposent d'au moins un point de recharge électrique, l'objectif de mailler le territoire de 800 bornes d'ici à fin 2020.

L'acheteur potentiel s'inquiète aussi de la lenteur du chargement sur des bornes standard -de 10 à 12h au domicile d'un particulier -, tandis que le débat sur l'impact environnemental de la fabrication des batteries interpellent aussi le public.


Les bornes Chargy affichent un retard à l'allumage
Déjà 90 communes sur 102 disposent d'au moins un point de recharge électrique pour véhicules. Mais la mise en place globale du réseau, elle, peine à atteindre l'objectif des 800 emplacements d'ici 2020. Le manque étant particulièrement frappant sur les P+R.

Par ailleurs, le coût d'achat des modèles électriques est encore élevé: de 25.000 à 40.000 euros pour la plupart des micro-urbaines et des citadines, et autour de 80.000 euros pour les modèles de luxe. «Le prix peut encore rebuter les clients, mais il ne faut pas oublier que l'entretien de ce type de véhicule est moitié moindre par rapport à un véhicule à propulsion thermique», souligne Philippe Mersch.

«Je suis sûr que l'avenir nous réservera de bonnes surprises au niveau technologique», indique encore Benji Kontz, une référence à l'utilisation de l'hydrogène, pour qui la «transition passera par d'autres motorisations». Quant à l'électrification des voitures de société elle ne prendra son envol que le jour où il sera possible de trouver des équivalents «zéro émission et à l'autonomie identique» aux modèles diesel ou essence pour un budget équivalent.


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