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La recherche spatiale s'ancre au Luxembourg
Économie 3 min. 04.08.2020

La recherche spatiale s'ancre au Luxembourg

Avec un budget de 20 millions d'euros sur trois ans, l'ESRIC doit employer à terme 30 personnes, selon les données avancées mardi.

La recherche spatiale s'ancre au Luxembourg

Avec un budget de 20 millions d'euros sur trois ans, l'ESRIC doit employer à terme 30 personnes, selon les données avancées mardi.
Photo: Luc Deflorenne
Économie 3 min. 04.08.2020

La recherche spatiale s'ancre au Luxembourg

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Annoncée en novembre 2019, la création d'un «centre d'innovation européen pour les ressources spatiales» se concrétisera d'ici la fin de l'année via la mise en place d'un nouveau département au sein du LIST. La nouvelle structure ambitionne de devenir «un pôle d'excellence en Europe».

Déjà doté d'une législation spécifique, d'une agence spatiale ou bien encore d'un master à l'Uni, le Luxembourg garde un œil rivé sur l'espace. Avec pour objectif de diversifier son économie en misant sur le «new space», cette approche qui consiste non plus à explorer, mais à exploiter les ressources spatiales. Neuf mois après l'accord signé avec l'agence spatiale européenne (ESA) dédié à la création d'un «centre européen d'innovation pour les ressources spatiales», l'initiative s'est concrétisée mardi.


Un centre de recherches spatiales européen au Luxembourg
C'est un signe fort envoyé à l'industrie spatiale européenne. L'accord signé mercredi entre l'Agence spatiale européenne et le Grand-Duché donne naissance au «Centre européen d'innovation pour les ressources spatiales» qui s'implantera au Luxembourg.

Si l'ambition affichée est grande, puisque consistant à créer d'ici fin 2020 ce que Franz Fayot (LSAP), ministre de l'Economie, nomme «un centre indépendant à vocation internationale voué à devenir un pôle d'excellence des ressources spatiales en Europe», les débuts s'annoncent plus modestes. En lieu et place de la création d'une nouvelle entité ex nihilo, ministères de l'Economie et de la Recherche tablent plutôt sur «des synergies». Raison pour laquelle l'ESRIC - pour  «European Space Resources Innovation Centre» - prend la forme d'un nouveau département au sein du Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST).

Doté d'un «budget substantiel» de 20 millions d'euros sur trois ans - financé pour huit millions par le ministère de l'Economie, huit millions par l'ESA, trois millions par le LIST et un million par le FNR- le nouveau centre de recherche doit recruter une trentaine de personnes. Dont les missions consisteront dans «la recherche fondamentale, mais aussi la réalisation de partenariats ou bien encore la communication», précise Thomas Kallstenius, CEO du LIST. Car cette nouvelle entité, présentée comme «unique en Europe», ambitionne d'ores et déjà d'intégrer d'autres acteurs européens, publics comme privés pour sa deuxième phase prévue à l'horizon 2025.


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Interrogés sur les acteurs qui seraient sur les rangs, ni Claude Meisch (DP), ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, ni le ministre de l'Economie n'ont souhaité avancer de noms, se contentant d'indiquer que «de grands pays européens tels que la France ou le Royaume-Uni ont manifesté leur intérêt, de même que d'importants acteurs privés». Idem en ce qui concerne le nombre de partenariats potentiels, alors même qu'Étienne Schneider, créateur de l'initiative Spaceresources.lu, affirmait que «150 entreprises du new space envisageaient de venir s'installer au Luxembourg».

Plus pondéré que son prédécesseur, Franz Fayot indique que la création de l'ESRIC s'inscrit «dans une vision à moyen, voire à long terme». Et donc que les retombées économiques directes pour le Luxembourg pourraient se faire attendre, même si «les recherches qui seront menées pourront venir soutenir les projets déjà en cours», afin de «consolider plus rapidement l'écosystème en cours de construction». A terme, l'ESRIC pourrait donc devenir un centre de recherche qui ne dépendrait plus de l'agence spatiale européenne mais serait entièrement tourné vers les projets issus du secteur privé voués à exploiter directement les ressources contenues dans les astres célestes.

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