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La récession historique au sein de l'UE se confirme
Économie 4 min. 06.11.2020

La récession historique au sein de l'UE se confirme

Dans un contexte économique morose Paolo Gentiloni, commissaire européen à l'Economie, appelle les Etats membres à poursuivre leurs «politiques économiques et budgétaires favorables» à la croissance.

La récession historique au sein de l'UE se confirme

Dans un contexte économique morose Paolo Gentiloni, commissaire européen à l'Economie, appelle les Etats membres à poursuivre leurs «politiques économiques et budgétaires favorables» à la croissance.
Photo: UE / Aurore Martignoni
Économie 4 min. 06.11.2020

La récession historique au sein de l'UE se confirme

Après un premier semestre marqué par les confinements, puis «un rebond vigoureux» avec la levée progressive des mesures sanitaires, l'économie de la zone euro affronte ce que la Commission nomme «des perturbations». Au Luxembourg, l'année devrait s'achever avec un recul de 4,5% du PIB.

(Jmh avec AFP) - La Commission européenne a dressé jeudi un tableau alarmant de la situation économique de la zone euro, profondément affectée par la pandémie de Covid-19, excluant tout retour rapide à la normale. Dans ses prévisions, l'exécutif européen table sur une chute de 7,8% du produit intérieur brut (PIB) dans la région en 2020. Soit un peu moins bien que ses prévisions du printemps, où elle estimait ce recul à 7,7%. Du jamais-vu depuis la création de la monnaie unique en 1999.


Paolo Gentiloni
L'UE s'attend à une récession historique en 2020
La Commission européenne a prédit mercredi un ralentissement économique majeur cette année parmi les Etats membres, dévastés par les répercussions économiques de la pandémie de coronavirus, qui nécessitent un plan de relance sans précédent.

En cause: la deuxième vague de la pandémie qui frappe actuellement l'Europe, contraignant plusieurs pays à reconfiner en partie leur population. Elle «crée encore plus d'incertitudes et anéantit nos espoirs d'un rebond rapide», a résumé le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis. «Nous n'avons jamais compté sur une reprise en forme de V. Maintenant, nous savons avec certitude que nous ne l'aurons pas», a renchéri le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni.

Bruxelles estime que l'activité «reviendra à peine au niveau pré-pandémique en 2022». Mais elle souligne que le «degré élevé d'incertitudes» qui pèse encore sur l'économie plaide plutôt pour un retour à la normale en 2023. Parmi ces incertitudes figure bien sûr une possible nouvelle aggravation de la crise sanitaire qui réduirait encore l'activité et ferait s'envoler le chômage. Mais Bruxelles évoque aussi la future relation commerciale avec le Royaume-Uni. Les deux parties peinent à négocier un accord qui entrerait en vigueur l'an prochain, ce qui «pèse clairement» sur les perspectives économiques de l'UE, a estimé Valdis Dombrovskis. La Commission prend d'ailleurs un parti pessimiste, ses prévisions étant fondées sur le scénario d'un «no deal» en fin d'année.


Ministere des Finances - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Les finances publiques, autres victimes du virus
Sur les trois premiers mois de l'année, les recettes engrangées par l'Etat sont en recul (-8,4%) alors que les dépenses ont fait un bond de 28,5%, selon les données publiées lundi par le ministère des Finances. En cause, les mesures d'aide mises en place par le gouvernement pour répondre à la crise sanitaire.

Si l'ensemble des 19 pays de la zone euro entrent sans surprise en récession cette année, trois souffrent particulièrement: l'Espagne (-12,4%), l'Italie (-9,9%) et la France (-9,4%). Ces chiffres reflètent à la fois la sévérité de la crise sanitaire dans ces pays et leur plus forte dépendance aux services, notamment liés au tourisme. L'industrie a globalement mieux encaissé le choc. L'Allemagne, première économie européenne, est ainsi parvenue à modérer l'ampleur de la chute, avec un PIB en recul de «seulement» 5,6% en 2020. 

Le Luxembourg affiche, lui, un recul de 4,5%. Pour 2021, la croissance attendue devrait atteindre 3,9% avant de se fixer à 2,7% en 2022. Soit légèrement au niveau enregistré avant la crise sanitaire où le pays enregistrait une progression de 2,3% de son PIB en 2019. Les dernières prévisions du Statec, publiées en juin dernier, tablaient sur une reprise de 7% en 2021. Interrogé sur cet aspect en début de semaine, Serge Allegrezza, directeur du Statec, indiquait que ses services avaient préparé «deux scénarios: l'un mauvais avec une sacrée récession et l'autre encore plus mauvais, catastrophique, disons-le.» 

Comprenez que la deuxième vague d'infections que connaît actuellement le pays repoussera la reprise attendue. Et ce dernier de préciser que la note de conjoncture qui sortira «fin novembre, voire un peu plus tôt car certaines choses sont en train de se faire», va mettre à jour les prévisions pour 2021 et 2022. Aucun détail sur le recul estimé de la croissance pour les deux prochaines années n'a été avancé.

Malgré ce contexte, Paolo Gentiloni a appelé jeudi les Etats membres à poursuivre leurs «politiques économiques et budgétaires favorables» à la croissance. Il espère aussi que la mesure-phare décidée par l'UE pour relancer l'économie du continent, une dette commune colossale destinée à financer les plans de relance des Etats membres, pourra être mise en oeuvre dès le «premier semestre 2021». Problème: le Parlement européen et les Etats membres peinent pour l'instant à accorder leurs violons sur le futur budget de l'UE pour la période 2021-2027, auquel ce plan de relance est adossé.

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