Changer d'édition

La récession fait trembler la zone euro
Économie 3 min. 07.07.2020

La récession fait trembler la zone euro

La récession fait trembler la zone euro

Photo: Shutterstock
Économie 3 min. 07.07.2020

La récession fait trembler la zone euro

Selon la Commission européenne, la crise économique sera plus importante que prévu mais aussi plus inégale. Et si les pays de la zone euro les plus touchés fin 2020 devraient être l'Italie, l'Espagne ou la France, le Luxembourg devrait connaître une récession légèrement inférieure à la moyenne européenne.

(DH avec AFP) - Les effets économiques de la pandémie de coronavirus seront «dévastateurs» pour la zone euro a prévenu mardi la Commission européenne. Cette dernière anticipe cette année une récession sans précédent et pire qu'attendu, mais dans ce contexte morose le Luxembourg apparaît moins impacté

En effet, si la Commission européenne anticipe une baisse de 8,7% du PIB chez les 19 ayant adopté la monnaie unique, le recul, au Grand-Duché, serait de l'ordre de 6,2% de son PIB, un chiffre très proche des estimations du Statec du mois dernier. Du jamais-vu toutefois pour le pays depuis la crise sidérurgique en 1975. 

Selon les prévisions de la Commission européenne, le PIB des pays ayant adopté la monnaie unique devrait chuter de 8,7% en 2020, avant de rebondir en 2021 (+6,1%). Début mai, elle avait tablé sur un recul de 7,7% cette année, puis une reprise (+6,3%) l'année suivante. «L'impact économique du confinement est plus grave que ce que nous avions prévu au départ. Nous continuons à naviguer en eaux troubles et sommes confrontés à de nombreux risques, dont une nouvelle vague importante d'infections» au covid-19, a expliqué le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.


Paolo Gentiloni
L'UE s'attend à une récession historique en 2020
La Commission européenne a prédit mercredi un ralentissement économique majeur cette année parmi les Etats membres, dévastés par les répercussions économiques de la pandémie de coronavirus, qui nécessitent un plan de relance sans précédent.

Dans ce contexte, et d'après Paolo Gentiloni, le commissaire européen à l'Economie, le Luxembourg devrait mieux limiter la casse. Et ce, même si le Grand-Duché a vu son PIB diminuer de 2,9% au premier trimestre par rapport au précédent. Avec un PIB en recul de 6,2%, le pays se situe sur la même ligne, ou presque, que l'Allemagne (-6,3%), ou encore de Malte et la Finlande.

En ce qui concerne la reprise envisagée, la Commission estime la hausse du PIB luxembourgeois à 5,4% en 2021 alors qu'il avait augmenté de 2,9% en 2019. Les chiffres sont là encore comparables à l'Allemagne alors que l'Italie, l'Espagne et la France – les Etats de la zone euro les plus frappés par le virus en nombre de morts - sont touchés de plein fouet. Leur PIB devrait reculer de plus de 10% cette année.

L'Italie verrait ainsi son PIB dégringoler de 11,2% cette année, avant de rebondir en 2021 (+6,1%). Le PIB espagnol chuterait de 10,9% en 2020 puis se redresserait à +7,1% l'année suivante. Quant au PIB français, il pourrait reculer de 10,6% en 2020, puis reprendre à 7,6% l'an prochain. Le commissaire européen à l'Economie souligne cependant que «l'incertitude entourant ces prévisions est grande». Et les risques qui pèsent sur la croissance exceptionnellement élevés.


Wirtschaft,  Illustartion, nach der Covid-Krise, lockdown, wie geht es dem Einzelhandel, Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Le PIB en berne au premier trimestre 2020
Selon une première estimation du Statec publiée ce lundi, le volume du produit intérieur brut affiche lors des trois premiers mois de l'année une évolution négative de -0,2% par rapport à la même période en 2019. Une situation inédite, même si tous les secteurs d'activités ne sont pas en recul.

D'autres dangers pèsent également sur le marché du travail, la solvabilité des entreprises et la stabilité des marchés financiers, qui auraient un impact immédiat sur la croissance. Sans oublier le risque de «no deal» en fin d'année concernant les relations post-Brexit avec le Royaume-Uni. A l'inverse, la disponibilité rapide d'un vaccin contre le coronavirus est susceptible d'améliorer les prévisions. Tout comme un accord des Etats membres sur le plan de relance de l'économie proposé par la Commission, le grand chantier de l'UE en juillet.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

«Aucune baisse générale de la TVA n'est envisagée»
Si l'Allemagne a opté pour une diminution temporaire de l'impôt qui touche tous les biens et services pour relancer la consommation, le Luxembourg ne compte pas suivre le même chemin. Pierre Gramegna estime, vendredi, que les mesures adoptées pour favoriser la reprise suffisent.
Schuhe TVA Kind Mutter
Un virus qui pèsera lourd financièrement
Le Conseil national des finances publiques (CNFP) a examiné l'évolution de la situation budgétaire du pays pour la période 2020 et 2021. Les nouvelles perspectives bousculent les prévisions budgétaires et invitent à une vigilance particulière sur le déficit budgétaire attendu.
Pas de transition prolongée avant le Brexit
Le Royaume-Uni «a confirmé formellement» vendredi à l'Union européenne ne pas souhaiter l'extension de la période de transition expirant fin décembre. Il s'agit du temps pendant lequel ils doivent s'accorder sur leur relation post-Brexit. Un mini-sommet consacré à ces négociations aura lieu lundi.
Anti-Brexit activist Steve Bray wearing PPE (personal protective equipment) of a face mask as a precautionary measure against COVID-19, holds placards as he demonstrates outside the Houses of Parliament, in central London on June 10, 2020 - �Britain on Friday said there had been little movement in the latest round of post-Brexit trade talks with the EU, calling for both sides to double down and speed up negotiations to secure a deal. (Photo by Tolga Akmen / AFP)
Les finances publiques, autres victimes du virus
Sur les trois premiers mois de l'année, les recettes engrangées par l'Etat sont en recul (-8,4%) alors que les dépenses ont fait un bond de 28,5%, selon les données publiées lundi par le ministère des Finances. En cause, les mesures d'aide mises en place par le gouvernement pour répondre à la crise sanitaire.
Ministere des Finances - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
Le Luxembourg met «5% de son PIB» sur la table
Le pacte de redémarrage, annoncé mercredi par le Premier ministre, a été détaillé par le ministre des Finances. Un plan supplémentaire de «700 à 800 millions d'euros» voué à permettre que tout le monde «joue le jeu des liquidités».
Politik, Sommerinterview Pierre Gramegna, Minister der Finanzen, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Le plan de stabilisation luxembourgeois bien noté
L'effort des mesures anti-crise par rapport à la richesse produite au Grand-Duché est important. Il devrait atteindre près de 19% du PIB national. Un ratio qui classe le pays parmi les cinq Etats les plus engagés à soutenir son économie par rapport à sa capacité économique.
L'activité a chuté de 25% au pic de la crise
Même si l'économie a connu un coup de frein impressionnant, pendant de longues semaines, le Statec révèle que le Luxembourg s'en sort certainement mieux que les pays voisins. Le poids du secteur financier jouant en sa faveur.