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«La politique européenne ne doit pas détruire d'emplois»
Économie 2 min. 21.05.2021

«La politique européenne ne doit pas détruire d'emplois»

Face à la complexité du dossier Liberty Steel, des eurodéputés belges et luxembourgeois demandent à la Commission d'assouplir ses positions afin de sauvegarder des emplois.

«La politique européenne ne doit pas détruire d'emplois»

Face à la complexité du dossier Liberty Steel, des eurodéputés belges et luxembourgeois demandent à la Commission d'assouplir ses positions afin de sauvegarder des emplois.
Photo: Alain Piron
Économie 2 min. 21.05.2021

«La politique européenne ne doit pas détruire d'emplois»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Alors que trois quarts des salariés de l'usine Liberty Steel Dudelange se retrouvent au chômage partiel en raison de la faillite du principal créancier de l'entreprise, plusieurs eurodéputés demandent à la Commission d'intervenir, jugeant que la situation résulte des critères imposés par Bruxelles.

Malgré la forte reprise de l'activité dans la sidérurgie et une conjoncture favorable, l'usine Liberty Steel de Dudelange et son binôme à Liège tournent au ralenti. Deux mois et demi après le dépôt de bilan de Greensill Capital, principal créancier du groupe, le site luxembourgeois reste dans l'incapacité de s'approvisionner, faute de liquidités, et vit donc sous perfusion directe de l'Etat. Une situation que plusieurs eurodéputés du PPE imputent directement à la Commission européenne, accusée d'avoir mis en place «une politique de concurrence qui manque (...) de bon sens».


Liberty Steel Dudelange sous perfusion de l'Etat
En pleine tempête en raison du dépôt de bilan du principal financier de leur maison-mère, le site luxembourgeois fonctionne au ralenti et une majorité des personnels se retrouvent au chômage partiel, indiquent les syndicats.

En clair, les Luxembourgeois Isabel Wiseler-Lima (CSV) et Christophe Hansen (CSV), mais aussi les Belges Pascal Arimont (CSP) et Benoît Lutgen (CDH), reprochent à l'exécutif européen d'avoir «obligé et autorisé» ArcelorMittal à vendre plusieurs sites européens - dont les deux sites jumeaux -pour empêcher le géant mondial de l'acier d'avoir une position dominante au moment de son rachat du site italien d'Ilva. Un processus validé alors même que Liberty Steel était «dépendant d'un créancier plus que douteux», précisent les eurodéputés qui notent qu'une faillite généralisée du groupe «menace les emplois de 35.000 travailleurs européens».

Raison pour laquelle ces derniers demandent à la Commission de «redresser la barre» et de «corriger les dommages résultant de sa politique de concurrence» via un assouplissement des règles en vigueur. En l'occurrence, en accordant la possibilité à ArcelorMittal de racheter «tout ou partie des actifs à Dudelange et Liège» afin de mettre en place une politique européenne qui «doit créer des emplois et ne pas les détruire». 


Liberty Steel
Situation «grave et tendue» pour Liberty à Dudelange
Franz Fayot est revenu, mardi, à la tribune de la Chambre sur la situation de l'usine de galvanisation quelques jours après avoir détaillé à huis clos la situation aux membres de la commission Economie. Avec une inquiétude non dissimulée pour les quelque 220 salariés du site.

Sauf que cette option semble mort-née, puisque «les conditions imposées par la Commission lors de la vente interdisent à ArcelorMittal de reprendre ces actifs sur une période de dix ans», rappelle Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB, syndicat majoritaire sur le site de Dudelange. Selon lui, l'option privilégiée serait une prise de participation de l'Etat via la SNCI aux côtés d'un autre partenaire industriel «puisque plusieurs d'entre eux s'étaient montrés intéressés lors de la vente», précise le syndicaliste sans avancer de nom.

Pour rappel, Franz Fayot (LSAP), ministre de l'Economie, a qualifié à la Chambre la situation de l'usine de Dudelange de «grave et tendue» et s'était engagé à «ne pas laisser tomber le site de Dudelange». Sans préciser l'horizon de ce soutien.

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Wirtschaft, Piquet, Liberty Steel, Présidents, Robert Fornieri LCGB, Stefano Araujo OGBL  Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
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