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La Place se montre plus optimiste qu'attendu
Économie 3 min. 19.05.2021 Cet article est archivé

La Place se montre plus optimiste qu'attendu

Pour la majorité des décideurs de la Place, le retour au niveau d'avant-crise devrait être atteint au cours des prochains mois.

La Place se montre plus optimiste qu'attendu

Pour la majorité des décideurs de la Place, le retour au niveau d'avant-crise devrait être atteint au cours des prochains mois.
Photo: Gerry Huberty
Économie 3 min. 19.05.2021 Cet article est archivé

La Place se montre plus optimiste qu'attendu

En dépit des risques liés aux conséquences de la pandémie, les acteurs du secteur financier envisagent l'avenir de manière relativement sereine, révèle un sondage réalisé auprès de 350 décideurs par Luxembourg for finance.

(Jmh avec Thomas Klein) - Contrairement au mois de novembre dernier, les cadres du secteur financier et des assurances actifs sur la Place semblent avoir retrouvé l'espoir, à en croire les résultats du dernier sondage réalisé par Luxembourg for finance (LFF). Pour la majorité de 350 décideurs interrogés par l'agence de promotion de la Place financière, un optimisme prudent se fait jour, car ils sont 50% à estimer que l'économie mondiale retrouvera prochainement son niveau d'avant-crise. 


Wi, Classement des banques .Finanzplatz Luxemburg.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
«Perturbations majeures» à prévoir sur la Place
Interrogés par Luxembourg for Finance (LFF), les cadres du secteur financier et des assurances estiment que la crise sanitaire actuelle va engendrer «un environnement opérationnel plus volatile». Ce qui devrait se traduire par une baisse des budgets de fonctionnement en 2021.

Si seuls 6% d'entre eux estiment que cet horizon se fera encore en 2021 et 33% d'ici à 2023, une large majorité des sondés (80%) s'attendent à ce que la reprise soit plus rapide au Luxembourg que dans le reste du monde. Un retournement d'appréciation de la situation qui serait notamment dû «aux actions des gouvernements nationaux et des banques centrales qui ont injecté des quantités massives de fonds dans l'économie», estime Nicolas Mackel, CEO de LFF, interrogé par nos confrères du Luxemburger Wort.

Ce qui ne signifie en revanche pas que la vague de faillites redoutée depuis des mois ne finisse pas par arriver. «Je pense effectivement que ce phénomène surviendra, mais les banques se sont préparées à de telles défaillances et ont constitué des réserves appropriées», assure Nicolas Mackel, reprenant par là-même le discours tenu depuis plusieurs mois par Claude Marx, directeur de la CSSF. En revanche, l'accélération de la campagne de vaccination au Luxembourg et dans le reste de la planète boosterait également l'optimisme des acteurs de la Place quant à une reprise forte et prochaine de l'activité économique.

A noter toutefois que la perception de la situation varie fortement selon les secteurs d'activité. Si les décideurs actifs dans les assurances s'attendent à une reprise rapide, puisque 41% d'entre eux tablent sur un retour à un niveau d'avant-crise au premier semestre 2022, ceux issus des fintechs se montrent particulièrement pessimistes puisque 20%  d'entre eux estiment que ce niveau ne sera atteint qu'après 2023. Un chiffre étonnant au vu de la prise de conscience du potentiel de la digitalisation pendant la crise qui s'expliquerait avant tout par l'équilibre financier précaire de ces structures, plus rapidement mises en défaut.

Si l'optimisme prudent apparaît comme le trait majeur de cette étude, les sondés s'attendent aussi à des perturbations issues de l'incertitude géopolitique actuelle. Référence directe aux tensions entre les Etats-Unis et la Chine, alors que le Brexit n'apparaît désormais plus comme une préoccupation majeure. Tout simplement du fait que «les acteurs de la Place travaillent depuis longtemps dans cette nouvelle réalité», résume Nicolas Mackel qui ne s'attend plus à l'arrivée de nouvelles entités en lien direct avec ce divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

En ce qui concerne les emplois, la situation suivrait la tendance observée ces dernières années, à savoir une baisse du personnel en back-office, liée notamment à l'automatisation de certaines missions ou à leur délocalisation. «En contrepartie, de nouvelles activités verront le jour ici avec d'autres qualifications», tempère le CEO de LFF qui souligne que «le nombre d'employés dans le secteur financier n'a cessé d'augmenter au cours de la dernière décennie». C'est notamment le cas dans la gestion de fortune et du private equity. Les défis à venir restent encore et toujours liés à la digitalisation, puisque les spécialistes IT ayant des connaissances financières «restent extrêmement difficiles à trouver», rappelle Nicolas Mackel. 

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