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La Place lorgne ouvertement sur la «finance verte»
Économie 3 min. 30.03.2021

La Place lorgne ouvertement sur la «finance verte»

En mettant en place une norme pour les investissements durables, l'UE souhaite déclencher une vague d'investissements pour favoriser une économie sans carbone. Ce qui pourrait profiter au Grand-Duché.

La Place lorgne ouvertement sur la «finance verte»

En mettant en place une norme pour les investissements durables, l'UE souhaite déclencher une vague d'investissements pour favoriser une économie sans carbone. Ce qui pourrait profiter au Grand-Duché.
Photo: Gerry Huberty
Économie 3 min. 30.03.2021

La Place lorgne ouvertement sur la «finance verte»

Souhaitant renouveler le succès des fonds Ucits, le Luxembourg entend devenir une référence mondiale pour les investissements durables. Sauf que, pour l'heure, le manque de définition claire pénalise leur essor.

(Jmh avec Marco Meng) - Inscrite noir sur blanc dans l'accord de coalition, l'ambition du gouvernement de faire de la Place un «centre international de la finance verte et durable» fait face à un alignement de planètes. Parmi les effets collatéraux de la pandémie figure l'essor conséquent des investissements réalisés dans les fonds durables, faisant miroiter au Luxembourg la possibilité de réitérer le succès du modèle des fonds communs de placement (Ucits) vendus sur la Place, référence mondiale en la matière.


Place financière Luxembourg - photo : Pierre Matgé
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Ces dernières années, le secteur bancaire connait de profonds changements. Désormais, le numérique et la finance verte sont désormais les deux tendances à la mode.

Raison pour laquelle le gouvernement ne cache pas ses ambitions. D'ici 2025, 20% de l'ensemble des fonds sous gestion au Luxembourg devra ainsi être issu de placements «verts». Ce qui passera par la mise en place d'un cadre réglementaire adapté afin d'«encourager les fonds à investir une proportion croissante de leurs actifs dans des activités vertes et durables», selon le ministère des Finances, contacté par nos confrères du Luxemburger Wort. Et qui s'est traduit dans les faits par l'introduction, dans la loi de finance 2021, d'un taux d'imposition inférieur à 0,05% pour les investissements réalisés dans des actifs conformes à la taxonomie définie par Bruxelles.

Car c'est bel et bien l'Union européenne dans son ensemble qui entend promouvoir la finance durable afin de voir se multiplier les financements d'activités à faible émission de carbone ou contribuant à réduire les émissions de CO2. Une première «liste verte» des activités jugées «durables» a donc été émise et le règlement sur la taxonomie doit entrer en vigueur le 1er janvier 2022. Ce qui pousse certains observateurs à considérer cette date comme un tournant pour le secteur financier, tandis que Pierre Gramegna (DP), ministre des Finances, considère cette approche comme «la seule façon pour l'UE d'atteindre ses objectifs climatiques».


Robert Scharfe, CEO Bourse de Luxembourg - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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Selon les estimations les plus récentes, ce sont pas moins de 260 milliards d'euros supplémentaires par an au cours de la décennie à venir qui devront être nécessaires pour réaliser ces objectifs. Ce qui explique en partie l'engouement suscité par ces fonds, dont pas moins de 330 ont été lancés pour la seule année 2020. Un phénomène qui n'échappe pas non plus à la Bourse de Luxembourg qui a récemment lancé une section dédiée où plus de la moitié des obligations vertes émises dans le monde sont cotées. Soit quelque 930 titres à ce jour, pour un volume global représentant 417 milliards d'euros.

Mais si 26 banques européennes ont testé la taxonomie européenne au cours de l'année écoulée, toutes se sont heurtées à un manque d'information ou à des informations lacunaires quant à la réelle durabilité des investissements consentis. Une question qui doit être tranchée cette semaine avec la publication d'un rapport qui doit clairement poser les bases d'un écolabel européen pour les produits financiers. Et donc définir si oui ou non l'énergie nucléaire peut entrer dans la catégorie «durable» malgré la production de déchets radioactifs et l'opposition d'une part importante de la population.

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