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La Place bénéficie des retombées du Brexit
Économie 3 min. 11.03.2020

La Place bénéficie des retombées du Brexit

La Place bénéficie des retombées du Brexit

Photo: Guy Wolff
Économie 3 min. 11.03.2020

La Place bénéficie des retombées du Brexit

Si Dublin reste en tête de la course à la relocalisation d'entreprises suite au départ du Royaume-Uni de l'UE, le Luxembourg tire son épingle du jeu selon une étude de la société britannique de services immobiliers Knight&Frank. La capitale du Grand-duché attire principalement des sociétés d'asset management et d'assurances.

(ota) – Depuis le référendum sur le Brexit en 2016, la Grande-Bretagne a enregistré quelque 350 projets de relocalisation ou d'expansion vers l'Europe, selon une étude menée par Knight & Frank. C'est la finance qui concentre la très grande majorité des mouvements de relocalisation liés au Brexit, soit près de 70%. Dublin reste en tête de cette course à l'implantation des entreprises, loin devant Luxembourg, Paris, Amsterdam et Francfort.   

Cet exode vers le continent semble loin d'être massif au moment du bouclage de l'étude avant la date effective du  Brexit le 1er février 2020. Les départs commencent toutefois et s'expliquent par la perte attendue du passeport européen, utilisé à ce jour par près de 5.500 sociétés basée à Londres dont certaines utilisent la City comme porte d'entrée dans l'UE. 

Le Luxembourg attire avant tout des gestionnaires d'actifs et des assureurs qui concentrent environ la moitié des mouvements recensés, les banques ne représentant que 15% des arrivées. Le pays espère pouvoir récupérer 3.000 emplois pour la Place grâce à la sortie du marché unique de la Grande-Bretagne. Pour autant, l'étude souligne que les effectifs concernés par un départ de Londres demeurent eux assez modestes confirmant ainsi que pour l'instant le Brexit n'a permis de créer qu'un nombre restreint de postes au sein de l'UE. 

Si l'étude note un profil d'activité - donc d'attractivité - similaire entre Dublin et Luxembourg, Francfort apparaît comme un cas spécifique, car moins diversifié. En effet, 80% des mouvements vers la ville allemande ont été initiés par des établissements bancaires. Une surreprésentation liée à l'implantation du siège de la Banque centrale européenne sur les rives du Main.

Sur les mouvements certains ou potentiels liés au Brexit, près de 20% relèvent d'ailleurs de banques ayant décidé de répartir leurs activités et leurs équipes dans plusieurs villes. Knight&Frank note donc une «dispersion vers plusieurs centres financiers européens» indiquant «la volonté des grandes banques de ne plus être surexposées au marché londonien». 


ARCHIV - 29.01.2016, Belgien, Brüssel: Eine Flagge Großbritanniens weht vor dem Gebäuder der Europäischen Kommission. (zu dpa: «Politik und Wirtschaft wollen Klarheit für Zeit nach Brexit») Foto: Laurent Dubrule/EPA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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En ne mettant pas tous leurs œufs dans le même panier, elles entendent tirer parti des différentes conditions d'accueil et des compétences spécifiques offertes par d'autres villes européennes. Par ailleurs, «si les activités bancaires sont les plus représentées», notent les auteurs de l'étude, c'est bien «tout le paysage de la finance qui est en voie de recomposition». Une bonne nouvelle pour le Luxembourg qui n'est plus le paradis bancaire d'antan.

Chaque métropole tente de mettre en avant ses atouts pour charmer les candidats au départ de la City. Knight&Frank ne pointe pas uniquement l'attractivité réglementaire des différentes villes, mais également leur capacité à «attirer une main-d'œuvre hautement qualifiée et hyper-mobile», non seulement intéressée par le dynamisme de l'économie mais aussi par une qualité de vie à la hauteur de ses attentes. 


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Dans cet esprit, dès le lendemain du référendum de 2016, le Luxembourg avait anticipé l'arrivée potentielle de nouveaux résidents anglophones sur son territoire. Loin d'être anodin, puisque lors d'une expatriation, ce critère est jugé comme vital dans le choix du pays d'accueil. Dans une étude menée par l'Education nationale en 2016, 91% des sondés jugeaient que l'implémentation d'un système de scolarisation en anglais améliorerait l'arrivée de nouveaux talents au Grand-Duché. 

Les capacités de classes dans la langue de Shakespeare ont depuis été revues à la hausse avec, par exemple, des classes supplémentaires au sein de l'école internationale de Differdange. L'extension du baccalauréat international déjà proposé à l'Athénée de Luxembourg suivra l'ouverture de classes anglophones par le lycée de garçon d'Esch dès la rentrée 2020-2021.


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