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La mode de seconde main souffre elle aussi
Économie 4 min. 03.11.2020

La mode de seconde main souffre elle aussi

Pour Michael Lindner, la crise covid a été synonyme de plus de propositions de revente, mais moins d'acheteurs.

La mode de seconde main souffre elle aussi

Pour Michael Lindner, la crise covid a été synonyme de plus de propositions de revente, mais moins d'acheteurs.
Photo: Steve Eastwood
Économie 4 min. 03.11.2020

La mode de seconde main souffre elle aussi

Les vêtements d'occasion peinent à trouver preneurs sur un marché marqué lui aussi par l'impact du covid. La vie d'un textile porté au Luxembourg se poursuivant bien au-delà des frontières du pays, les revendeurs ont du mal à trouver des débouchés actuellement.

(pj avec Marlène BREY) - La vitrine de la boutique Lena est à l'image du quartier qui l'abrite dans la capitale : chic! Pourtant ici, il n'y a que des vêtements ou des accessoires de mode de seconde main. Mais plutôt des sacs à main Vuitton et des colliers Dior. Avec la pandémie, les clients ont apporté environ 20% de marchandises en plus du flux habituellement constaté. C'est le bon côté de la crise. Mais dans le même temps, les ventes ont aussi chuté de 20%. «Comme les gens passent plus de temps à la maison ils ont besoin de moins de vêtements», explique la propriétaire des lieux, Thi Thu Ha Nguyen.

Autre quartier, autre ambiance avec le magasin Trouvailles non loin de la gare. Là aussi les tenues d'occasion ont la cote. Mais, depuis mars, le propriétaire Michael Lindner doit constater que les achats sont en baisse, alors que le nombre de visiteurs proposant leurs anciennes tenues, lui, a augmenté. De l'ordre de dix propositions par jour. «Mais je ne prends rien directement en boutique, sinon il y aurait la queue jusqu'à la sortie du magasin». Pas de temps pour le tri des lots proposés, la négociation des tarifs, etc.


Les grandes enseignes ne sautent pas sur l'occasion
Objets de success stories à l'étranger, désormais ancré dans le paysage commercial au travers de boutiques spécialisées, le marché de la seconde main tarde encore à séduire la grande distribution au Luxembourg. Si une partie s'y refuse, une autre ne ferme pas totalement la porte.

Ici, la plupart des vêtements proposés proviennent d'Allemagne en fait. Quotidiennement, quatre ou cinq gros cartons arrivent sans que Michael Linder ne sache sur quoi il va tomber. La plupart du temps, il reçoit des vêtements d'été en hiver, de marque ou sans, parfois en bon état, parfois inutilisables. 

D'ailleurs 40% des arrivées repartent pour d'autres distributeurs. Généralement, il s'agit d'habits ne correspondant pas aux attentes de la clientèle luxembourgeoise. Prix de revente : 60 centimes le kilo. La plupart de ces stocks partiront pour l'Afrique. Ainsi, le continent voisin reçoit des containers entiers d'anciens pulls, pantalons, t-shirts et autres jupes jusque-là portés au Grand-Duché. Mais, loin des boutiques d'occasion, leur chemin commence souvent dans l'une des 270 boites de dépôts de vieux vêtements de Kolping Luxembourg.

Loin du Luxembourg, certains des vêtements de la boutique Trouvailles repartiront vers l'étranger.
Loin du Luxembourg, certains des vêtements de la boutique Trouvailles repartiront vers l'étranger.
Photo: Steve Eastwood

Rien que pour les six premiers mois de l'année, environ 150 tonnes de plus qu'au cours du premier semestre 2019 de chemises, jupes, manteaux y ont été déposées par des particuliers. De quoi assurer 80% de l'ensemble des revenus de cette ONG. Ainsi, Kolping revend directement l'ensemble des vêtements collectés au centre de recyclage FWS de Brême. La structure appartient au groupe Boer, qui collecte de vieux vêtements dans toute l'Europe occidentale. Cette année, déjà 83.000 tonnes de textiles ont transité par cette entreprise. Et la part du Luxembourg représentait de l'ordre de 2.900 tonnes. Soit 3,5 % du total. 

Dans le nord de l'Allemagne, 77 employés travaillent à trier et à compacter en balles de plusieurs mètres de haut ces tissus. Ils sont ensuite transportés et redistribués dans le monde entier. Mais sur ce marché international aussi, l'impact de l'épidémie covid s'est fait ressentir.

«Nous avons beaucoup trop de marchandises», se plaint un dirigeant du groupe Boer. La fermeture des frontières en Europe de l'Est ou en Afrique stoppant soudainement le réseau habituel de revente. Une demande au plus bas, beaucoup de dons : pour Kolping Luxembourg, cela s'est traduit par une baisse des recettes. De l'ordre de -30% en quelques mois.

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