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La liquidation se rapproche pour Liberty Steel
Économie 4 min. 22.02.2022 Cet article est archivé
Sidérurgie

La liquidation se rapproche pour Liberty Steel

L'usine de Dudelange tourne au ralenti depuis de nombreux mois.
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La liquidation se rapproche pour Liberty Steel

L'usine de Dudelange tourne au ralenti depuis de nombreux mois.
Photo: dpa
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La liquidation se rapproche pour Liberty Steel

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
Le tribunal des entreprises de Liège a transmis le dossier au procureur du Roi, qui va devoir se prononcer sur la dissolution ou non de la société. Voilà qui n'est pas rassurant pour le site de Dudelange.

L'avenir de Liberty Steel passera plus que probablement par une liquidation pure et simple de ses sites de production. C'est en tout cas ce qui se dessine de plus en plus à la suite des derniers rebondissements dans le dossier.


Liberty Steel Galati
Un dossier avec «de plus en plus d'incertitudes»
Lors de la réunion de la commission parlementaire ce jeudi, le ministre de l'Economie Franz Fayot (LSAP) s'est montré prudent dans le maintien du site de production du groupe sidérurgique Liberty Steel à Dudelange.

Vendredi dernier, le tribunal des entreprises de Liège avait convoqué les patrons de la société pour une réunion de suivi sur les engagements conclus fin d'année dernière, dans le cadre de la procédure de réorganisation judiciaire. Mais cette entrevue a été annulée en raison d'un défaut de documents comptables que devait fournir Liberty Steel. Selon les informations de nos confrères belges de la RTBF, le refinancement annoncé par le sidérurgiste devant ses créanciers n’a pas été suivi d’effets, ou du moins, les sommes n’ont pas été provisionnées correctement.

Une citation en dissolution

Un manquement qui a conduit le tribunal belge à transmettre le dossier au procureur du Roi, qui peut désormais lancer une citation en dissolution de la société. Celui-ci devrait se prononcer sur la question dans les prochaines semaines. 

Le scénario d'une liquidation de Liberty Steel se rapproche, donc. Mais ce n'est pas forcément une mauvaise chose car la procédure ouvre la voie à l'arrivée d'un repreneur, qui viendra injecter de nouveaux moyens financiers dans les sites de production. «Mais tout dépend s'il y a une reprise rapide dans la foulée ou non. Si ça n'est pas le cas, ce ne sera pas une bonne chose. Il faudra voir aussi s'il y a des marques d'intérêt ou non», souligne Jordan Astanov, secrétaire syndical CSC Météa. Plusieurs autres opérateurs industriels se sont déjà montrés intéressés pour reprendre les sites de production, mais Liberty Steel n'avait jamais donné suite.

En attendant que la décision judiciaire tombe, les 690 ouvriers belges restent quant à eux dans l'expectative. «Les installations ne tournent pas. Nous avons mis en place différentes mesures comme du chômage structurel mais nous espérons une solution rapide pour la relance des activités». Alors qu'à la mi-janvier, l'optimisme était à nouveau de mise avec l'annonce du financement de la restructuration par Liberty Group des usines belges de Flémalle et de la relance de l'activité du fer-blanc à Tilleur (en région liégeoise), c'est donc désormais la douche froide.

«Dans l'impasse»

Qu'adviendra-t-il du site de Dudelange si la liquidation de la société est prononcée? C'est la question que se posent maintenant les 200 travailleurs de l'usine luxembourgeoise, qui dépend fortement de Liège en ce qui concerne ses approvisionnements et le maintien de sa propre production. 

Un Plan de maintien de l'emploi, qui prévoit différentes mesures d'accompagnement, est toujours dans les cartons et est en attente de validation par le groupe de Liberty Steel. «Mais nous sommes dans l'impasse à ce niveau-là pour le moment car nous n'avons toujours pas reçu les garanties que nous souhaitons de la part de Liberty Steel», indique Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB.

Un plan de secours

Les dernières évolutions du dossier n'ont en tout cas pas de quoi rassurer le personnel du site dudelangeois. «Ce qui est en cours à Liège aura une conséquence industrielle importante pour Dudelange. Si l'approvisionnement fait défaut, nous allons être entraînés vers le fond avec les sites de Liège». 

Les syndicats n'ont toutefois pas attendu de se retrouver au pied du mur pour chercher un plan de secours. «Cela fait des mois que nous planchons sur un scénario catastrophe, qui semble aujourd'hui de plus en plus probable. Nous avons heureusement reçu le soutien du gouvernement, qui nous aide à trouver une solution. Ce que je peux dire, c'est que l'étau se resserre de plus en plus.»

A Dudelange, on est donc aussi dans l'expectative actuellement. «La décision qui sera prise du côté belge aura un impact sur l'avenir du site dudelangeois, c'est certain. Mais il faudra voir aussi la réaction de Liberty Steel. S'ils décident de conserver le site luxembourgeois, il faudra alors l'approvisionner. Mais avant tout cela, il faudra fournir les liquidités nécessaires pour le paiement des factures et fournir des bobines pour relancer la production.»

Reste que toute cette incertitude autour de l'avenir du site de Dudelange a déjà entraîné le départ d'un certain nombre de salariés, lassés d'attendre. Cela fait plusieurs mois en effet que les installations de Liberty Steel Dudelange tournent au ralenti, depuis que le site, repris à ArcelorMittal en 2019, a perdu sa principale source de financement il y a presqu'un an. Ce qui devait être un fleuron industriel vivote depuis. Et l'horizon paraît toujours à l'heure actuelle bien incertain...

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