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La justice place Liberty Steel en liquidation à Liège
Économie 4 min. 13.04.2022 Cet article est archivé
Sidérurgie

La justice place Liberty Steel en liquidation à Liège

Rachetées à ArcelorMittal en 2018, les usines sidérurgiques de Flémalle et de Tilleur employaient encore 700 travailleurs.
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La justice place Liberty Steel en liquidation à Liège

Rachetées à ArcelorMittal en 2018, les usines sidérurgiques de Flémalle et de Tilleur employaient encore 700 travailleurs.
Photo: Anouk Antony
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La justice place Liberty Steel en liquidation à Liège

Laura BANNIER
Laura BANNIER
Alors que le prix de l'acier n'a jamais été aussi haut, le tribunal de l'entreprise de Liège a prononcé la mise en liquidation de Liberty Steel. Une décision qui ne sera pas sans conséquences sur le site de Dudelange.

Liberty Steel n'a pas réussi à convaincre à Liège. L'entreprise sidérurgique est dans une situation délicate depuis la faillite de la banque qui la finançait. Le déficit ne semblant pas pouvoir être comblé, malgré une procédure de réorganisation judiciaire, le tribunal de l'entreprise de Liège a décidé que la société serait liquidée en Belgique.


L'avenir s'assombrit encore un peu plus pour Liberty Steel
La procédure de dissolution a été lancée à l'égard de Liberty Steel, sonnant plus que probablement le glas de l'entreprise. L'avenir semble bien sombre pour le site de Dudelange.

Environ 700 ouvriers sont encore employés sur les deux usines de Flémalle et de Tilleur. Trois liquidateurs ont été désignés par la justice belge, et sont désormais chargés de faire un état des lieux de la situation, pour ensuite trouver un repreneur. ArcelorMittal, qui était propriétaire des deux sites jusqu'en 2018, ainsi que le sidérurgiste russe NLMK sont des pistes évoquées. Si la première option n'a pas encore été confirmée par l'entreprise, la seconde reste discutable, compte tenu du contexte géopolitique actuel.

Selon les informations de la RTBF, le découvert financier de l'usine atteindrait les 50 millions d'euros. Le tribunal belge avait par ailleurs été conduit, fin février, à transmettre le dossier au procureur du Roi, afin qu'il puisse initier la procédure de dissolution de l'entreprise.

Pendant la recherche de repreneur, la Wallonie, et en particulier son fonds d'investissement, la Sogepa, assumera la responsabilité financière de l'usine.

Mais la procédure de liquidation pourrait bien être encore loin d'être terminée. Liberty Steel a en effet annoncé, par voie de communiqué, sa décision de faire appel de la décision. Pour la société, «les progrès réalisés par Liberty Liège dans le cadre de son plan de transformation» n'ont pas été pris en compte par le tribunal de l'entreprise.

Dudelange en sursis

Cette décision ne sera, dans tous les cas, pas sans conséquences sur le site luxembourgeois de Liberty Steel. Si le jugement n'a aucun lien juridique avec Liberty Steel Luxembourg, qui reste une entité à part entière, l'entreprise dépend directement de la filiale belge, autant au niveau de la fourniture en matières premières que des liquidités financières.


La liquidation se rapproche pour Liberty Steel
Le tribunal des entreprises de Liège a transmis le dossier au procureur du Roi, qui va devoir se prononcer sur la dissolution ou non de la société. Voilà qui n'est pas rassurant pour le site de Dudelange.

«Un autre pas est franchi avec le jugement de Liège, et la grande question entoure les salaires: vont-ils être payés au mois d'avril?», interroge  Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB. A la suite de cette annonce, les syndicats ont demandé une réunion d'urgence, qui se tiendra dès la semaine prochaine, avec la direction générale du site. Un second entretien est également prévu avec les ministères du Travail et de l'Economie, afin d'expliquer la situation au gouvernement, mais également «s'assurer du soutien», explique Robert Fornieri.

A Liège, les syndicats ont évoqué un «soulagement», d'enfin tourner la page de Liberty Steel. Un état d'esprit parfaitement concevable, du côté du secrétaire général adjoint du LCGB. «Cette décision était utile, même si elle reste regrettable car elle aura des conséquences indirectes sur les sous-traitants, les ménages. Mais elle ouvre l'avenir pour le site de Liège, qui peut à nouveau imaginer d'autres perspectives.»

La production à l'arrêt

Robert Fornieri va même plus loin en confiant qu'à Dudelange, la liquidation, «on n’attend que ça». «Les gens en ont marre, ça dure depuis trop longtemps. On ne peut pas continuer à manquer de respect aux travailleurs de cette façon-là», fait valoir le secrétaire général adjoint du LCGB. 


Liberty-Steel übernahm 2019 das Werk in Düdelingen von ArcelorMittal, das seit Sommer von Galati aus beliefert wird.
Les doutes persistent sur l'avenir de Liberty Steel
L'activité de l'aciérie de Dudelange tourne toujours au ralenti, et le chômage partiel concerne encore de nombreux employés. Le destin du site luxembourgeois reste toujours lié au sort de l'usine belge de Liège, elle aussi en plein marasme.

Il faut dire que depuis début avril, les salariés n'ont pas sorti une tonne d'acier de leur usine. «Soit on les paye pour faire du ménage, soit on les dispense de travail et ils sont payés en restant à la maison. Les gens doivent pouvoir être rémunérés pour leur travail, avoir des perspectives.» Une situation inacceptable pour Robert Fornieri, qui ne cache pas son inquiétude pour l'avenir.

«Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est la période de transition qui pourrait entourer une faillite», confie-t-il. Si trouver un repreneur est une chose, s'assurer de sa fiabilité, et être sûr que les salariés ne se retrouvent pas sans salaire pendant une certaine période en est une autre. «Ce serait abominable et catastrophique, la LCGB essaye par tous les moyens d'éviter ce scénario.»

Interrogé sur le sujet, Franz Fayot a estimé nécessaire de «tourner la page Liberty Steel qui n'a pas su tenir ses promesses et passer à autre chose», sur les ondes de 100,7 ce mercredi midi. S'il ne s'estime pas avoir été pris au dépourvu, et s'être préparé à cette annonce, le ministre de l'Economie se dit également optimiste quant à l'arrivée d'un éventuel repreneur. Pour lui, cette situation doit aussi être vue comme «une chance» qui permet de se concentrer sur «un nouveau départ» pour le site de Dudelange. 

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