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La House of Startups change de tête
Économie 5 min. 27.12.2019 Cet article est archivé

La House of Startups change de tête

Philippe Linster entend notamment s'inspirer du modèle de start-up nation israélienne

La House of Startups change de tête

Philippe Linster entend notamment s'inspirer du modèle de start-up nation israélienne
Photo : Anouk Antony
Économie 5 min. 27.12.2019 Cet article est archivé

La House of Startups change de tête

Marc AUXENFANTS
Marc AUXENFANTS
Au 1er janvier 2020, Philippe Linster prendra la direction de la Host. Il compte rendre l'écosystème start-up plus visible auprès du grand public, en espérant ainsi susciter des vocations.

«Beaucoup de gens brillants croient que les idées font bouger les montagnes. Mais les bulldozers déplacent les montagnes; tandis que les idées montrent où les bulldozers devraient aller travailler.» C'est inspiré par cette formule de Peter Drucker , spécialiste du management en entreprise, que Philippe Linster prendra les rênes de la House of Startups au 1er jour de 2020.

A tout juste 30 ans, il succède à Karin Schintgen qui avait lancé en juin 2018 ce même campus de la Chambre de commerce dédié au soutien et à la promotion des jeunes pousses. Héritier spirituel de cette ancienne directrice de banque, et CEO du Lux Future Lab (l'incubateur de BGL-BNP Paribas), le jeune homme prendra en main une maison d'à peine deux ans d'âge, dont les quatre locataires et acteurs de l'écosystème start-up, hébergent une centaine de jeunes entreprises technologiques.

Fils de l'architecte Alain Linster (cabinet M3 Architectes), et d'une professeure de français, Philippe Linster dit avoir hérité l'esprit d'entreprise du premier, et le caractère structuré et rigoureux de la seconde. «Mes parents, m'ont transmis cette passion pour l'entrepreneuriat et cette fascination pour le monde des entreprises.»

Doté de ces bagages familiaux, il part à Strasbourg étudier le droit des sociétés. Son bachelor en poche, il poursuit son cursus dans la gestion d'entreprise, et se spécialise dans la comptabilité, le contrôle et l'audit. De retour au Luxembourg, le jeune Philippe entre comme stagiaire auprès du cabinet d'audit BDO. Puis pour le compte de la Banque de Luxembourg, il accompagne durant trois ans les entrepreneurs familiaux luxembourgeois, dans leurs projets de transmission de société à leur descendance.

Avec sept personnes

En tant que business advisor, Philippe rejoindra ensuite la House of Entrepreneurship, et sa cellule chargée d'attirer les start-up et les investisseurs étrangers au Grand-Duché.

A la House of Startups désormais, avec sa nouvelle équipe de sept personnes, il poursuivra une double mission. Plus marketing, la première consistera à représenter la sphère start-up luxembourgeoise auprès du grand public et des professionnels nationaux et internationaux du secteur. Plus politique, la seconde visera à fédérer tout ce petit monde de l'innovation technologique, autour de projets communs et de synergies. 

Initier de nouvelles collaborations

«Notre rôle est de réunir tous ces acteurs – incubateurs, start-up, investisseurs, agences étatiques et entreprises établies – afin qu'ils communiquent entre eux, dans le but ultime de créer des situations win-win pour tous, et qui débouchent sur des projets professionnels innovants», insiste-t-il. «Nous avons en effet beaucoup d'expertises à partager, pour promouvoir le Luxembourg comme start-up nation.»

Durant le premier semestre 2020, Philippe Linster compte d'abord s'approprier les activités et la culture de la Host. Il ira également sur le terrain, à la rencontre des acteurs, pour recueillir leurs commentaires et attentes, mais aussi prendre connaissance des projets en cours. Une fois passé ce cap, le CEO souhaite initier de nouvelles collaborations. 

Nous n'avons pas encore cette mentalité entrepreneuriale

Côté opportunités d'ailleurs, le Luxembourg a de très beaux atouts en main: «Notre écosystème est assez jeune et dynamique, et offre de très belles possibilités de développement face à d'autres villes comme Paris, Berlin, Londres ou encore Helsinki. Cependant, il reste encore une grande marge de manœuvre pour plus et mieux collaborer, pour aller de l'avant».

Ce qui manque toutefois au pays, selon Philippe Linster, c'est l'esprit d'entreprise, qui reste encore à développer: «Si des mesures se mettent en place, nous n'avons pas encore cette mentalité entrepreneuriale. C'est certes facile d'avoir des idées et des projets. Mais après, il faut aussi les travailler, les concrétiser, et accepter qu'ils puissent déboucher sur un échec. Il se peut aussi qu'il faille les corriger, les adapter, voire les abandonner...»

A l'exemple d'Israël

Pour le futur directeur, il faut donc apprendre à oser créer: «Si on n'ose jamais on ne créera rien,» remarque-t-il. Aussi, il compte rendre les missions et activités de la Host, ainsi que l'écosystème start-up plus visibles, auprès du grand public, en espérant susciter des vocations.

Pour mettre en pratique sa vision fédératrice, il pourrait bien prendre à son compte le modèle israélien, ainsi qu'un ouvrage qui l'a profondément marqué: «Israël, la nation start-up: les ressorts du miracle économique israélien». Le livre cherche à déterminer comment un pays de 7,1 millions d'habitants, entouré d'ennemis, en état de guerre permanent depuis sa création et doté de faibles ressources naturelles, parvient à créer davantage de start-up que des nations aussi importantes que le Japon, la Chine, l'Inde, la Corée, le Canada ou le Royaume-Uni.



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