Changer d'édition

La guerre des talents menace les entreprises
Économie 2 min. 05.02.2020 Cet article est archivé

La guerre des talents menace les entreprises

L'ADEM estime que «30% des postes vacants ne trouveront pas preneur».

La guerre des talents menace les entreprises

L'ADEM estime que «30% des postes vacants ne trouveront pas preneur».
Photo: Anouk Antony
Économie 2 min. 05.02.2020 Cet article est archivé

La guerre des talents menace les entreprises

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
Le déséquilibre entre l'offre et la demande en matière de main-d'œuvre n'est pas neuf. Mais avec l'apparition des nouvelles technologies, la transformation des compétences au sein d'une entreprise a renforcé la tendance, notamment pour les postes très qualifiés.

«Skills gap». L'anglicisme peut paraître barbare. En d'autres termes, il s'agit d'une inadéquation entre l'offre et la demande pour certains emplois. Concrètement, cela signifie qu'il y a sur le marché de l'emploi des postes libres ne trouvant pas de candidat. L'Agence pour le développement de l'emploi est d'ailleurs confrontée à ce phénomène. «Sur les 40.000 postes vacants dans nos fichiers, 30% ne trouveront pas preneur», avance Pierre Gramme, du Service études et statistiques de l'ADEM.  

Le phénomène est certes loin d'être récent. «Il y a toujours eu des pénuries de métiers, on en parle depuis des années mais l'impact du numérique a renforcé la tendance», précise le professionnel. Face au besoin toujours plus criant de main-d'œuvre et de nouvelles compétences, les entreprises doivent donc s'adapter. 

Double rupture

«Malheureusement, les sociétés recrutant le font généralement dans l'urgence. Et il faut bien admettre que certaines fonctions posent quelques problèmes notamment dans le cas de métiers hautement qualifiés», estime encore Pierre Gramme. L'informatique, le domaine bancaire et la finance sont concernés en premier lieu. A noter aussi que le secteur de l'artisanat connaît lui aussi des problèmes de recrutement. 


Lokales, Stimmungsbericht Foire de l’étudiantfoto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Ces jobs en quête de candidats
Alors que la 33e édition du salon de l'étudiant s'est clôturée vendredi soir, certaines filières restent des valeurs sûres en matière de débouchés comme les métiers de la place financière et les nouvelles technologies.

Les raisons de ce déficit peuvent être multiples. Des employeurs qui se montrent trop pointus dans leur recherche; des candidats ne correspondant pas au profil recherché voire des conditions de travail trop difficiles. On assiste à une «rupture quantitative et qualitative», selon l'ADEM. 

Pour tenter d'endiguer ce phénomène, la formation apparaît en première ligne mais elle a aussi ses limites. «On ne peut pas former d'un coup 10.000 personnes, même si la demande est là. Une entreprise peut aussi mettre en place une formation en interne ou alors le recrutement se produit auprès des concurrents», conclut Pierre Gramme. Une solution intenable à long terme. 


Les spécialistes des TIC restent une denrée rare
Si la transition économique vers le numérique a été érigée en priorité par le gouvernement, les entreprises peinent à recruter les experts dont elles ont besoin pour se développer. Une tendance encore difficile à infléchir.

Le phénomène de «skills gap» oblige donc les entreprises à se réinventer notamment dans leur approche des ressources humaines et la digitalisation les pousse à anticiper davantage.   


Sur le même sujet

L'«absence de main-d'oeuvre» menace le Luxembourg belge
D'ici 2040, Arlon et ses environs pourraient connaître une pénurie de travailleurs selon Philippe Ledent, représentant du patronat en province de Luxembourg. L'attractivité du Luxembourg et la baisse d'intérêt des travailleurs français expliquent ce constat.
Gespräch
Pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de l'artisanat
La Chambre des métiers a dressé un bilan du secteur de l'artisanat et en a dégagé les principales tendances. Résultat: l'année 2011 a été riche en création d'entreprises et d'emplois, cependant la main-d'œuvre fait défaut.