La fibre de l'espace

La SES veut frapper fort

O3b m-POWER

à Paris, Thierry Labro

"Dans l'industrie, il n'existe rien de comparable! Cela fait deux ans et demi que nous travaillons à cette idée et de toute ma carrière, je n'ai rien vu de tel." Paris s'éveille comme tous les lundis matin. Sous le soleil de septembre après un week-end pluvieux, Karim Michel Sabbagh se prépare à annoncer une révolution depuis l'hôtel Albany de la rue de Rivoli. Un des coups les plus spectaculaires depuis l'arrivée du Français à la tête de l'opérateur de satellites.

A dix heures se tiendra une conférence de presse au cours de laquelle la SES annoncera un premier partenariat technologique avec Boeing autour de son nouveau concept, également présenté ce jour, le O3b m-POWER. Le jeu de mot en anglais dénote à la fois la puissance et la possibilité, sous-entendu de nouvelles solutions de mobilité.

Sept satellites commandés, huit autres lancés

Il y a quinze mois, la SES cassait sa tirelire (et inquiétait ses actionnaires) en bouclant un financement de plus de 900 millions d'euros pour prendre 100% du projet créé par Greg Wyler en 2007. O3B Networks devait être le premier réseau de satellites à moyenne orbite capable d'atteindre les trois milliards de personnes, qui, sur la planète, n'ont aucun accès à internet... et accessoirement proposer de la connexion à la vitesse de la fibre, sans avoir d'infrastructure au sol. Ce coûteux projet était soutenu par Google, HSBC, Allen & Company, Liberty Global (John Malone), SES, Northbridge Venture Partners, Development Bank of Southern Africa, Sofina, Satya Capital et Luxempart.

Quinze mois plus tard, face à l'évolution très rapide du secteur, Sabbagh va donc beaucoup plus loin avec sa nouvelle offre. Car derrière les sept nouveaux satellites qui ont été commandés à Boeing dans le cadre de ce premier partenariat et qui seront lancés en 2021, la SES complètera sa flotte de 12 satellites Thales avec huit autres, quatre en 2018 et quatre en 2019. 

Cela permettra à la SES de couvrir les quatre cinquièmes de la planète, a promis le directeur général de la SES.

Et, surtout, elle a annoncé de nouveaux partenariats technologiques à venir pour maîtriser toute la chaîne de distribution de contenus ou de connectivités, du stockage de données au routage en passant par les logiciels. L'idée est de maîtriser toute la chaîne.

La moyenne orbite est le compromis retenu par l'opérateur: il permet un taux de latence quatre fois plus élevé que pour les satellites à orbite géo, quatre fois plus hauts dans le ciel, et évite le problème des satellites à basse orbite, dont la couverture géographique est plus limitée, ce qui oblige à des constellations plus denses de satellites. 

En 2021, la SES aura via O3B mPOWER 27 satellites dont la puissance sera supérieure à la puissance de la totalité des satellites aujourd'hui en fonction.


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