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La facture du nouveau satellite militaire s'alourdit
Économie 3 min. 01.04.2020

La facture du nouveau satellite militaire s'alourdit

Début 2018, un premier satellite militaire avait été mis sur orbite par la fusée Falcon 9 de la société SpaceX.

La facture du nouveau satellite militaire s'alourdit

Début 2018, un premier satellite militaire avait été mis sur orbite par la fusée Falcon 9 de la société SpaceX.
Économie 3 min. 01.04.2020

La facture du nouveau satellite militaire s'alourdit

Olivier TASCH
Olivier TASCH
Initialement budgétisée à 170 millions d'euros, la mise en orbite d'un deuxième engin à vocation civile et militaire coûtera deux fois plus cher, indique le ministre de la Défense. Une mauvaise estimation des coûts serait en cause.

La facture du nouveau satellite militaire explose. Le dispositif baptisé «Luxembourg Earth Observation System» devrait finalement coûter 350 millions d'euros, bien loin des 170 millions prévus initialement. Ce premier montant avait fait l'objet d'une loi en 2018 permettant au gouvernement d'acquérir et d'exploiter pendant 14 ans un système d'observation de la Terre. Le ministre de la Défense a rectifié le tir, vendredi dernier, en présentant un nouveau projet de loi qui voit donc la demande de budget multipliée par deux.

La raison de cet envol budgétaire serait à mettre sur le compte d'une mauvaise estimation de coûts. Plusieurs dépenses ont été «sous-évaluées et certains éléments n'ont pas été pris en compte», écrit le ministre de la Défense, François Bausch (Déi Gréng) dans l'exposé des motifs du nouveau texte. Autre explication avancée par  celui qui a repris le maroquin de la Défense au socialiste Etienne Schneider, l'impossibilité de mise en oeuvre de certaines solutions techniques préconisées dans le projet initial.  


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Seul pays européen à posséder une législation permettant l'exploitation des ressources disponibles hors de l'atmosphère, le Luxembourg souhaite continuer à innover en mettant au point un cadre définissant «les valeurs nécessaires à l'utilisation pacifique de l'espace». Une mission confiée depuis 2018 à Erny Gillen.

Si le contrat signé en 2018 prévoyait la livraison en orbite du satellite, son infrastructure au sol et les assurances nécessaires, les volets liés à l'exploitation et la maintenance du système après la mise en orbite manquaient toutefois à l'appel. Le projet prévoyait en outre de centraliser la gestion dans le centre militaire de Diekirch, y compris les antennes. Aujourd'hui, il a été constaté que les antennes ne peuvent pas y être installées. 

De plus, «la gestion du système demande des compétences techniques spécifiques, dont l'armée ne dispose pas et qu'elle ne pourra pas développer à moyen terme», estime le ministre de la Défense. Ainsi une partie du programme, notamment les antennes, sera installée à Redu en Belgique


Das Nato-Programm "Alliance Ground Surveillance" dient der Bodenüberwachung mittels Aufklärungsdrohnen von militärischen Operationsgebieten der Nato.
GovSat 1 opérationnel
Lancé le 31 janvier depuis Cap Canaveral, le premier satellite gouvernemental luxembourgeois est opérationnel. C'est maintenant que les contacts devront être transformés en contrats.

Il paraît impossible de faire marche arrière, au vu des contrats signés en septembre 2018 qui prévoient de lourdes pénalités. «Si nous ratons le délai de l'automne 2022, où un créneau est réservé pour lancer le satellite, les pénalités, dues pour chaque jour de retard, se chiffrent immédiatement en millions d'euros», explique François Bausch.  

Pour rappel, un premier satellite avait été mis sur orbite en mars 2018 pour le compte de l'Etat. Il s'agissait de Gov-Sat 1, premier appareil de la société GovSat, un partenariat public-privé entre l'opérateur SES et le gouvernement. Aujourd'hui placé sur une orbite géostationnaire, il offre des capacités de communication à des fins militaires et civiles.   


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