Changer d'édition

La croissance chinoise au plus bas
Économie 3 min. 15.07.2019 Cet article est archivé

La croissance chinoise au plus bas

Les tensions avec les États-Unis de Donald Trump ne sont pas étrangères à ce ralentissement de l'économie.

La croissance chinoise au plus bas

Les tensions avec les États-Unis de Donald Trump ne sont pas étrangères à ce ralentissement de l'économie.
Photo: AFP
Économie 3 min. 15.07.2019 Cet article est archivé

La croissance chinoise au plus bas

L'économie de Pékin a paru s'essouffler ces douze derniers mois. Jamais depuis 1992, l'essor de l'industrie et du commerce "Made in China" n'avait connu un si faible taux de progression. +6,2% tout de même sur un an.

(AFP) - Au plus fort des tensions commerciales avec Washington, la croissance chinoise s'est essoufflée sur un an au second trimestre (+6,2%), signant sa plus faible performance depuis au moins 27 ans. C'est la plus faible hausse du PIB depuis le début de la publication des données trimestrielles en 1992, selon l'agence Bloomberg.  

La croissance reste toutefois dans la fourchette de croissance visée par Pékin cette année: entre 6 et 6,5% (contre 6,6% en 2018). «L'environnement économique est toujours compliqué, tant en Chine qu'à l'étranger, la croissance économique mondiale ralentit et les instabilités et incertitudes externes augmentent», a reconnu le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS), Mao Shengyong.

L'effet Trump

Le président américain Donald Trump, qui ne cesse de dénoncer l'excédent commercial de la Chine vis-à-vis de son pays, a imposé l'an dernier des droits de douane punitifs sur de nombreux produits chinois. Washington a décidé en mai de porter ces surtaxes douanières de 10 à 25% sur 200 milliards de biens chinois exportés annuellement vers les Etats-Unis. 

 Mais Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont décrété fin juin une trêve dans leur guerre commerciale après une rencontre à Osaka (Japon) lors du sommet du G20. 

Plus de prêts aux PME

«La guerre commerciale a d'énormes répercussions sur l'économie chinoise», estime Edward Moya, analyste du courtier Oanda. «Et comme les négociations peinent à réaliser des progrès significatifs, nous sommes certainement encore loin du creux de la vague pour l'économie chinoise», selon lui. 

Pour soutenir l'économie réelle, le gouvernement chinois s'est engagé en mars à baisser de près de 2.000 milliards de yuans (265 milliards d'euros) la pression fiscale et sociale sur les entreprises. Pékin joue également les équilibristes, en essayant de soutenir les entreprises ayant besoin de crédit, mais sans trop gonfler leur endettement.


WI,AIIB Summit,Opening Ceremony in der Philharmonie in Pràsenz von Grand-Duc Henri,Xavier Bettel,Fernand Etgen,Pierrs Gramegna,Jin Liqun. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
La Banque asiatique d'investissement débat à Luxembourg
Pour la première fois, la Banque asiatique d'investissement en infrastructures (AIIB) tient sa réunion annuelle en dehors de Chine, au Luxembourg. Un honneur qui revient au Grand-Duché, un des premiers pays ayant intégré l'établissement international.

Les banques chinoises ont ainsi été encouragées à gonfler leurs prêts aux PME, jusque-là délaissées au profit des grands groupes publics, souvent peu rentables. Il s'agit d'un impératif également pour stabiliser le taux de chômage urbain, facteur crucial pour assurer la paix sociale. Il a légèrement augmenté entre mai et juin, passant de 5% à 5,1%, selon les chiffres officiels. 

Des ventes solides

La semaine passée, le Premier ministre chinois Li Keqiang a appelé à renforcer le soutien aux entreprises tournées vers l'international et promis des allègements fiscaux, au moment où Pékin peine avec ses exportations. Le mois dernier, les ventes de la Chine à l'étranger ont reculé de 1,3% sur un an, après un rebond de 1,1% en mai.

Les exportations, fortement pénalisées par la guerre commerciale, sont un des piliers de l'économie du géant asiatique. C'est la raison pour laquelle la Chine poursuit le rééquilibrage de son économie, en mettant davantage l'accent sur la consommation intérieure.

Les ventes de détail sont justement restées solides en juin à +9,8% sur un an (contre 8,6% en mai), a annoncé le BNS. La production industrielle, quant à elle, a enregistré une croissance plus forte, progressant de 6,3% en juin sur un an - soit +1,3 point par rapport au mois précédent. Ces chiffres encourageants suggèrent que «la croissance est en train de se stabiliser» en Chine, estime Raymond Yeung.


Sur le même sujet

L'économie chinoise a connu , au troisième trimestre, un rebond de 4,9% sur un an, confirmant sa reprise après un effondrement historique du PIB en début d'année pour cause de covid-19.
A worker assembles a power distribution cabinet at the State Grid Xiaoshan Electric Power Xinmei Electric Company in Hangzhou in eastern China's Zhejiang province on October 19, 2020. (Photo by STR / AFP) / China OUT
Le président chinois Xi Jinping est arrivé jeudi à Osaka, à la veille d'un G20 qui s'annonce particulièrement animé, dont il partagera la vedette avec un Donald Trump décidé à en découdre sur tous les fronts.
India's Prime Minister Narendra Modi (3rd L) and Japan's Prime Minister Shinzo Abe (2nd R) attend a bilateral meeting ahead of the Group of 20 (G20) summit in Osaka on June 27, 2019. (Photo by Kiyoshi Ota / POOL / AFP)
La croissance de la Chine a ralenti tout au long de 2018, pour atteindre son plus faible niveau en 28 ans sur l'ensemble de l'année marquée des efforts de désendettement, des conflits commerciaux et une demande intérieure en baisse.
Une employée emballe des barquettes en papier dans une usine de Hangzhou (Chine de l'Est)
L'escalade est engagée entre Chinois et Américains: ils viennent d'annoncer coup sur coup de lourds droits de douane sur leurs produits respectifs. Quelles conséquences aurait une guerre commerciale entre les deux géants de l'économie mondiale?
Les marchés américains, dans la foulée des Bourses européennes, rebondissaient mardi après-midi après l'annonce par la Chine de mesures de relance de la deuxième économie mondiale.
Pranab Patel, a trader at Belgian KBC bank, reacts on the trading floor at the bank headquarters in Brussels, Belgium August 25, 2015. Volatile global markets got some respite from the latest blood-letting on Tuesday as bargain hunters nudged up Asian and European stocks, though China, at the center of the rout, was smashed again. REUTERS/Yves Herman      TPX IMAGES OF THE DAY