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La crainte de perte d'emploi gagne du terrain
Économie 3 min. 09.06.2020

La crainte de perte d'emploi gagne du terrain

28% des répondants reconnaissent une détérioration de leur santé mentale durant la crise.

La crainte de perte d'emploi gagne du terrain

28% des répondants reconnaissent une détérioration de leur santé mentale durant la crise.
Photo : DR
Économie 3 min. 09.06.2020

La crainte de perte d'emploi gagne du terrain

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Près d'un quart des résidents ont le sentiment que la crise covid-19 les précarise sur le marché du travail. Une crainte plus vive pour la génération des 35-54 ans, indique la dernière étude du Statec.

Il y a ce que les économistes voient. Des dépenses publiques allant crescendo, le chômage qui bondit, un recours au chômage partiel inédit, des entreprises sollicitant de plus en plus les aides de l'Etat. Et puis, il y a l'onde de choc invisible que la crise du covid-19 a engendrée sur le moral des Luxembourgeois. C'est cet impact qu'a mesuré le Statec ces dernières semaines. Et il en ressort que, pour 25% des résidents, le sentiment de précarité de l'emploi s'est accentué. 

En 2015, une étude similaire menée à l'échelle européenne avait pourtant signalé combien les résidents du Luxembourg avaient confiance en l'avenir de leur situation professionnelle. A peine 11% d'entre eux reconnaissant alors une incertitude. Pas de doute, au-delà de la peur sanitaire, la fragilité du devenir social grimpe donc. Et ce sentiment, note l'institut statistique est plus particulièrement développé chez celles et ceux qui ont vu leur temps de travail reculer durant ces dernières semaines.


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Ainsi, le Statec constate que plus les personnes ont connu soit un temps prolongé de travail à domicile, soit une réduction sévère du nombre d'heures travaillées, moins elles se sentent rassurées sur leur avenir. 

Le niveau d'éducation joue aussi sur ce sentiment de fragilité de la poursuite de carrière dans les mêmes conditions. Ainsi, les répondants avec un niveau d'éducation secondaire (45,1%) ou tertiaire (36,4%) sont ceux à douter le plus désormais.

Il s'avère que 60% des résidents craignant pour leur futur professionnel sont des personnes en poste, 25% ayant dû se soumettre à des mesures de chômage partiel. Si la peur impacte à égalité hommes et femmes interrogés, les enquêteurs ont mis en évidence des différences d'approche, selon la nationalité d'origine des sondés. Ainsi, la notion de précarité d'emploi affecte davantage les ressortissants nationaux du Luxembourg que les citoyens d'origine française et portugaise. 

L'étude met également en lumière les conséquences négatives que peut avoir ce sentiment d'incertitude sur les citoyens. N'hésitant pas à rappeler que l'insécurité de l'emploi a des conséquences sur le bien-être même des individus : diminution de la santé d'un employé, augmentation de l'absentéisme, engagement professionnel moindre qui, à son tour, peut entraîner une baisse de sa performance organisationnelle.

L'économiste du Statec Francesco Sarracino rappelle même que, selon une précédente étude de la société d'analyse Gallup, «les chances d'engagement sur le lieu de travail diminuent de 37% chez les salariés qui ne sont pas sûrs de la stabilité de leur emploi». La perte de confiance entraînant une dévalorisation des compétences individuelles perceptibles par un potentiel employeur. 


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