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La compagnie luxembourgeoise utilisée par le contre-espionnage
Économie 3 min. 25.10.2016 Cet article est archivé
Après le crash à Malte

La compagnie luxembourgeoise utilisée par le contre-espionnage

L'avion qui s'est écrasé hier à Malte photographié au Findel en 2011 par un spotter.
Après le crash à Malte

La compagnie luxembourgeoise utilisée par le contre-espionnage

L'avion qui s'est écrasé hier à Malte photographié au Findel en 2011 par un spotter.
Peter Bakema
Économie 3 min. 25.10.2016 Cet article est archivé
Après le crash à Malte

La compagnie luxembourgeoise utilisée par le contre-espionnage

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
Selon différentes sources concordantes, la société luxembourgeoise qui opérait le vol accidenté à Malte travaille régulièrement avec le contre-espionnage français. Son actionnaire majoritaire n'est pas dévoilé.

Par Pierre Sorlut

La société basée au Findel; CAE Aviation, a subitement gagné en notoriété suite au crash d'un avion qu'elle opérait à Malte le lundi 14 octobre dernier (voir plus bas). Doublement à ses dépens. Outre la publicité attribuable à cet accident, celui-ci attire la lumière des médias sur des activités nécessitant habituellement la plus grande discrétion.

Sur son site internet la société créée en 1971 et opérant initialement dans la maintenance indique travailler dans la surveillance aérienne pour «différentes agences gouvernementales» telles que l'OTAN ou l'UE, des ministères liés à la sécurité ou même des compagnies pétrolières

Le contre-espionnage français impliqué à Malte

Selon un ancien haut responsable des services de renseignement français, le ministère de la Défense et son département de contre-espionnage la DGSE (direction générale de la Sécurité extérieure) fait appel depuis plusieurs années à CAE Aviation pour des missions communes ou séparées. Sa flotte de 22 avions permet de faire de l'imagerie, de l'interception de communication, de la surveillance, mais aussi du parachutage militaire.

Selon plusieurs médias spécialisés, l'avion décollait hier dans le cadre d'une mission commandée par la DGSE, en collaboration avec la Direction du renseignement militaire. «L'appareil, mis en service en 1983, devait effectuer une mission au-dessus de la Libye», lit-on sur opex360, très au fait des questions militaires. De nombreux sites évoquent la zone de Misrata comme destination.

Une mission pour laquelle on ne souhaite pas voir le blason de la République française floqué sur le fuselage

Une source contactée par le «Luxemburger Wort» accrédite cette thèse et s'interroge parallèlement sur l'absence d'expert de CAE et le nombre important de personnes à bord pour une mission de «surveillance de la Méditerranée», selon la communication de l'entreprise, sous-entendant qu'il pourrait s'agir d'un acheminement sur site sous couverture: «Une mission pour laquelle on ne souhaite pas voir le blason de la République française floqué sur le fuselage», commente ladite source.

Le directeur général de la société Bernard Zeler a démenti cette version. «Nous ne faisons pas 'd'acheminement' sur des destinations», a-t-il commenté. L'intéressé ne dit en revanche rien sur le service du ministère ayant commandé la mission et reste tout aussi vague sur l'actionnariat de sa société qui employait fin 2014 82 personnes.

Bernard Zeler détient 20,6% du capital de CAE. Une société néerlandaise de transport, Marlow B.V, en détient 16,9%. L'actionnaire majoritaire détenteur de 62,5% des parts Algenib est une holding luxembourgeoise dont les bénéficiaires économiques sont maintenus secrets. L'ancien actionnaire (américain) Blackwell «n'existe plus depuis de nombreuses années», selon M. Zeler.

Mission contre les réseaux de passeurs et la piraterie

CAE aviation s'était notamment fait connaître du public luxembourgeois en 2015 lors de missions d'observations opérées au-dessus de la Méditerranée pour détecter les réseaux de passeurs, et si l'occasion se présentait permettre le sauvetage de migrants qui rencontreraient des problèmes en mer. Le gouvernement luxembourgeois avait été l'un des promoteurs de cette opération. Quelques années auparavant, la société luxembourgeoise avait effectué, encore pour le Grand-Duché et d'autres Etats partenaires, la surveillance des zones de piraterie dans l'océan Indien.

CAE Aviation a précisé hier dans un communiqué que l'avion était piloté par une équipe «expérimentée» et qu'aucune réserve technique n'avait été apportée sur l'état de l'aéronef lors des précédents vols. La communication officielle côté français hier a elle donné lieu à de nombreuses hésitations, notamment concernant la nature de la mission, toujours vague.

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