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La belle occasion de la puériculture
Économie 4 min. 18.06.2022
Marché «seconde main»

La belle occasion de la puériculture

Avec son concept, la fondatrice d'Eco-Baby entend faire oublier aux acheteurs que sa boutique propose des vêtements de seconde main.
Marché «seconde main»

La belle occasion de la puériculture

Avec son concept, la fondatrice d'Eco-Baby entend faire oublier aux acheteurs que sa boutique propose des vêtements de seconde main.
Photo: Aurélia Grébil
Économie 4 min. 18.06.2022
Marché «seconde main»

La belle occasion de la puériculture

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
L'arrivée d'un bébé est généralement synonyme de dépenses. Pour limiter les coûts - et faire un geste pour la planète - de plus en plus de parents se tournent vers le marché de la seconde main. Ce qui n'a pas échappé aux marques et entreprises qui n'hésitent pas à saisir l'occasion.

En l'espace d'un an, un nouveau-né grandit entre 20 et 30 cm et va jusqu'à tripler son poids de naissance. Mais si les bébés évoluent à vitesse grand V, leurs besoins aussi. Et cela peut vite coûter cher. A en croire une étude du Statec, publiée en juillet 2020, un budget de 304 euros par mois en moyenne est nécessaire pour un bébé de six mois. Soit pas moins de 3.648 euros par an. Pour réduire les coûts, de plus en plus de parents se tourneraient donc vers le marché de l'occasion.  

Bien qu'il n'existe pas de statistiques précises sur la question, ce constat n'a pas échappé aux spécialistes de la puériculture. Sur Internet, comme en boutique, l'offre tend ainsi à se développer. Parmi les plus connus, les sites Il était plusieurs fois, Beebs ou encore la Fée troquette. Les marques - parfois même haut de gamme - sont également de plus en plus nombreuses à sauter le pas de l'occasion, à l'instar de Jacadi et Cyrillus. Une «très bonne chose» pour Catarina, résidente lusophone de 34 ans et maman de deux enfants. «Ça permet d'acheter des vêtements de qualité sans se ruiner», s'enthousiasme-t-elle.


En Europe, en 2019, le marché de la mode de seconde main représentait 13 milliards d'euros.
Pas de TVA super-réduite pour l'occasion
S'il prévoit une réduction de la taxe pour promouvoir la réparation d'objets d'usage courant, le gouvernement n'entend pas étendre la pratique à tous les objets de seconde main.

Mais davantage qu'une question de mode, ces achats s'avèrent en réalité nécessaires. «A peine achetés, les vêtements sont déjà trop petits», note ainsi Julie, maman d'un petit garçon de 10 mois, avant d'ajouter qu'ils n'ont «pas le temps de s'abimer ». 

Pour cette trentenaire adepte de la seconde main, pas question donc d'acheter du neuf. Elle s'en est d'ailleurs fait une spécialité. «J'achète et je revends tout sur Vinted». Au total, elle effectue une dizaine de transactions par mois sur l'application de vente en ligne. «Ça me permet de rentrer dans mes frais et racheter sans culpabiliser», précise celle qui avoue bien remplir la garde-robe de son fils. Mais si elle prend soin de bien préparer et présenter ses articles à la vente, les mauvaises surprises ne sont pas rares sur le géant de l'occasion. 

L’objectif est qu’on oublie qu’on achète de la seconde main.

Aurélia Grébil, fondatrice d'Eco-baby

Vêtements tachés, froissés, abimés... Toutes les occasions ne sont en effet pas bonnes à prendre. Si Julie considère que «c'est le jeu», pour d'autres parents, cela constitue un frein. C'est donc avec la volonté de rendre l'occasion plus attractive qu'Aurélia Grébil a décidé d'ouvrir sa propre boutique de vêtements de seconde main pour enfants. 

La jeune Française, arrivée au Grand-Duché en 2019, a ainsi créé sa petite entreprise avec l'idée de proposer un concept «premium, sympa et convivial». Chaque vêtement est «sélectionné, trié et contrôlé», précise-t-elle. Les articles bénéficient ensuite «d'un nettoyage professionnel en pressing» avant d'être «étiquetés comme du neuf». En d'autres termes, «l’objectif est d'oublier qu’on achète de la seconde main».

Si elle n'a pas encore de point de vente - une étape «financièrement difficile» à Luxembourg-Ville - elle privilégie tout de même la vente directe via des événements et collaborations. Un mode de distribution qui lui tient à coeur. De cette manière, «les clients peuvent réellement voir ce qu’ils achètent, toucher, regarder comment cela taille».

A défaut d'une boutique physique, Aurélia Grébil profite d'événements et collaborations pour vendre ses vêtements.
A défaut d'une boutique physique, Aurélia Grébil profite d'événements et collaborations pour vendre ses vêtements.
Photo: Anna Serio

Reste qu'à force d'acheter, les placards s'encombrent. Certains entrepreneurs préfèrent donc miser sur la location, à l'image de Dominique Bissot, fondatrice de Kids-Box, un site de location de jouets pédagogiques par abonnement. Un concept visant ainsi à «privilégier l'expérience plutôt que la possession», explique celle qui compte déjà plus de 500 souscriptions en trois ans. Mais plus qu'une simple boite de jouets, c'est surtout «une démarche responsable et zéro déchet» qu'a développés cette mère de famille. Dans l'optique, aussi, de «transmettre des valeurs» aux futures générations.

Avec ses box, Dominique Bissot entend «privilégier l'expérience plutôt que la possession».
Avec ses box, Dominique Bissot entend «privilégier l'expérience plutôt que la possession».
Photo: Dominique Bissot


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