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La BCE sort l'artillerie face au coronavirus
Économie 3 min. 12.03.2020

La BCE sort l'artillerie face au coronavirus

Tous les analystes appellent à des mesures budgétaires soutenant à la fois les ménages et les entreprises.

La BCE sort l'artillerie face au coronavirus

Tous les analystes appellent à des mesures budgétaires soutenant à la fois les ménages et les entreprises.
Photo: DPA
Économie 3 min. 12.03.2020

La BCE sort l'artillerie face au coronavirus

Fermant la marche des grandes banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) a dégainé à son tour jeudi un arsenal de mesures face à l'épidémie de coronavirus, pour tenter d'endiguer la panique financière et de limiter l'impact sur l'économie.

(AFP) - La BCE dégaine à son tour contre le coronavirus mais sans toucher à ses taux. Contrairement à ce qu'avaient massivement anticipé les analystes, l'institut n'a donc pas touché à ses taux directeurs: le principal était déjà bloqué à zéro depuis mars 2016 et les deux autres ont été maintenus à l'identique, un statu quo qui a accéléré la baisse des marchés actions. 

Ce choix, qui s'explique par les faibles marges de manœuvre de l'institut de Francfort, contraste avec les baisses drastiques de taux annoncées entre autres par la réserve fédérale américaine et par la banque d'Angleterre, sans même attendre leurs réunions habituelles. La BCE, qui ne «constate pas de signes matériels de pression sur les marchés» ou de «manques de liquidités dans le système bancaire», a néanmoins pris un paquet de mesures mêlant prêts aux banques et rachat de dettes publiques et surtout privées. 


IPO.PK Stellungnahme Regierung Coronavirus.Lex Delles,Xavier Bettel,Paulette Lenert,Franz Fayot. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
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Outre une plus large «générosité» à l'égard des sociétés impactées par le coronavirus pour l'octroi du chômage partiel, le gouvernement a annoncé mercredi, par la voix de Franz Fayot, qu'il allait adopter «rapidement une nouvelle loi sur les aides minimis». Le ministre de l'Economie s'explique.

De manière inédite, l'institut monétaire a lancé un programme de prêts ciblés sur les PME, pour que les banques aident les entreprises frappées par l'épidémie à boucler leurs fins de mois. L'objectif est d'éviter une vague de faillites, qui aurait des conséquences sociales catastrophiques. 

Par ailleurs, la BCE a annoncé qu'elle dépenserait 120 milliards d'euros supplémentaires d'ici la fin de l'année pour acheter de la dette, particulièrement celle «du secteur privé». Cet effort vient renforcer le programme relancé en novembre et portant déjà sur l'achat de 20 milliards d'euros d'actifs publics et privés par mois. Enfin, dans un communiqué distinct, l'institut a annoncé autoriser les banques sous sa supervision à s'affranchir temporairement des exigences de fonds propres et de liquidités en vigueur.  


Traders work in front of a board displaying the chart of Germany's share index DAX at the stock exchange in Frankfurt am Main, western Germany, on March 9, 2020. - European stock markets slumped dramatically, following earlier steep losses in Asia, as the deadly coronavirus disrupted economies and societies across the world. (Photo by Torsten Silz / AFP)
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La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé la mise en place d'un fonds spécial en réponse à l'épidémie de coronavirus qui pèse sur l'activité des Etats membres.

 Le but est que les établissements financiers, eux-mêmes sous pression, «puissent continuer à jouer leur rôle dans le financement de l'économie réelle à mesure que les effets économiques du coronavirus deviendront apparents», souligne la BCE. Sur les marchés, cette série d'annonces n'a guère séduit, et les places boursières européennes s'enfonçaient toutes dans le rouge en milieu d'après-midi, le Dax lâchant 7,42% à Francfort. 

Tous les regards se tournent désormais vers Christine Lagarde, elle-même affectée par le coronavirus puisque les questions pourront pour la première fois être posées à distance. Le diagnostic de Mme Lagarde est très attendu, tant les développements quotidiens de l'épidémie rendent toute prévision aléatoire: comment anticiper le bouclage de régions entières, qui concerne aujourd'hui l'Italie mais pourrait frapper d'autres pays? Comment prévoir la fermeture de certaines frontières ou, comme Washington l'a annoncé mercredi soir, la suspension de tous les vols d'Europe vers les Etats-Unis? 

Habituellement scrutées, les prévisions macroéconomiques de la BCE arrêtées au 24 février sont déjà caduques, et certains analystes comme ceux de Berenberg voient l'Allemagne et la zone euro entrer en récession. Pour que la politique monétaire ne soit pas seule à la manœuvre, Mme Lagarde pourrait interpeller les chefs de gouvernement européens en faisant «référence à (la crise financière de) 2008», comme elle l'avait dit mardi lors d'une conférence téléphonique, a indiqué à l'AFP une source européenne. 


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