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La BCE muscle ses aides face à la crise du covid-19
Économie 2 min. 04.06.2020 Cet article est archivé

La BCE muscle ses aides face à la crise du covid-19

Pour 2020, la présidente de la BCE s'attend à un recul du PIB de 8 à 12% pour la zone euro.

La BCE muscle ses aides face à la crise du covid-19

Pour 2020, la présidente de la BCE s'attend à un recul du PIB de 8 à 12% pour la zone euro.
Photo : AFP
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La BCE muscle ses aides face à la crise du covid-19

La Banque centrale européenne devrait renforcer jeudi son arsenal de soutien à l'économie, bien au-delà des mesures d'urgence dégainées en mars, tant l'impact du nouveau coronavirus promet de se faire sentir encore plusieurs années.

(AFP) - Selon nombre d'analystes, le programme PEPP de la Banque centrale européenne (BCE) visant à limiter les effets de la pandémie, initialement doté de 750 milliards d'euros pour racheter des obligations publiques et privées, pourrait être gonflé de 500 milliards d'euros. Ce bazooka inédit, qui avait déjà engagé 235 milliards d'euros à fin mai, devrait être prolongé «jusqu'en septembre 2021», selon Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management. «Rarement les arguments en faveur d'un renforcement du stimulus monétaire de la BCE n'ont été aussi forts», résume Holger Schmieding, économiste chez Berenberg.

D'ores et déjà, la présidente de la BCE Christine Lagarde table sur un recul du produit intérieur brut de la zone euro compris entre 8 et 12% cette année, avant une reprise aux contours incertains. Difficulté supplémentaire: si les mesures de confinement ont entraîné un choc économique «très symétrique», qui a frappé tous les pays autour de la mi-mars, le rebond s'annonce "beaucoup plus asymétrique», observe Carsten Brzeski, de la banque ING.

Selon la virulence de l'épidémie, les secteurs touchés et les filets de sécurité déployés pour protéger l'emploi, «de nombreuses économies périphériques risquent une récession plus durable», ajoute-t-il. L'inflation est elle retombée à 0,1% en mai et pourrait afficher zéro sur l'année avant de remonter timidement à 0,7% en 2021, selon Capital Economics, très loin de l'objectif «proche de 2%" derrière lequel la BCE court depuis 2013.

Face à ce tableau sombre, la BCE ne devrait pas toucher à ses taux, et confirmera en particulier le taux négatif de 0,50% frappant les liquidités des banques qui ne sont pas distribuées dans l'économie. Mais le plafond des dépôts exonérés du taux négatif pourrait être relevé, au moment où les liquidités en excès augmentent en réponse aux mesures de soutien, estime Frederik  Ducrozet. L'institution pourrait en revanche faire entrer dans le périmètre de ses rachats les obligations de sociétés dont la note financière a basculé en territoire «pourri» , devenant ce que le marché appelle des «anges déchus».


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Comme les Etats de la zone euro s'endettent de manière exponentielle, sans parler d'un possible emprunt européen à venir, la BCE va également discuter de la «clé de répartition» des rachats de dette souveraine, prévue pour refléter la part de chaque Etat membre dans son capital, estime Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste à la KfW.

Mais ouvrir ce chantier aussi technique que politique comporte un risque majeur: dans un arrêt retentissant début mai, la Cour constitutionnelle allemande a sommé la BCE de justifier d'ici août ses rachats de dette, tout en faisant des «clés de répartition» une condition de leur validité.


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