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«L'usine de Dudelange ne pourra pas passer l'été»
Économie 3 min. 04.06.2021

«L'usine de Dudelange ne pourra pas passer l'été»

Plusieurs dizaines de personnes ont assisté vendredi au piquet de protestation organisé par l'OGBL et le LCGB et voué à faire avancer un dossier qui menace plusieurs centaines d'emplois.

«L'usine de Dudelange ne pourra pas passer l'été»

Plusieurs dizaines de personnes ont assisté vendredi au piquet de protestation organisé par l'OGBL et le LCGB et voué à faire avancer un dossier qui menace plusieurs centaines d'emplois.
Photo: Anouk Antony
Économie 3 min. 04.06.2021

«L'usine de Dudelange ne pourra pas passer l'été»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Trois mois après la faillite du principal créancier du groupe GFC-Alliance, propriétaire de Liberty Steel, OGBL et LCGB revendiquent vendredi une prise de contrôle partiel de l'Etat. Et ce, le plus rapidement possible afin de sauver les 220 emplois de l'usine de galvanisation.

Pour les syndicats, l'avenir de Liberty Steel Dudelange ne passera que par un soutien étatique. Si ce dernier existe déjà par le maintien de l'activité via le recours au chômage partiel pour trois quarts des 220 salariés du site, OGBL et LCGB revendiquent une implication plus pérenne. Et donc la mise en place d'une solution «sous l'égide totale de la SNCI» destinée à «construire un partenariat avec un nouveau partenaire industriel fiable».


Liberty Steel Dudelange sous perfusion de l'Etat
En pleine tempête en raison du dépôt de bilan du principal financier de leur maison-mère, le site luxembourgeois fonctionne au ralenti et une majorité des personnels se retrouvent au chômage partiel, indiquent les syndicats.

En clair, les deux syndicats souhaitent que l'usine de Dudelange quitte le giron du groupe GFC-Alliance du magnat anglo-indien Sanjeev Gupta pour intégrer partiellement celui de l'Etat, via une entrée au capital de l'établissement public. Si cette option est présentée par l'OGBL et le LCGB comme «la seule alternative possible» pour garantir la poursuite de l'activité, aucun chiffre quant aux sommes en jeu n'a été avancé.

«La seule chose que je puisse dire, c'est que nos calculs indiquent qu'avec le niveau de liquidités actuel, l'usine ne pourra pas passer l'été si une solution n'est pas trouvée d'ici le mois de juillet», assure vendredi Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB, qui évoque d'ores et déjà «une situation catastrophique en cas d'absence rapide de solution». Contacté, Franz Fayot (LSAP), ministre de l'Economie et donc ministre de tutelle de la SNCI, assure vouloir «trouver la meilleure solution possible dans l'intérêt de l'usine, de ses salariés et de la commune de Dudelange comme site industriel national», sans toutefois avancer un quelconque horizon pour une sortie de crise.


250 Personen arbeiten bei Liberty Steel in Düdelingen - der Kauf wurde seinerzeit durch die Bank Greensill finanziert.
L'Etat au chevet de l'usine Liberty Steel
Le gouvernement s'engage à assurer au site sidérurgique de Dudelange les garanties financières publiques nécessaires à sa survie. Une main tendue que le groupe saisira peut-être alors que son principal créancier vient de déposer le bilan.

Interrogé sur les potentiels futurs partenaires industriels, Robert Fornieri estime qu'«il est trop tôt pour évoquer des noms puisque les analyses sont toujours en cours». Mais ce dernier ne cache pas lorgner sur les industriels qui s'étaient manifestés lors de la mise en vente du site luxembourgeois, en 2019. Une opération réalisée en vertu des règles européennes de la concurrence au moment du rachat par ArcelorMittal du site italien d'Ilva.

A noter que la solution recommandée par les syndicats luxembourgeois pour Dudelange semble en passe d'être réalisée à Liège, usine binôme du site grand-ducal. Selon le quotidien belge La Libre, la Région wallonne devrait octroyer un prêt destiné à permettre le maintien de l'activité «pendant une période de temps limitée à la durée strictement nécessaire pour organiser une procédure de recherche de repreneurs», indiquent nos confrères. 


Liberty Steel
Situation «grave et tendue» pour Liberty à Dudelange
Franz Fayot est revenu, mardi, à la tribune de la Chambre sur la situation de l'usine de galvanisation quelques jours après avoir détaillé à huis clos la situation aux membres de la commission Economie. Avec une inquiétude non dissimulée pour les quelque 220 salariés du site.

En contrepartie, les autorités belges s'attendent à un remboursement intégral de ce prêt et à la mise en place d'une procédure de vente par Liberty Steel. Pour mémoire, fin avril, le ministre de l'Economie avait affirmé à la Chambre vouloir non seulement que l'activité du site de Dudelange soit maintenue «à court et moyen terme, même si l'usine ne fonctionne pas à plein régime» mais aussi et surtout qu'elle «reste partie intégrante de la sidérurgie luxembourgeoise».

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