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L'Italie entame un bras de fer avec ArcelorMittal
Économie 2 min. 05.11.2019

L'Italie entame un bras de fer avec ArcelorMittal

Au sud de l'Italie, l'usine Ilva de Tarente est «réputée» pour être source de pollution.

L'Italie entame un bras de fer avec ArcelorMittal

Au sud de l'Italie, l'usine Ilva de Tarente est «réputée» pour être source de pollution.
Photo : AFP
Économie 2 min. 05.11.2019

L'Italie entame un bras de fer avec ArcelorMittal

Au lendemain de la décision du géant de l'acier d'annuler son rachat du groupe Ilva, le chef du gouvernement italien a assuré que l'Italie serait «inflexible» sur les engagements pris par le groupe sidérurgique sur l'avenir de l'aciérie.

(AFP) - «Il y a eu une adjudication à l'issue d'un appel d'offres dans le cadre d'une procédure publique. Un contrat a été établi et il y a des engagements contractuels et sur cela nous serons inflexibles», a déclaré Giuseppe Conte en revenant sur l'intention d'ArcelorMittal de ne plus se porter acquéreur du groupe Ilva. «Nous ferons tout pour défendre ces investissements productifs et ces gens qui travaillent (sur le site), y compris dans les emplois induits», a ajouté M. Conte qui doit rencontrer des dirigeants d'ArcelorMittal mercredi.

L'annonce du retrait d'ArcelorMittal, qui avait repris fin 2018 Ilva avec 10.700 employés dont 8.200 à Tarente, a provoqué une onde de choc en Italie en raison des craintes pour l'emploi. Pour justifier sa décision, le sidérurgiste franco-indien invoque «le retrait par le Parlement italien de la protection légale nécessaire à la compagnie pour mettre en place son plan environnemental sans risquer de poursuite judiciaire» sur le site de Tarente, extrêmement pollué. Mais Giuseppe Conte a assuré que la protection légale n'était «pas prévue dans le contrat».


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Selon le chef du gouvernement italien, il ne s'agit là que d'un prétexte cachant la véritable intention d'ArcelorMittal de fermer le site. «La question du bouclier juridique est évidemment un alibi qui n'a rien à voir avec le processus de production en place», a également déclaré le ministre du Développement économique, Stefano Patuanelli, assurant que le gouvernement ne «consentira pas» à la fermeture de l'usine.

Cancers et  maladies cardio-respiratoires

Les représentants syndicaux de Tarente se sont dits quant à eux «prêts à tout» mardi pour éviter la fermeture de l'usine, considérée comme la plus grande aciérie d'Europe. «Ce serait une bombe sociale», ont-ils déclaré en marge d'un comité d'entreprise extraordinaire où doit se décider une éventuelle mobilisation.

En reprenant le site de Tarente, ArcelorMittal s'était engagé à injecter 2,4 milliards d'euros sur cinq ans pour améliorer sa productivité et accélérer la dépollution. Le site, qui figure parmi les plus pollués en Europe, se trouve au cœur d'un énorme procès. Les experts cités par le parquet italien estiment que, sur 11.500 décès recensés à proximité entre 2004 et 2010, 7.500 ont été causés par des maladies cardio-respiratoires et des cancers imputables aux émissions toxiques des hauts-fourneaux d'Ilva.


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