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L'industrie allemande décline encore
Économie 2 min. 06.09.2019

L'industrie allemande décline encore

Les commandes industrielles ont, en moyenne, reculé de 1% chaque mois depuis début 2019.

L'industrie allemande décline encore

Les commandes industrielles ont, en moyenne, reculé de 1% chaque mois depuis début 2019.
Photo: AFP
Économie 2 min. 06.09.2019

L'industrie allemande décline encore

Loin de se redresser, le secteur productif allemand a entamé le troisième trimestre par deux statistiques décevantes, nourrissant les inquiétudes sur une entrée en récession de la première économie européenne.

(AFP) - Publiés vendredi, les chiffres sur la production industrielle en Allemagne marquent un recul de 0,6% sur un mois en juillet, au lendemain d'un plongeon de 2,7% sur la même période des commandes industrielles, annonciatrices de l'activité manufacturière à venir.

Ces statistiques ont refroidi les analystes, qui n'attendaient pas de telles chutes. Mais sur le moyen terme, la tendance est claire: moteur économique et fierté de l'Allemagne, habituée à expédier ses voitures, machines-outils et produits chimiques dans le monde entier, l'industrie s'enfonce dans la récession. 


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«Les commandes industrielles ont, en moyenne, reculé de 1% chaque mois depuis le début de l'année», accélérant leur glissade par rapport à leur rythme de - 0,4% par mois l'an dernier, calcule Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Quant à la production, ajoute l'analyste, il lui faudrait rebondir «de plus de 2,5% dans les deux prochains mois pour simplement revenir au niveau du deuxième trimestre». Une perspective «très improbable» au vu des commandes.

La chimie touchée

Le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, deux des principaux clients de l'Allemagne, n'en finit plus d'empoisonner le secteur automobile, de même que l'interminable pagaille autour du Brexit.

Pour le troisième été consécutif, la sécheresse a par ailleurs fait baisser les niveaux du Rhin et des grands fleuves allemands, une situation qui avait lourdement handicapé l'industrie chimique l'an dernier en paralysant ses livraisons.

Le ministre des Finances, Olaf Scholz, estime que l'Allemagne mène déjà une politique «très ambitieuse» en matière d'investissements.
Le ministre des Finances, Olaf Scholz, estime que l'Allemagne mène déjà une politique «très ambitieuse» en matière d'investissements.
Photo: dpa

Enfin, et c'est nouveau, la morosité contamine deux composantes jusqu'alors robustes: les commandes venues d'Allemagne plutôt que de l'étranger, en baisse de 0,5% en juillet, et l'activité dans la construction, dont la hausse marque nettement le pas.

Depuis la Réunification du pays en 1990, «il y a eu quatre revers industriels comparables, dont trois ont fini en récession», souligne Katharina Utermöhl, économiste chez Allianz. Pour elle, la consommation est cependant «structurellement plus forte grâce aux plus de 6 millions d'emplois créés depuis 1999», faisant reposer sur la demande intérieure tous les espoirs de rebond.

Marges de manœuvre

Mi-août, l'hebdomadaire Spiegel avait aussi stimulé les spéculations sur un plan de relance en affirmant que le gouvernement était prêt à abandonner le dogme d'un budget fédéral au moins équilibré en cas de crise. Un tel effort public est pourtant réclamé depuis des années par certains économistes comme par les partenaires de l'Allemagne et le Fonds monétaire international.

Ce vendredi encore, le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire a appelé Berlin à user de ses «marges de manœuvre budgétaire» pour «investir davantage». Berlin mène déjà une politique «très ambitieuse» en matière d'investissements, tranchait jeudi le ministre allemand des Finances Olaf Scholz, pour qui une grande partie des sujets actuellement discutés relèvent «de l'investissement privé».


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