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L'impact économique du coronavirus reste limité
Économie 5 min. 12.02.2020

L'impact économique du coronavirus reste limité

La coopération entre la Chine et le Luxembourg est de grande envergure

L'impact économique du coronavirus reste limité

La coopération entre la Chine et le Luxembourg est de grande envergure
Photo: Guy Jallay
Économie 5 min. 12.02.2020

L'impact économique du coronavirus reste limité

Que ce soit dans le transport aérien, le domaine bancaire ou le secteur industriel, les conséquences directes de l'épidémie restent légères au Luxembourg. Mais les entreprises suivent de près l'évolution de la situation. Tour d'horizon.

(JFC, avec MB) - La vision est inhabituelle: des avions Cargolux sont stationnés sur le tarmac de l'aéroport du Findel depuis plusieurs jours, dans l'attente de recevoir du fret à transporter. La compagnie avait déjà annoncé la semaine dernière avoir réduit le nombre de ses vols vers la Chine jusqu'à nouvel ordre. Une décision prise suite à la prolongation par les autorités chinoises des fêtes nationales traditionnelles du Nouvel An, afin de limiter autant que possible la propagation du coronavirus. La lutte contre la propagation de l'épidémie a en effet obligé à arrêter la production dans de nombreux secteurs de l'économie. Ainsi, l'aéroport de Luxembourg subit une conséquence directe du coronavirus. «De nombreux vols ont été annulés», confirme d'ailleurs un porte-parole de Luxair.

Le redoutable coronavirus, apparu dans la métropole chinoise de Wuhan fin décembre, a déjà infecté plus de 42.000 personnes dans le monde et causé la mort de plus de 1.100 personnes. En tout, 25 cas ont déjà été signalés dans les pays voisins du Luxembourg, l'Allemagne et la France. Les relations économiques internationales sont à ce point inextricables que l'arrêt forcé de nombreuses activités en Chine en raison du coronavirus entraîne des répercussions sur la production dans de nombreux secteurs. Les entreprises luxembourgeoises suivent de près cette évolution, même si les conséquences économiques sont encore limitées au Grand-Duché.

Des effets «de courte durée»

La Chambre de commerce sino-luxembourgeoise ChinaLux suit néanmoins de près l'évolution de la situation. «Nous sommes conscients des préoccupations des représentants des entreprises, mais nous restons optimistes», déclarent Xie Zhujun, président de ChinaLux, et Jacques Bortuzzo, vice-président. La Chambre de commerce sino-luxembourgeoise regroupe 180 entreprises, dont plus de 90% font des affaires avec la Chine. «Au Grand-Duché, il y a beaucoup de banques, de grandes entreprises et de fonds d'investissement chinois», affirment les représentants de ChinaLux. Certains employés de ces entreprises, qui s'étaient rendus en Chine pour le Nouvel An chinois, sont actuellement bloqués en Chine, sans pouvoir rentrer au Luxembourg.

Pour sa part, la Chambre de commerce de Luxembourg considère que les conséquences économiques pour le Grand-Duché ne peuvent pas encore être quantifiées. Mais une chose est claire: la Chine est un partenaire commercial important pour l'économie européenne au niveau des exportations, et le Luxembourg entretient des relations économiques étroites avec la Chine. A cet égard, le chef de l'État chinois Xi Jinping calme le jeu: les effets sur l'économie ne seront «que de courte durée», clame-t-il.

Tous les employés sont en bonne santé

Les conséquences du coronavirus se font également ressentir dans d'autres secteurs que le transport de marchandises. Ainsi, la Banque Internationale à Luxembourg (BIL), qui a ouvert une succursale à Pékin en septembre, a interrompu tous ses voyages d'affaires en Chine. «Nous communiquons par vidéoconférence, par courrier électronique et par téléphone», explique un porte-parole de la BIL, «il n'y a donc actuellement aucun impact sur nos activités, mais nous suivons de près l'évolution de la situation.»

La BIL a trois employés en Chine. Parallèlement, des mesures de précaution strictes ont été introduites dans les banques chinoises présentes au Grand-Duché. Par exemple, des désinfectants, des gants jetables et des masques respiratoires ont été distribués à la succursale luxembourgeoise de la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC). «Les employés qui reviennent de Chine doivent travailler de chez eux pendant deux semaines», explique l'entreprise.

Photo: Chris Karaba

Les entreprises du secteur industriel luxembourgeois doivent également s'adapter aux nouvelles conditions. Prenons l'exemple de Paul Wurth: ce fabricant luxembourgeois de machines et d'installations pour l'industrie métallurgique possède une succursale à Pékin et exploite un site de production à Shanghai, où il emploie au total 80 personnes, dont deux à son siège au Luxembourg. «Tous les employés sont en bonne santé», rassure la porte-parole de l'entreprise.

Lundi, les opérations ont repris, mais «dans une mesure limitée». Néanmoins, des restrictions restent de mise, comme l'interdiction de voyager en Chine pour les employés de Paul Wurth. Les conséquences économiques directes et immédiates restent toutefois limitées, selon la société, qui souligne que «ces derniers jours, plus de 50.000 masques respiratoires ont été achetés et mis à la disposition du personnel de Paul Wurth en Chine et du groupe SMS de sa société mère».

Le secteur touristique est le plus touché

Dans l'industrie agro-alimentaire, les conséquences économiques du coronavirus ne se font guère ressentir. Bien que la Brasserie Nationale exporte une partie de sa production en Chine, les quantités concernées sont relativement faibles. Il en va de même pour Luxlait, qui exporte surtout des produits à ultra-haute température, conditionnés de manière stérile et ayant une longue durée de conservation en Extrême-Orient, et ce, en petites quantités.

Par contre, «le secteur touristique est le plus touché», d'après Xie Zhujun et Jacques Bortuzzo. Le nombre de touristes chinois au Luxembourg est en effet en forte hausse, de +9% en 2017. Mais en raison des mesures strictes de quarantaine, des millions de Chinois ne sont actuellement pas autorisés à quitter leur ville.  


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