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L'immobilier devient encore plus cher
Économie 4 min. 03.02.2022 Cet article est archivé
Economie

L'immobilier devient encore plus cher

Les taux d'intérêt pourraient atteindre 2,5% à la fin de l'année 2022, selon certains experts.
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L'immobilier devient encore plus cher

Les taux d'intérêt pourraient atteindre 2,5% à la fin de l'année 2022, selon certains experts.
Photo: Chris Karaba
Économie 4 min. 03.02.2022 Cet article est archivé
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L'immobilier devient encore plus cher

Les taux d'intérêt des crédits immobiliers ont connu leur plus forte hausse depuis trois ans. Selon les experts, cette tendance devrait se poursuivre en 2022.

En 2022, les taux d'intérêt pourraient augmenter. Les épargnants s'en réjouissent. Le compte d'épargne sera alors peut-être enfin à nouveau rentable. Mais qu'est-ce que cela signifie pour tous ceux qui empruntent pour acheter un bien immobilier ? La réponse est courte : ils devront payer plus cher. 


L'Etat privilégie davantage les propriétaires aisés
Une nouvelle étude du Liser sur les aides publiques dans le domaine du logement révèle un grand déséquilibre au détriment des bas revenus.

Yann Gadéa est responsable du département courtage chez atHome Finance. L'expert immobilier luxembourgeois et les analystes du monde entier s'attendent à ce que les taux d'intérêt augmentent dans les mois à venir. Reste à savoir si les taux d'intérêt sur les comptes d'épargne vont effectivement augmenter. La situation est différente pour les taux d'intérêt dans la construction, souligne Yann Gadéa. Ici, il ne faut pas seulement s'attendre à une hausse des taux, ils grimpent déjà. Après Noël, les taux d'intérêt des crédits immobiliers à long terme au Luxembourg sont passés de 1,4 % à près de 2 %. «C'est une valeur qui n'a jamais été approchée ces dernières années. Au cours des trois dernières années, les taux d'intérêt étaient très bas. Maintenant, nous avons fait un bond pour atteindre les taux d'intérêt de janvier 2019. C'est une augmentation de 14 points de base. C'est énorme». 

Pour un prêt à taux fixe de 800.000 euros sur 30 ans, un futur propriétaire immobilier doit payer 150 à 160 euros de plus chaque mois.

Yann Gadéa, responsable du département courtage chez atHome Finance 

L'expert exemplifie avec le financement de son propre bien immobilier à l'aide du paiement mensuel : «Concrètement, pour un prêt à taux fixe de 800.000 euros sur 30 ans, un futur propriétaire immobilier doit payer 150 à 160 euros de plus chaque mois», calcule Yann Gadéa. 

Et ce n'est pas tout. Il y a encore une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui rêvent de devenir propriétaires : «Cette tendance va probablement se poursuivre toute l'année 2022», prédit l'expert en financement. «À la fin de l'année, on pourrait peut-être atteindre 2,5 %». Conséquence possible : «Il y a clairement un risque que moins d'habitants puissent devenir propriétaires de leur logement». 

La faute à l'inflation 

Pour comprendre pourquoi l'expert prévoit cette tendance, il faut faire un zoom arrière sur le marché immobilier luxembourgeois. Les consommateurs du pays, mais aussi ceux de la zone euro ou des États-Unis, ont le même ressenti : beaucoup de choses sont devenues plus chères. 

Comme l'a annoncé mercredi l'office européen des statistiques Eurostat, le taux d'inflation s'élevait à 5,1% en janvier, la valeur la plus élevée depuis 1997. Aux Etats-Unis, l'inflation était même de 7% en décembre, la plus forte hausse depuis près de 40 ans. 

Les Etats-Unis décident

Les banques centrales tentent de contrôler l'inflation par le biais de différents instruments. L'un d'entre eux est le niveau des taux d'intérêt. Si les banques centrales baissent les taux d'intérêt, il devient plus intéressant de dépenser de l'argent, de prendre un crédit. En théorie, les prix devraient alors augmenter. Ces dernières années, c'est ainsi que l'on a tenté de stimuler la faible inflation. 

Aujourd'hui, la situation est inversée : l'inflation est trop élevée. Une hausse des taux d'intérêt doit permettre de lutter contre l'inflation. C'est du moins l'avis des banquiers centraux de la Réserve fédérale américaine (Fed). Pour lutter contre l'inflation, la Fed veut «bientôt» relever les taux directeurs. 

Ce revirement aura des conséquences bien au-delà des Etats-Unis sur les taux d'emprunt et les cours boursiers - et donc entre autres pour les acheteurs de voitures, les épargnants et justement les maîtres d'ouvrage. La décision de la Fed joue un rôle central sur le marché immobilier luxembourgeois.  Le responsable du département courtage chez atHome Finance en observe déjà les répercussions dans son travail quotidien. «Toutes les banques de détail au Luxembourg ont réagi en adaptant les taux d'intérêt pour les emprunteurs», explique-t-il. 

Ceux qui ont contracté un crédit il y a des années ou des décennies sont habitués à pire encore. A l'époque, les taux d'intérêt atteignaient parfois 5%. Néanmoins, ceux qui rêvent de devenir propriétaires doivent désormais payer des intérêts plus élevés et disposent donc de moins d'argent pour leur bien immobilier. En conséquence, les acheteurs réagissent avec plus de retenue que d'habitude, rapporte Yann Gadéa. Certains préfèrent d'ailleurs rester locataires plutôt que d'acheter. 

Les collaborateurs d'atHome Finance conseillent les clients sur les solutions possibles par rapport à cette situation. Comme par exemple prendre un crédit à plus court terme, les intérêts étant alors généralement plus bas. Ou alors miser sur le fait que les prix de l'immobilier baissent ? Cela pourrait être le cas rapidement. En effet, la logique veut que si le volume des crédits diminue, les acheteurs potentiels ont moins d'argent disponible, et donc, les prix ne peuvent donc pas continuer à augmenter. 

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