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«L'Europe n'est pas encore prête au tout électrique»
Économie 4 min. 16.10.2019 Cet article est archivé

«L'Europe n'est pas encore prête au tout électrique»

En 2017, un véhicule sur deux vendu en Norvège était une voiture électrique.

«L'Europe n'est pas encore prête au tout électrique»

En 2017, un véhicule sur deux vendu en Norvège était une voiture électrique.
Photo: Shutterstock
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«L'Europe n'est pas encore prête au tout électrique»

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
La voiture électrique n'est plus un marché de niche. Mais pour séduire définitivement les automobilistes, le Vieux Continent doit encore relever plusieurs défis comme l'indique une étude du Centre sur la régulation en Europe.

«L'Europe n'est pas encore prête pour une transition majeure vers les véhicules électriques et les effets significatifs qu'elle engendrerait sur le système électrique.» C'est, en substance, la conclusion, présentée ce mercredi, de la dernière étude du Centre sur la régulation en Europe (CERRE). 

Le think tank indépendant de recherche s'est penché sur la situation en Norvège, aux Pays-Bas et au Luxembourg. Il a identifié trois axes pour combler les lacunes. Selon les experts, le développement rapide des véhicules électriques dépendra d'abord d'«une régulation à l'échelle locale». C'est-à-dire d'un maillage du pays par des bornes de chargement


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D'autre part, il est impératif de faire appel à des technologies permettant de «gérer les problèmes de congestion sur le réseau électrique». En d'autres termes, de disposer d'instruments afin d'assurer la fiabilité et la continuité de la fourniture d'électricité dans le temps.

Et les chercheurs de citer les Pays-Bas en exemple où la multiplication par 50 du nombre de voitures électriques générerait des pics de demande en électricité très importants, «en particulier l'après-midi et le soir». 

Une tarification variable

Enfin, l'ajustement des prix de l'énergie en fonction de l'offre et de la demande est un troisième impératif. «Il faudra également envisager davantage de flexibilité dans la façon d'appréhender la recharge des véhicules électriques, notamment en adoptant une tarification variable, mais aussi de la situation dans un quartier ou même une rue spécifique», soulignent encore les scientifiques. 

Sans cela, l'augmentation du nombre de véhicules électriques nécessiterait des investissements substantiels dans les réseaux de distribution et dans l'infrastructure électrique. La perspective de ces coûts pourrait dès lors ralentir le déploiement de l'électromobilité, un des chevaux de bataille du gouvernement luxembourgeois.  

Un potentiel de stockage gigantesque 

A ce jour, l'Europe ne rassemble pas les critères déterminés par l'étude et n'est donc pas prête «à gérer une mutation radicale», explique encore Fridrik Mar Baldursson, coauteur du rapport. Mais s'il est vrai que les véhicules électriques posent des problèmes pour nos systèmes énergétiques, ils constituent par ailleurs «d'énormes opportunités encore inexploitées», indiquent les rédacteurs de l'étude.

«En moyenne, un véhicule personnel est garé 96% du temps. Imaginez une vaste quantité de véhicules électriques à l'arrêt, connectés au système électrique. Alors que notre système énergétique est de plus en plus dépendant des apports fortement variables des énergies renouvelables. Cela représente un potentiel de stockage d'énergie gigantesque et donc de flexibilité indispensable au réseau.»

Collaboration avec les gestionnaires de réseau 

Le rapport souligne également l'importance pour l'Europe d'élaborer une régulation suffisamment souple qui puisse s'adapter aux évolutions technologiques et surtout aux spécificités nationales et locales, par exemple en matière d'aménagement urbain.


Les bornes Chargy affichent un retard à l'allumage
Déjà 90 communes sur 102 disposent d'au moins un point de recharge électrique pour véhicules. Mais la mise en place globale du réseau, elle, peine à atteindre l'objectif des 800 emplacements d'ici 2020. Le manque étant particulièrement frappant sur les P+R.

«Les gestionnaires de réseau de distribution d'énergie ont également un rôle important à jouer dans le déploiement et la planification de l'infrastructure dédiée aux véhicules électriques, en raison notamment de ces spécificités locales», poursuit l'étude.

Décourager l'autosolis

Par ailleurs, l'étude a également souligné certains effets pervers de l'électrification du transport routier. A cet égard, la Norvège avait fait figure de mauvais élève, ces dernières années, en raison de l'observation d'une diminution de l'utilisation des transports en commun et une congestion accrue de la circulation. 

«Pour parer à cette éventualité, les politiques de mobilité devraient être envisagées et conçues de manière globale, par exemple en décourageant l'autosolisme et en incitant une plus grande utilisation des transports en commun», conclut l'étude. 


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A l'heure actuelle, sept pays occidentaux et la Chine comptent à eux seuls 90% des ventes mondiales. La part de l'Empire du Milieu représentant presque 50%, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie.  

Au Grand-Duché, la part de l'électromobilité est aussi à la hausse, comme le confirment les chiffres de six premiers mois de l'année. Cette progression est due en grande partie aux nouvelles aides de l'État instaurées en ce début d'année.



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