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L'Etat s'explique sur son désengagement de Paul Wurth
Économie 4 min. 01.04.2021 Cet article est archivé

L'Etat s'explique sur son désengagement de Paul Wurth

L'entreprise emménagera bien sous son nom dans son nouveau siège, à Hollerich. Compris après ce rachat par l'allemand SMS.

L'Etat s'explique sur son désengagement de Paul Wurth

L'entreprise emménagera bien sous son nom dans son nouveau siège, à Hollerich. Compris après ce rachat par l'allemand SMS.
Photo : Gerry Huberty
Économie 4 min. 01.04.2021 Cet article est archivé

L'Etat s'explique sur son désengagement de Paul Wurth

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Si le montant de la vente au groupe SMS des actions détenues par l'Etat luxembourgeois reste secret, les ministères de l'Economie et des Finances assurent que la transaction ne fait peser aucun risque aux employés de la firme sidérurgique.

Pour ses 150 ans, Paul Wurth a donc changé de nationalité. Passant de luxembourgeoise à allemande. Ainsi, en cédant ses parts dans la firme fondée en 1870, l'Etat a fait du groupe germanique SMS l'actionnaire unique de la société. Un accord en ce sens a été trouvé «le 21 mars dernier», viennent de confirmer d'une même voix Franz Fayot (LSAP) et Pierre Gramegna (DP). Information dont les quelque 500 salariés basés au Grand-Duché avaient déjà eu connaissance dans une récente note interne.


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Paul Wurth change de mains, ses salariés aussi
Avec le changement d'actionnaire, le demi-millier d'employés du groupe sidérurgique luxembourgeois ont-ils du souci à se faire? Les syndicats craignent que oui et demandent un rendez-vous avec le ministre de l'Economie.

Mais, jeudi, dans la réponse parlementaire cosignée par les ministres de l'Economie et des Finances, nulle trace du montant de la transaction. «Une clause de confidentialité a été signée sur ce point», informe l'administration. La somme sera seulement dévoilée aux parlementaires, notamment de la commission Economie, mais eux aussi devront garder bouche cousue sur la somme récoltée dans les caisses publiques après la vente des quelque 40% d'actions qui manquaient encore à SMS.

Selon les deux ministères, la transaction a abouti au terme d'«intenses négociations initiées à la demande du groupe SMS». Une étape qui marque le désengagement de l'Etat qui avait dû entrer dans le capital, «dans le contexte de la crise financière de 2008», en reprenant les parts possédées par Fortis Banque Luxembourg. «Aucun pacte d'actionnaires» n'ayant alors été convenu entre les diverses parties prenantes, les organismes publics pouvaient donc agir à leur guise en conservant ou cédant leur participation dans cette société emblématique de l'industrie nationale et désormais active sur l'ensemble de la planète avec près d'un millier de salariés.

Et c'est justement sur le devenir de ces emplois que les syndicats (OGBL et LCGB) avaient demandé des informations aux ministres impliqués dès février dernier. D'où cette insistance de Pierre Gramegna et Franz Fayot à souligner : «L'accord prévoit bien qu'au moins 300 à 350 employés à temps plein, soit l'emploi actuel de Paul Wurth hors filiales, seront maintenus au Luxembourg».


Wi , Ceratizit , Mamer , Serie Hidden Champions , Industrie in Luxemburg , Foto: Guy Jallay/Luxemburger Wort
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A compter du 1er mars, l'entreprise spécialisée dans la production d'outils de coupe et de métaux durs fera intégralement partie du groupe Plansee, leader mondial du secteur. Une annonce survenue mercredi qui suscite déjà certaines inquiétudes.

Dans la réponse parlementaire adressée au député socialiste Mars di Bartolomeo, les ministres estiment d'ailleurs que «la sortie des actionnaires minoritaires du capital de Paul Wurth ouvre la voie à un nouveau développement stratégique de l'entreprise au sein du groupe SMS». Cet optimisme s'appuie notamment sur la stratégie du groupe allemand à réagencer ses activités métallurgiques dans une unité commerciale «localisée à Luxembourg». Au passage, il est indiqué que les activités historiques dans le domaine de la fabrication d'acier et de fer ainsi que les activités futures métallurgiques de Paul Wurth «seront intégrées dans cette unité». 

Autre fait rassurant, à en croire le duo ministériel :  «Paul Wurth deviendra un centre stratégique de technologie et d'innovation pour la métallurgie verte du groupe SMS, notamment pour de nouvelles activités liées à l'hydrogène et de nouveaux procédés de digitalisation dans l'industrie sidérurgique». Là encore, cela devrait conforter les emplois sur le territoire luxembourgeois. 


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Le projet de construction du nouveau quartier en lieu et place des établissements Paul Wurth et Heintz van Landewyck comptera aussi suffisamment d'espaces de bureaux et de commerces pour 5.500 emplois.

D'ailleurs, le nom Paul Wurth ne devrait pas disparaître du paysage, et la firme pourra bientôt venir occuper son nouveau siège à Hollerich. Ce déménagement constituant d'ailleurs une nouvelle étape dans le projet immobilier prévu sur le secteur Gare de la capitale, Nei Hollerich

Sur ce point, il a d'ailleurs été confirmé que les actionnaires publics luxembourgeois et le groupe SMS «resteront les copropriétaires de l'activité immobilière exercée par Paul Wurth S.A. dans le quartier Hollerich». Cela se fera via une société distincte (constituée prochainement).

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