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«L'État doit accompagner financièrement les entreprises»
Économie 3 min. 22.01.2020 Cet article est archivé

«L'État doit accompagner financièrement les entreprises»

Michèle Detaille, la présidente de la Fedil, n'est pas convaincue par l'ensemble des mesures du Plan climat.

«L'État doit accompagner financièrement les entreprises»

Michèle Detaille, la présidente de la Fedil, n'est pas convaincue par l'ensemble des mesures du Plan climat.
Photo: Anouk Antony
Économie 3 min. 22.01.2020 Cet article est archivé

«L'État doit accompagner financièrement les entreprises»

Alors que Nicolas Buck, son prédécesseur à la présidence de la Fedil, affichait un optimisme certain, Michèle Detaille, la première femme nommée à ce poste, se montre plus circonspecte. A l'heure de la transition écologique, l'ex-femme politique belge demande l'aide du gouvernement.

(DH avec Pierre Leyers) - «Fondamentalement, nous ne remettons pas en question le Plan climatique», indique d'emblée Michèle Detaille, à l'occasion d'un entretien avec le Luxemburger Wort, avant de nuancer son propos. La première présidente non luxembourgeoise de la fédération représentant l'industrie du pays souligne que «les entreprises sont concernées par le Plan climat de deux manières. Il y a celles qui doivent changer leurs processus de production sans changer leurs produits. En d'autres termes supporter les coûts du changement, sans en tirer avantage. Et les autres qui bénéficient du Plan climat». 

C'est ainsi que les fabricants d'éoliennes ou encore de voitures électriques ont le vent en poupe. «Nous exigeons que l'État luxembourgeois, qui nous impose ces règles, accompagne financièrement les entreprises dans la modification de leurs processus de production, comme il le fait pour les citoyens.»

Pour celle qui était devenue, en 1983 à Vaux-sur-Sûre, la plus jeune bourgmestre de Belgique (25 ans), le risque est que «de nombreuses entreprises arrêtent leur production en raison des coûts». «Qu'est-ce qui peut empêcher un groupe international de fermer son usine au Luxembourg et de produire au Maroc ou en Corée du Sud?», dit-elle.


10.6. Wi / Konf Economist Club , Nicolas Buck Foto:Guy Jallay
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Une question qui en amène d'autres, notamment en ce qui concerne l'augmentation des accises sur les carburants et la volonté affirmée du gouvernement de sérieusement freiner le tourisme à la pompe. «En fin de compte, ce sont les citoyens qui doivent payer pour la perte de recettes publiques. D'autre part, l'augmentation devait-elle être si soudaine et si brutale? Quel est le but de cette mesure? Si c'est la lutte contre le changement climatique, alors l'objectif sera manqué. Que vous remplissiez votre réservoir à Habay-la-Neuve ou à Berchem, rien ne change pour le climat.»

Si l'ancienne députée du Parti libéral ne remet pas en cause le Plan climat, elle ne semble pas très convaincue. «Je suis préoccupée parce que ni le Green Deal ni le Plan climat ne fournissent des informations spécifiques sur un éventuel soutien financier aux entreprises pour réaliser la transition vers un avenir climatiquement neutre. La transition énergétique est décrétée d'en haut et je me demande comment nous pouvons atteindre l'objectif climatique de l'UE et rester compétitifs au niveau international.»

«Susciter l'intérêt des jeunes»

A ce propos, et pour rester dans la course à la compétitivité, la Fedil a placé cette année 2020 sous le thème «Back to School». A l'heure de la digitalisation, «la formation continue est une nécessité, tant pour les employés que pour les directeurs. Dans le même temps, en tant que Fedil, nous voulons nous rapprocher de l'école afin de susciter l'intérêt des jeunes pour les emplois de l'industrie.»

De même, avec sa campagne «Hello Future», la fédération des industriels luxembourgeoise entend «montrer aux jeunes que l'industrie n'est plus bruyante et sale, mais qu'elle est synonyme d'innovation et de progrès».  


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