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L'Etat au chevet de l'usine Liberty Steel
Économie 3 min. 11.03.2021 Cet article est archivé

L'Etat au chevet de l'usine Liberty Steel

Jeudi, les deux ministres socialistes Dan Kersch et Franz Fayot ont assuré l'usine d'aluminium qu'elle bénéficierait du soutien gouvernemental.

L'Etat au chevet de l'usine Liberty Steel

Jeudi, les deux ministres socialistes Dan Kersch et Franz Fayot ont assuré l'usine d'aluminium qu'elle bénéficierait du soutien gouvernemental.
Photo Archives: Anouk Antony
Économie 3 min. 11.03.2021 Cet article est archivé

L'Etat au chevet de l'usine Liberty Steel

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le gouvernement s'engage à assurer au site sidérurgique de Dudelange les garanties financières publiques nécessaires à sa survie. Une main tendue que le groupe saisira peut-être alors que son principal créancier vient de déposer le bilan.

«L’Etat ne laissera pas tomber le site de Dudelange.» Ce message, Dan Kersch et Franz Fayot l'ont d'une même voix adressé aux syndicats OGBL et LCGB qui, jeudi matin, interpellaient les deux ministres (Travail et Economie) sur le devenir de Liberty Steel à Dudelange. C'est qu'après la faillite déclarée de Greensills, financier officiel du groupe propriétaire de l'usine, la craintes d'un arrêt de toute l'activité du site est dans les esprits.

«A défaut de pouvoir s'assurer suffisamment de lignes de crédit maintenant, le groupe GFG va-t-il pouvoir rembourser ses dettes, honorer les factures de ses fournisseurs, voire même assurer les paies des 250 salariés au Luxembourg, mais aussi celles des employés des sites de Lorraine, de Liège, rien de moins sûr», commente Stefano Araujo, membre du bureau exécutif de l’OGBL.

Car ce n'est pas de commandes dont l'usine a maintenant besoin, mais bien de l'assurance d'être financée. Car avec la perte de Greensills, le magnat anglo-indien Sanjeev Gupta a perdu la principale source qui alimentait l'expansion de son groupe industriel. Groupe qui, en quelques années, a racheté à coups de millions empruntés des aciéries et fabriques d'aluminium. Maintenant que Greensills n'est plus là, l'empire semble prêt à s'effondrer comme un château de cartes.

Aux représentants syndicaux luxembourgeois, les deux ministres socialistes ont donc assuré un suivi qui irait bien plus loin que les accompagnements sociaux (type chômage partiel). Fayot et Kersch s'engageant à assumer les garanties bancaires nécessaires à la poursuite de la production sur le site passé d'ArcelorMittal à Liberty en 2019, en même temps que les sites de Liège. Arcelor qui d'ailleurs, depuis quelque temps et ne souhaitant pas avoir de factures impayées a cessé de livrer certaines matières premières aux entreprises du groupe... 

Saluant «l'engagement clair du gouvernement», OGBL et LCGB regardent maintenant comment le groupe GFG Alliance va trouver de nouveaux soutiens financiers. Sanjeev Gupta va taper certainement à bien des portes avant d'obtenir le moindre euro, mais rien ne dit que pour épurer une partie des dettes il ne lui faille démanteler son empire désormais insolvable sans l'appui de Greensill (à qui il devrait la bagatelle de 4,1 milliards de dollars). Chaque vente ramenant un minimum de liquidités.

D'ores et déjà, GFG Alliance a engagé deux nouvelles sociétés pour l'aider à sortir de cette mauvaise passe. Il s'agit de PJT Partners, banque d'investissement issue de Blackstone Group Inc. Mais aussi d'Alvarez & Marsal, société de conseil bien connue pour son travail dans le domaine du redressement et dont le siège est à New York.

Les ministres ont annoncé l'organisation d'entrevues «sans délai» avec le patron du groupe GFG Alliance afin de préparer un dossier avec les différents acteurs du ministère de l’Economie. Par la suite, les ministres ont assuré aux syndicats, l’organisation d’une réunion «modèle tripartite». 

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