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L'épidémie de covid-19 affaiblit même l'inflation
Économie 2 min. 06.05.2020

L'épidémie de covid-19 affaiblit même l'inflation

Les prix des produits alimentaires ont bien augmenté en avril, au Luxembourg.

L'épidémie de covid-19 affaiblit même l'inflation

Les prix des produits alimentaires ont bien augmenté en avril, au Luxembourg.
Photo : Shutterstock
Économie 2 min. 06.05.2020

L'épidémie de covid-19 affaiblit même l'inflation

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En provoquant l'effondrement des tarifs pétroliers, la crise sanitaire pourrait ralentir la hausse des prix à la consommation sur l'année. Au Luxembourg, le Statec revoit donc à la baisse ses pronostics d'inflation à +0,6% pour 2020.

Oui, les prix de l'alimentaire ont bien augmenté ces dernières semaines. De 1,7% en avril sur un mois (+ 4,3% par rapport aux valeurs 2019), relève dans sa dernière publication le Statec. Mais que l'on ne s'y trompe pas: si sur des secteurs bien spécifiques, les étiquettes ont pris quelques euros depuis la mi-mars, l'effet global de la pandémie de coronavirus pourrait bien être positif sur la flambée des prix. Ainsi, le service de statistiques luxembourgeois révise à la baisse ses prévisions d'inflation. 

Cette inflation qui flirtait encore avec les 2% début 2020 au Luxembourg a en effet brutalement chuté ces dernières semaines. S'établissant à 0,6% en avril dernier. Et c'est ce même taux que le Statec envisage désormais pour l'ensemble de l'année (contre +1,9% auparavant). La cause est à rechercher du côté des marchés pétroliers. En effet, faute d'activité industrielle et de déplacements, le baril a atteint des coûts historiquement bas, négatifs même à l'occasion. Pesant massivement dans l'indice des prix, la chute des prix pétroliers se répercute donc sensiblement (pour 90% selon les analystes) sur l'ensemble de la prévision pour le Grand-Duché.


L'activité a chuté de 25% au pic de la crise
Même si l'économie a connu un coup de frein impressionnant, pendant de longues semaines, le Statec révèle que le Luxembourg s'en sort certainement mieux que les pays voisins. Le poids du secteur financier jouant en sa faveur.

Pour le Statec, l'offre de biens et de services sur le marché national devrait d'ailleurs se sortir de la crise sans trop de dégâts. Les mesures de soutien budgétaire octroyées par l'Etat aux ménages comme aux entreprises devant permettre un redémarrage plutôt serein.

Par contre, le scénario pour les mois à venir serait nettement moins favorable à une croissance de la consommation et des capacités d'investissement des particuliers. En perte de revenus tout de même, les résidents seraient davantage susceptibles de s'orienter vers l'épargne de précaution. De plus, les prévisionnistes envisagent un freinage de la hausse des salaires. 

Moins de volonté (ou de capacités) de dépenser face à une offre en biens proche du niveau d'avant l'épidémie, voilà qui devrait donc permettre de juguler encore un peu plus toute tendance à la hausse des prix. Sachant que même dans un scénario dit "haut", le Statec ne prévoit guère plus que +0,7% d'augmentation de l'inflation (contre 0,6 dans un scénario "central") pour 2020.

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