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L'électrique ne fait pas le plein lors de l'Autofestival
Économie 4 min. 10.03.2020 Cet article est archivé

L'électrique ne fait pas le plein lors de l'Autofestival

Les visiteurs de la dernière édition de l'Autofestival étaient particulièrement préparés, selon nos différents interlocuteurs.

L'électrique ne fait pas le plein lors de l'Autofestival

Les visiteurs de la dernière édition de l'Autofestival étaient particulièrement préparés, selon nos différents interlocuteurs.
Photo: Chris Karaba
Économie 4 min. 10.03.2020 Cet article est archivé

L'électrique ne fait pas le plein lors de l'Autofestival

Les visiteurs de la dernière édition du salon ont porté une attention toute particulière aux motorisations zéro émission. Pourtant, les acheteurs, dans leur grande majorité, n'ont pas franchi le pas de l'électrification. Tour d'horizon chez quelques concessionnaires en attendant les conclusions de la fédération des distributeurs.

 (DH) - Alors que le gouvernement, pour son parc de véhicules, s'est imposé des motorisations zéro émission à l'horizon 2025, le véhicule électrique, à ce jour, reste encore une histoire du «vert» à moitié plein pour les particuliers. Et ce, même si un réel intérêt pour cette nouvelle technologie s'exprime de plus en plus. 

«Nous avons eu affaire à un "trafic" de qualité», avance Philippe Blanc, senior manager chez Renault. «A l'heure du digital, les visiteurs de notre showroom sont arrivés avec un projet d'achat déjà mûri», indique-t-il encore. Même son de cloche du côté de la concession BMW Muzzolini, à Esch-sur-Alzette, avec «clients très bien informés, qui se renseignent mais qui savent ce qu'ils veulent».


Lokales, Autofestival 2020, Fiat, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
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En attendant les prochaines conclusions de la Fédération de l'automobile (Fedamo), trois profils d'acheteurs se détachent. Les prudents qui effectueront leur choix en fonction de prochaines évolutions technologiques ou de nouvelles incitations. Les convaincus qui franchissent le pas de l'électrique ou de l'hybride en toute connaissance de cause. Et les hédonistes du volant.

Pour les premiers, et malgré les aides de l'Etat allant jusqu'à 5.000 euros, «l'autonomie reste un problème tout autant que le prix d'achat supérieur à un modèle essence ou diesel», pour Hugo Borges de chez BMW. Pour ceux qui ont décidé de passer à l'électrification à 100%, ce sont les petites citadines qui ont eu les faveurs du grand public. «Nous avons doublé nos ventes de notre modèle Zoé en surfant sur deux actualités, la version 2020 qui venait de sortir couplée à la mise en avant de la mobilité durable», commente-t-on chez Renault qui en a vendu une quarantaine d'exemplaires. 

Un chiffre à mettre en rapport avec les 60 exemplaires vendus au premier semestre de l'année dernière, mais qui n'avaient représenté que 0,5% de l'ensemble des ventes. Chez Renault, les modèles Clio et Capture restent les fers de lance de la marque, «mais les versions hybrides gagnent du terrain», précise-t-on. Car si l’électrique peine à trouver son créneau, l’hybride a fait son trou semble-t-il. 

Et pour cause. «Chez BMW, comme pour toutes les marques européennes, un minimum de 20% des ventes doivent être réalisés en hybrides ou en électriques sous peine d'amendes. Par véhicule et par gramme de CO2 émis, ça peut chiffrer très vite», rappelle Hugo Borges.

Dans ce contexte, Mercedes-Benz Belgique-Luxembourg, sans toutefois révéler de chiffres, se félicite du succès de ses motorisations alternatives. «La gamme de véhicules compacts a rencontré un très grand succès, poussée notamment par les lancements du GLA et du GLB ainsi qu'une demande toujours très soutenue pour la Classe A. Par ailleurs, le relifting du GLC a particulièrement été apprécié.»


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Toutes marques confondues, le succès des SUV ne se dément pas malgré ses détracteurs. Son habitabilité, la sensation de sécurité qu'il procure et son volume intérieur ont capté une grande partie de la clientèle de l'Autofestival. Et si les motorisations hybrides, comme celle du dernier X5, ont séduit une certaine clientèle, les moteurs thermiques n'ont pas été détrônés. 

En effet, il y a un an, les ventes de moteurs à essence avaient augmenté de 7,9%, tandis que le nombre de diesels vendus avait diminué d'environ 7 %. La tendance semble s'être confirmée, surtout dans le haut de gamme. «Certains clients se sont même dit: "Je me fais plaisir une dernière fois, avec un véhicule puissant, et ce malgré l'augmentation de diverses taxes et la crainte de ne plus pouvoir circuler dans certains centres-ville"», affirme-t-on chez les concessionnaires des marques allemandes.


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Pourtant, poussées par les directives européennes, les motorisations alternatives s'imposent peu à peu. «Le futur est électrique», a déclaré le patron de Porsche pour l'Amérique du Nord, Klaus Zellmer, en soulignant que plus de la moitié des véhicules produits par le constructeur allemand utiliseraient l'énergie électrique à compter de 2025. 

Mais ce n'est pas seulement Porsche, c'est tout le groupe Volkswagen qui met le turbo sur l'électrique. Le groupe allemand souhaite investir 60 milliards d'euros dans la voiture du futur, pour vendre 26 millions de voitures électriques dans le monde d'ici 2029. 


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