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"L'économie ne s'est jamais aussi bien portée"
Ici en discussion avec le ministre des Finances, Etienne Schneider s'est félicité de la croissance et de la baisse du chômage

"L'économie ne s'est jamais aussi bien portée"

Pierre Matgé
Ici en discussion avec le ministre des Finances, Etienne Schneider s'est félicité de la croissance et de la baisse du chômage
Économie 4 min. 10.08.2018

"L'économie ne s'est jamais aussi bien portée"

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Il n'aura pas son étoile dans le sol de la plus prestigieuse «avenue» luxembourgeoise, le boulevard Royal, où est établi son ministère, mais Etienne Schneider espère avoir marqué de son empreinte son passage à l'Economie. En streaming et sous les projecteurs.

Les deux projecteurs sont allumés depuis une demi-heure. 

La secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, est sagement assise au fond de la salle. 

Mais la température aura le temps de monter de trois ou quatre degrés avant que le ministre de l'Economie n'arrive dans le bâtiment du ministère de la Coopération où il a donné rendez-vous aux journalistes au beau milieu de l'été. 

Ce n'est pas qu'il soit plus près du ministère d'Etat qu'il espère occuper bientôt mais cette salle permet de retransmettre la conférence de presse en direct. Site du gouvernement, réseaux sociaux, partout, l'équipe du ministre a rappelé que «l'événement» aurait lieu à partir de 10h30. 

 Sur le podium en deux temps trois mouvements, Etienne Schneider entame un de ses coups de «personal branding» qui agacent le Premier ministre, sept minutes pour lui, sept minutes pour sa secrétaire d'Etat et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il déborde sur l'espace et sur les critiques. 

Big Four et Mickey Mouse 

«L'économie ne s'est jamais aussi bien portée qu'aujourd'hui. C'est un fait», commence-t-il. «Rien que sur la dernière année, la croissance est supérieure à 4 %, le chômage est descendu sous les 5,5 % avec une tendance à la baisse qui se poursuit.» 

«En décembre 2013, nous avons eu un certain nombre de conversations avec ceux que l'on appelle le Big Four. Deux d'entre eux nous disaient qu'avec les efforts pour lever le secret bancaire et faire du Luxembourg une place financière propre, nous n'atteindrions plus jamais une croissance supérieure à 2 %. Pareil pour le chômage, qui ne pourrait plus descendre en dessous de 7 %.» 

 «C'est vrai, vous pourriez dire que cela va mieux partout en Europe, mais nos résultats sont trois fois meilleurs que la moyenne européenne», poursuit le ministre. 

Comme il l'avait déjà fait en mars dans le rapport annuel pour 2017 sur 129 pages, le vice-Premier ministre enchaîne les autosatisfecits et rappelle les 16 % d'emplois dans le digital, l'eurohub du sud et la logistique, l'innovation dans l'automotive, dans la santé et les biotechs, dans l'économie circulaire et dans le space mining, l'importance des PME et du tourisme et donc d'avoir intégré les classes moyennes à son ministère pour la première fois. 

89 millions pour les PME 

«Sans industrie, le pays serait un pays de Mickey Mouse», ajoute-t-il pour évoquer la présence de grands groupes et le milliard d'euros et demi qu'ils ont investis sous cette législature. 

«Tout le monde n'est pas fait pour travailler dans la finance. Et une banque peut déménager du jour au lendemain alors qu'un investissement industriel s'inscrit dans le long terme, de manière plus durable.» 

Jusqu’en 2022, 89 millions d’euros viendront soutenir le développement des PME, une hausse de 27 % par rapport aux cinq années précédentes. 

Plus les 60 millions d'euros du plan quinquennal en faveur du tourisme pour soutenir ce secteur de 2018 à 2022 en s’inspirant de la stratégie «Tourisme 2022», a rappelé la secrétaire d'Etat à l'Economie. 

 Au total, le ministère de l’Economie a versé pendant la période 2014-2018 440 millions d’euros sous forme d’aides aux entreprises pour l’ensemble des différents régimes d’aide. 

Un mot de Rifkin, un mot d'emobilité, un mot de Nation Branding, un mot d'artisanat, de High Performance Computer ou encore d'économie circulaire, la revue à 360 degrés des activités de ce ministère central prendrait beaucoup plus que l'heure qui lui est consacrée. 

 Le ministre assure que la venue de Google et de son centre de données rentre dans la stratégie du pays, que Fage, qui n'a pas encore sorti un yaourt, a déjà payé 60 millions d'euros d'impôts et que le départ de Knauf à Illange se traduira cyniquement par l'obligation pour les Luxembourgeois d'importer de la laine de roche. 

51e minute, le ministre assume être devenu la tête de liste socialiste pour s'en prendre aux chrétiens-sociaux qui «voudraient moins de croissance mais ne disent jamais comment ils font!» 

Les projecteurs peuvent s'éteindre. 

La seule prise est bonne. 

Le ministre peut aller chez le dentiste.

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