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L'artisanat se sent trop à l'étroit
Économie 4 min. 27.10.2021
Implantations

L'artisanat se sent trop à l'étroit

Certains petites structures, faute de trouver des terrains ou des locaux leur correspondant, seraient prêtes à aller voir de l'autre côté des frontières désormais.
Implantations

L'artisanat se sent trop à l'étroit

Certains petites structures, faute de trouver des terrains ou des locaux leur correspondant, seraient prêtes à aller voir de l'autre côté des frontières désormais.
Photo : Anouk Anthony
Économie 4 min. 27.10.2021
Implantations

L'artisanat se sent trop à l'étroit

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Trop peu de terrains disponibles sur les zones d'activités du pays, des prix au m2 trop élevés : voilà qui nuit à l'installation ou au développement des entreprises artisanales au Luxembourg. Elles seraient 200 à rechercher un site.

C'est bon signe. Les entreprises artisanales que vient de sonder la Chambre des métiers ont des fourmis dans les jambes. Ou disons des envies d'extension ou de déménagement. A évaluer les attentes en matière d'installation d'un nouvel atelier, pour disposer d'un stockage plus vaste ou créer une succursale, le besoin de surfaces aménageables atteindrait les 73 hectares. Mais où trouver ces terrains?


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Certainement pas sur les zones d'activités économiques régionales (ZAE) luxembourgeoises. Et cela même si les 18 zones réparties sur le territoire national ont justement comme vocation l'accueil des structures artisanales, de petite ou moyenne taille. Sur les quelque 300 ha à disposition (chiffre 2018), à peine une dizaine d'hectares seraient encore disponibles. De quoi sérieusement freiner les élans...

Sauf que d'anecdotique, le sujet est devenu problématique maintenant. Au point de susciter les craintes de la Chambre des métiers qui en appelle à «une vraie volonté politique» pour reprendre les termes de son directeur Tom Wirion. Le message a déjà été passé au ministre de l'Economie, Franz Fayot (LSAP). «Il ne conteste pas cette réalité mais n'y apporte pas de solution», regrette-t-on au sein des représentants du secteur «le plus porteur d'emplois» du Grand-Duché. 

Petits moyens contre gros loyers

L'an passé, près de 200 entreprises artisanales (représentant quelque 5.000 salariés) étaient ainsi à la recherche qui d'un nouveau terrain où s'installer, qui d'une nouvelle halle où poser ses machines ou emmagasiner ses produits. Mais face à leur attente, guère de possibilités géographiques. «Si des terrains libres existent, il faut les mobiliser pour notre secteur, prêche Tom Wirion pour sa paroisse. Il ne faut pas croire que la question des réserves foncières disponibles se pose seulement pour l'habitat...»

Sans oublier la question des prix des aires disponibles ou des locaux proposés à la vente ou à la location. Le m2 se monnaie à prix d'or, et souvent pas sans correspondance avec les moyens financiers des PME ou TPE dans l'attente d'un terrain ou d'un bâtiment. 

«Les communes doivent aussi prendre conscience de ce problème. Et si elles veulent conserver de l'activité, des services et donc du monde sur leur territoire, elles doivent aussi penser à adapter les loyers exigés pour certains des biens dont elles assument la gestion.»

A plusieurs reprises, à la Chambre des métiers, certains artisans sont allés jusqu'à évoquer la possibilité d'une installation/déménagement à l'étranger. Terrains moins coûteux et collectivités attendant les investisseurs à bras ouverts étant des sirènes auxquels il va s'avérer difficile de résister pour certains. «Alors quoi?, questionne le directeur de la Chambre, on va laisser partir nos entreprises sans bouger. Certes, c'est la Grande Région mais le gouvernement compte tout de même sur le tissu artisanal pour dynamiser l'économie ou soutenir la transition écologique, non?»

Et s'il faut aider les ministres à trouver des solutions, la Chambre (qui regroupe 7.000 enseignes) est prête à avancer des idées. A commencer par la création de nouvelles ZAE. Une promesse souvent évoquée mais rarement tenue. 

Il pourrait être aussi question de mettre à disposition des surfaces vierges sur les zones nationales d'activité, initialement destinées à l'accueil d'usines. L'échec du projet Knauf, d'abord, et Fage ensuite, a montré combien il était maintenant difficile d'implanter de gros industriels. «Alors pourquoi ne pas décider de miser sur les zones d'industrie et d'artisanat? Cela éviterait des vides d'un côté et une pression insatisfaite de l'autre.»


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Voilà pour les possibilités «faciles à mettre en oeuvre», mais la Chambre estime qu'un toilettage des procédures d'installation des artisans serait tout aussi bénéfique au développement des activités. «Le rythme des étapes pour viabiliser un terrain, obtenir une autorisation de stockage est encore bien trop long. Ce manque d'agilité finit par décourager», estime Tom Wirion. Sans oublier tous ces projets de création d'entreprise mort-nés faute d'avoir trouvé un lieu où prendre racines. 

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