L'allié de LuxTrust en première ligne: Révolution dans le contrôle des passagers
Les "voyageurs de confiance" ne devraient plus tarder à faire leur apparition avec une technologie du futur

L'allié de LuxTrust en première ligne: Révolution dans le contrôle des passagers

AFP
Les "voyageurs de confiance" ne devraient plus tarder à faire leur apparition avec une technologie du futur
Économie 4 min.07.02.2018

L'allié de LuxTrust en première ligne: Révolution dans le contrôle des passagers

Thierry Labro
Thierry Labro

Cambridge Blockchain, avec laquelle LuxTrust est associée depuis mai dernier, est une des 16 sociétés repérées par le Forum économique mondial pour préparer la révolution du contrôle d'identité des passagers. Décodage.

par Thierry Labro

Les terroristes ont gagné. La peur, distillée à coups d'attentats aveugles, coûte une fortune aux aéroports. En dix ans, ces points de départ vers nos vacances ou nos déplacements professionnels ont plus que doublé leurs investissements dans la sécurité, à plus de 7,6 milliards de dollars

Pourtant, les files de passagers s'allongent devant les portiques technologiques et ce n'est pas près de se terminer: d'ici 2030, le nombre de voyageurs devrait augmenter de 50 %, à près de deux milliards

A elle seule, l'Inde entend ouvrir 150 aéroports d'ici 2020, qui viendront s'ajouter aux 95 infrastructures qui existent. 

Le Luxembourg n'échappe pas à cette tendance mondiale: en dix ans, l'aéroport du Findel a doublé le nombre de passagers accueillis chaque année, de 1,64 million en 2007 à 3,6 millions l'an dernier. Avec 362.243 passagers pour le seul mois de juillet, le temps où vous pouviez arriver au Findel au dernier moment, effectuer le check-in, passer le contrôle de sécurité et embarquer en quinze minutes chrono est révolu. 

Comment maintenir un temps d'attente «civilisé» 

Fin octobre, son directeur, Johan Vanneste, nous confiait s'interroger sur la bonne technologie à adopter: nouvelles bornes de check-in, système de guidage des passagers par leur téléphone portable, nouveaux scanners plus performants... et «trusted travellers», les voyageurs de confiance. 

«Comment maintenir un temps d'attente civilisé?», s'interrogeait-il. 

L'enjeu est énorme. Les revenus directs de l'aviation, du tourisme et des voyages ont atteint 2.300 milliards de dollars en 2016 et génèrent 109 millions d'emplois. 

Le Forum économique mondial (WEF) a aussi calculé les effets induits de ce secteur et les totaux passent à 7.600 milliards de dollars et 292 millions d'emplois. Soit un emploi sur dix à l'échelle de la planète. 

Lors de sa dernière session à Davos, sous haute surveillance en raison de la participation du président américain Donald Trump, les experts se sont penchés – plus discrètement – sur une initiative destinée à fluidifier le trafic dans les aéroports. 

Un voyageur profilé de son plein gré 

Sur 42 pages, le «The known traveller, unlocking the potential of digital identity for secure and seamless travel» identifie seize endroits problématiques dans la vie d'un voyageur, comme l'obtention d'un visa, le booking, le contrôle aux portes de départ ou de sortie ou encore le contrôle de sécurité. 

La quatrième révolution industrielle permettrait, selon les rapporteurs, d'économiser 20 milliards de dollars en coûts et temps et 120 milliards de dollars en cas d'attaque terroriste, entre 2016 et 2025, à condition d'investir dans une nouvelle expérience de voyage pour 10 milliards de dollars. 

Ce que le directeur de lux-Airport appelle le «trusted travellers» devient le «known traveller digital identity» (KTDI). Le voyageur devient acteur de sa propre expérience en acceptant d'être profilé par les acteurs étatiques et privés (comme les loueurs de voitures, les hôtels et les compagnies aériennes). 

Données contre attente, un deal à équilibrer 

Basiquement expliqué, la KTDI reprend tous les éléments de biométrie (empreintes, reconnaissance faciale, veines de la main, signature), biographiques (date de naissance, nationalité, genre, etc.), les visas, les diplômes, certificats de vaccination et autres historiques des vols, numéros de permis de conduire et relations avec la justice du voyageur. 

En échange, il pourrait avoir accès à des lignes de contrôle allégées et plus rapides. Le voyageur y gagne en temps, l'administration en charge de contrôle, en coûts et en temps, sans mettre en péril les impératifs de sécurité. 

 Le WEF a identifié les seize sociétés qui sont les plus en pointe de ce secteur, dont la «Cambridge Blockchain», parmi les mieux classées parce qu'elle offre le contrôle de ses données directement à l'utilisateur. 

  • Pascal Rogiest, président-directeur général de LuxTrust. Le 15 mai dernier, LuxTrust annonçait un partenariat avec une start-up américaine – qui a son quartier général européen à Paris – Cambridge Blockchain, pour développer une plate-forme qui permette à chaque utilisateur de mieux contrôler ses données individuelles.

  • Pour l'instant, quand vous voulez louer une voiture, en ligne, vous êtes obligé de donner toute une série d'informations sur vous. Ensuite, vous ne savez pas ce que deviennent ces informations. La plate-forme, basée sur la technologie blockchain, va obliger le service de location de voiture à venir demander les informations dont il a besoin. L'utilisateur, vous, moi ou un fournisseur de services que vous utilisez, dira si oui ou non il est d'accord pour ce partage de données. En mai entre en vigueur le règlement européen sur la protection des données. Le loueur de voiture doit s'engager à n'utiliser vos données que dans le cadre défini de votre contrat. Avec le GDPR, le client pourra exiger un rapport sur l'utilisation qui a été faite de ses données. Or, avec la technologie de blockchain, tout partage sera inscrit et infalsifiable. Les informations ne seront pas conservées dans la nature, mais auprès de LuxTrust, dans un univers crypté et sécurisé.

  • Non, ce service sera offert dans le cadre de votre contrat avec LuxTrust. Aujourd'hui, vous avez LuxTrust pour gérer vos transactions bancaires, demain vous l'aurez pour gérer ce que nous appelons «vos attributs». Nous sommes toujours en développement avec Cambridge Blockchain. Au deuxième trimestre, nous allons lancer une version Beta auprès de fournisseurs qui étaient intéressés et que nous avons retenus et normalement, le service sera lancé après l'été.

  • C'est un partenariat. C'est une jeune start-up fondée par des chercheurs du MIT et qui est arrivée à Paris après une levée de fonds. Ils amènent la technologie blockchain et nous le reste. Et nous allons cogérer ce projet.

C'est le partenaire de LuxTrust depuis mai dernier. Les deux parties devraient lancer une plate-forme de contrôle de ses données au début du dernier trimestre, confiait hier matin le président-directeur général de LuxTrust, Pascal Rogiest, joint par téléphone. 

Mais le rapport du WEF n'est pas une bouteille à la mer. Concept en 2017, prototype cette année, pilote l'an prochain et déploiement en 2020. Et le Canada a déjà indiqué qu'il serait prêt à expérimenter ce nouveau concept à grande échelle aussi vite que possible.


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