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L'aciérie de Dudelange deviendra «roumaine»
Économie 3 min. 28.06.2021
Sidérurgie

L'aciérie de Dudelange deviendra «roumaine»

Sidérurgie

L'aciérie de Dudelange deviendra «roumaine»

Photo: Lex Kleren/archive
Économie 3 min. 28.06.2021
Sidérurgie

L'aciérie de Dudelange deviendra «roumaine»

Pour assurer son avenir malgré la faillite de son principal créancier, le groupe Liberty Steel annonce ce lundi se restructurer. Le site luxembourgeois et son homologue de Liège intégreront l'entité basée en Roumanie.

(Jmh avec Marco Meng) - Si les solutions pour pérenniser l'avenir du site de Dudelange étaient cherchées hors du groupe Liberty Steel, une réorganisation interne s'amorce. Dans un communiqué publié lundi, GFG Alliance annonce que le groupe a l'intention de fusionner les activités sidérurgiques actives au Luxembourg, en Belgique et en Italie avec celles présentes en Roumanie.


Wirtschaft, Piquet, Liberty Steel, Présidents, Robert Fornieri LCGB, Stefano Araujo OGBL  Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
«L'usine de Dudelange ne pourra pas passer l'été»
Trois mois après la faillite du principal créancier du groupe GFC-Alliance, propriétaire de Liberty Steel, OGBL et LCGB revendiquent vendredi une prise de contrôle partiel de l'Etat. Et ce, le plus rapidement possible afin de sauver les 220 emplois de l'usine de galvanisation.

Pour permettre cette opération et rembourser ses dettes après la faillite de Greensill Capital, principal créancier du groupe sidérurgique, ce dernier envisage «une restructuration complète» et s'apprête à vendre ses activités dans le domaine de l'aérospatiale et des alliages spéciaux au Royaume-Uni. Ce qui doit officiellement permettre de «recentrer les activités du groupe, de protéger les emplois et de développer davantage ses actifs restants», selon le communiqué officiel.

Concrètement,  GFG Alliance entend se concentrer sur «les unités rentables de base» et miser sur le développement des énergies renouvelables. Ce qui va se traduire par le développement des aciéries Liberty Ostrava, en République tchèque, et Liberty Galati en Roumanie. Dans ce contexte, la fusion de Liège-Dudelange (Belgique et Luxembourg) et de Liberty Magona (Italie) au sein de l'organisation Liberty Galati doit permettre «d'optimiser l'intégration opérationnelle entre les trois usines». 


Liberty Steel Dudelange sous perfusion de l'Etat
En pleine tempête en raison du dépôt de bilan du principal financier de leur maison-mère, le site luxembourgeois fonctionne au ralenti et une majorité des personnels se retrouvent au chômage partiel, indiquent les syndicats.

Dans le cadre de la restructuration, Galati, la plus grande aciérie intégrée de Roumanie, deviendra le principal fournisseur de bobines laminées à chaud (bobines d'acier plat) aux usines du Luxembourg et de la Belgique. «Les premières phases de ce programme de restructuration ont déjà commencé», ajoute GFG dans son communiqué. Les premières livraisons en provenance de Roumanie devraient arriver dans les prochaines semaines à Dudelange, «afin qu'elle puisse redémarrer ses lignes peu après.» 

Outre le circuit d'approvisionnement, la restructuration devrait conduire à d'autres synergies dans différents domaines tels que les achats, l'informatique ou la comptabilité. A noter que cette annonce intervient la veille d'un échange à la Chambre sur l'avenir du site de Dudelange. Contacté lundi, le ministère de l'Economie indique que Franz Fayot (LSAP) «réalisera une déclaration sur la situation de l'usine de Dudelange à la Chambre mardi après-midi», sans en dévoiler la nature. De son côté, Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB, contacté lundi, se dit «surpris par cette annonce qui n'a jamais été discutée avec nous» et parle de «provocation» et de «manque de respect envers le dialogue social». 


«La politique européenne ne doit pas détruire d'emplois»
Alors que trois quarts des salariés de l'usine Liberty Steel Dudelange se retrouvent au chômage partiel en raison de la faillite du principal créancier de l'entreprise, plusieurs eurodéputés demandent à la Commission d'intervenir, jugeant que la situation résulte des critères imposés par Bruxelles.

Si le représentant du syndicat majoritaire dans l'usine précise que «la possibilité de faire des approvisionnements via le site de Galati a été évoquée, rien de concret n'est venu à ce jour». Et ce dernier de réaffirmer «rester sur ses positions, à savoir ne plus travailler avec le groupe Liberty». Une réunion avec la direction luxembourgeoise du groupe est prévue mercredi, le syndicaliste attend et souhaite «vouloir être surpris par les annonces à venir», mais que ces dernières «soient accompagnées de garanties bien plus solides que ce qui a été réalisé jusqu'à présent».

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L'annonce, lundi, de la suppression de 153 postes dans les différentes usines wallonnes du groupe soulève des interrogations au Grand-Duché, en raison de l'interdépendance des sites. D'autant que le site luxembourgeois fonctionne toujours au ralenti.
Wirtschaft, Piquet, Liberty Steel, Présidents, Robert Fornieri LCGB, Stefano Araujo OGBL  Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
Intervenu mardi à la Chambre, le ministre de l'Economie n'a pas caché son scepticisme quant aux annonces de restructuration faites lundi par Liberty Steel pour l'usine de Dudelange. Franz Fayot y préfère la recherche de nouveaux partenaires industriels.
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Franz Fayot est revenu, mardi, à la tribune de la Chambre sur la situation de l'usine de galvanisation quelques jours après avoir détaillé à huis clos la situation aux membres de la commission Economie. Avec une inquiétude non dissimulée pour les quelque 220 salariés du site.
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