Justice

Le journaliste de Luxleaks porte plainte contre PwC

Edouard Perrin à la Cour supérieure de justice ce jeudi
Edouard Perrin à la Cour supérieure de justice ce jeudi
Guy Jallay

(pso) - Le journaliste français accusé puis acquitté lors du procès Luxleaks poursuit le cabinet d'audit luxembourgeois PwC en justice. Edouard Perrin, 46 ans, assigne en référé la firme de Gasperich devant le tribunal de grande instance de Metz «aux fins de rétractation d'une ordonnance rendue sur requête».


L'investigateur-en-chef d'Elise Lucet dans le magazine télévisé Cash investigation (France 2) reproche à PwC d'avoir outrepassé ses droits dans le cadre de son enquête visant à déterminer la responsabilité d'un de ses employés dans la fuite de données confidentielles.

Perquisition au domicile d'un salarié


Les faits reprochés remontent à novembre 2014 quelques semaines après les révélations Luxleaks. Les métadonnées de certains documents avaient permis à la firme de remonter jusqu'à l'un de ses responsables administratifs Raphael Halet.

La société PwC avait demandé par voie de requête en date du 26 novembre 2014 à la présidente du tribunal de grande instance de Metz d'ordonner «des mesures d'instruction à l'encontre de son salarié résidant en France (...) contre lequel elle nourrissait des soupçons, en désignant un huissier chargé de se rendre à son domicile et d'établir la liste des documents relatifs à l'activité de l'entreprise qu'il détenait», lit-on dans l'assignation dont le «Luxemburger Wort» s'est procuré copie.


Le plaignant Edouard Perrin et son avocat parisien Fiodor Rilov entendent démontrer que les conditions posées par le code de procédure civile pour autoriser l'enquête «ne sont pas remplies».


Un reportage d'Envoyé Spécial diffusé en octobre 2016 revient sur la perquisition organisée au domicile de Raphaël Halet. Le vendredi 28 novembre 2014, deux gendarmes se rendent au domicile de Raphaël Halet, hospitalisé ce jour. «Avec eux un représentant de la société PricewaterHouseCoopers, mais aussi un huissier, un serrurier et un expert informatique», expliquent les journalistes. «A l'exception des gendarmes, tous sont payés par 'Price'», entend-on encore (à partir de la 28ème minute).


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PwC est assignée à comparaître le 28 novembre au tribunal de Metz. Contactée, la firme n'a pas encore répondu à notre sollicitation.


«Un lanceur d’alerte, ou de manière plus large, la source d’un journaliste ne doit plus être à l’avenir la victime d’un guet-apens judiciaire orchestré par une multinationale avec l’assentiment d’un magistrat français», commente la maison de production Premières Lignes, employeur d'Edouard Perrin.


Plaidoiries de Luxleaks en cassation ce jeudi


«Comment une multinationale étrangère, a-t-elle pu se rendre au domicile d’un citoyen français et saisir sa correspondance avec un journaliste, le tout assistée par la force publique française?», commente encore l'agence de presse travaillant pour deux des principaux magazines d'enquête en France, Envoyé Spécial et Cash investigation. 

Les juges luxembourgeois entendaient ce jeudi matin les plaidoiries des lanceurs d'alerte, Antoine Deltour et Raphaël Halet. Les deux Français tentent dans un ultime recours au Luxembourg de casser leur condamnation du mois de mars. Le premier a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende, le second à 1.000 euros d'amende. Le délibéré est fixé au 11 janvier.

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