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Japon: Ghosn va comparaître pour clarifier les motifs de sa détention
Économie 3 min. 04.01.2019

Japon: Ghosn va comparaître pour clarifier les motifs de sa détention

Japon: Ghosn va comparaître pour clarifier les motifs de sa détention

AFP
Économie 3 min. 04.01.2019

Japon: Ghosn va comparaître pour clarifier les motifs de sa détention

Le PDG de Renault Carlos Ghosn va, à sa demande, comparaître rapidement devant un tribunal et obliger ainsi le procureur à clarifier publiquement le motif de sa détention prolongée.

AFP - Les raisons pour lesquelles cette requête intervient maintenant n'ont pas été précisées vendredi, alors que M. Ghosn est maintenu en garde à vue depuis plus d'un mois et demi.


Carlos Ghosn, PDG de Renault depuis 2009, gagne plus de 7 millions d'euros par an. Au titre de PDG de Nissan, il avait touché pour la période d'avril 2016 à mars 2017, 8,8 millions d'euros.
Le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, arrêté au Japon
Carlos Ghosn, PDG de Renault et un des plus grands patrons d'industrie au monde, a été arrêté à Tokyo selon les médias, accusé de malversations par la justice après une enquête interne de Nissan, qui veut le démettre de son poste au plus vite.

Selon le tribunal de Tokyo, l'ex-patron de Nissan a déposé via ses avocats une requête en application de l'article 34 de la Constitution japonaise qui précise qu'une personne retenue peut exiger que le motif précis de sa détention soit exposé «lors d'une séance publique au tribunal».

La justice ne peut refuser cette demande qui doit lui permettre de comparaître en personne avec son avocat. «Aucune date n'a été encore été fixée», a précisé le tribunal, mais selon les médias, la comparution doit avoir lieu dans un délai de 5 jours.

M. Ghosn, arrêté le 19 novembre et détenu depuis, est contraint au silence, et ses avocats, qui ne peuvent pas assister aux interrogatoires et n'ont pas accès aux pièces du dossier, ne s'expriment pour ainsi dire pas.

Ce nouveau rebondissement intervient alors que le tribunal de Tokyo a décidé lundi dernier de prolonger de nouveau de 10 jours, jusqu'au 11 janvier, la garde à vue de l'ex-patron de Nissan dans le cadre d'un troisième mandat d'arrêt, sur des soupçons d'abus de confiance.

Concrètement, le bureau des procureurs lui reproche d'avoir fait couvrir par Nissan «des pertes sur des investissements personnels» au moment de la crise financière d'octobre 2008, ce qu'il nie selon ses avocats cités par les médias. La somme incriminée s'élève à 1,85 milliard de yens (14,5 millions d'euros). Pour résoudre ce problème financier, il aurait obtenu qu'un ami d'Arabie saoudite se porte garant et aurait effectué des virements d'un montant équivalent sur le compte de ce dernier depuis un compte d'une filiale de Nissan.

Nouveaux soupçons

Ce type de délit est normalement prescrit au bout de 7 ans, mais la loi permet de suspendre le décompte lors des séjours à l'étranger, nombreux dans le cas de M. Ghosn qui passait seulement un tiers de son temps au Japon.


Ghosn reste en prison sur des charges supplémentaires
Nouveau rebondissement judiciaire, Carlos Ghosn a fait vendredi l'objet d'un troisième mandat d'arrêt au Japon sur des charges supplémentaires, anéantissant ses espoirs d'une libération immédiate.

Par ailleurs, selon la presse de ce vendredi, le procureur le soupçonne aussi d'avoir versé près de 40 millions d'euros à des «relations» au Liban et ailleurs, argent provenant des caisses de Nissan. En outre, parallèlement, M. Ghosn est aussi en détention provisoire suite à une première inculpation sur des soupçons de minoration illégale de ses revenus dans des rapports annuels de Nissan remis aux autorités boursières.

L'Américain Greg Kelly, administrateur de Nissan arrêté le 19 novembre au Japon en même temps que Carlos Ghosn, a en revanche été relâché le jour de Noël, la raison pour laquelle M. Ghosn est désormais encore retenu ne le concernant pas.

L'affaire Ghosn permet de découvrir de nombreuses subtilités du système judiciaire japonais qui a aussi été beaucoup critiqué à l'étranger en raison notamment de l'absence des avocats lors des séances d'audition du suspect par les enquêteurs.

Pendant ce temps, l'alliance Renault-Nissan est dans la tourmente. Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont déjà révoqué à l'unanimité M. Ghosn de la présidence de leur conseil d'administration, mais le groupe français Renault l'a maintenu jusqu'à présent à son poste, confiant «à titre provisoire» la direction exécutive à son numéro deux Thierry Bolloré. Il est aussi toujours en titre PDG de l'Alliance Renault-Nissan.

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