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ispace signe avec Space X
Économie 1 5 min. 28.09.2018

ispace signe avec Space X

L'engin d'ispace qui se posera sur la Lune et sur son pied, à gauche, un des rovers qu'il embarquera pour aller mesurer la qualité de l'eau

ispace signe avec Space X

L'engin d'ispace qui se posera sur la Lune et sur son pied, à gauche, un des rovers qu'il embarquera pour aller mesurer la qualité de l'eau
PHOTO: ISPACE
Économie 1 5 min. 28.09.2018

ispace signe avec Space X

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Troisième société à avoir installé des activités au Luxembourg dans le cadre de l'initiative SpaceResources, ispace a conclu un accord pour deux lancements par Space X. Direction, la Lune, dès 2020.

Les enfants qui jouent dans ce bac à sable gris ne sont plus des enfants. Ces ingénieurs de haut vol s'amusent avec des engins futuristes de moins de cinq kilos destinés à aller étudier la surface de la Lune. 

Au rez-de-chaussée du bâtiment Charles Lentz, près de l'incubateur de Paul Wurth à la gare, ispace a délimité un carré de huit mètres sur huit avec des agglos. En ce lundi après-midi, la fumée de l'usine de Heintz Van Landewyck crache son habituel parfum de tabac brûlé à deux pas de cet entrepôt de parpaings. 

Kyle Aciermo, le dirigeant canadien du centre de recherche d'ispace au Luxembourg
Kyle Aciermo, le dirigeant canadien du centre de recherche d'ispace au Luxembourg
PHOTO: ISPACE

2020 et 2021, deux années clés 

«C'est ici que nos ingénieurs testent nos rovers et que sont enregistrées les données qui nous permettent d'améliorer nos algorithmes», s'amuse le directeur d'ispace Luxembourg, Kyle Aciero. Le Canadien est heureux: ispace annoncera ce mercredi matin avoir conclu un accord avec Space X pour deux lancements. 

Le premier, baptisé «Mission 1», doit permettre d'emmener Hakuto R en orbite de la Lune depuis l'orbite de transfert géostationnaire au premier trimestre 2020. 

Le second, «Mission 2», le premier trimestre suivant, verra l'engin atterrir sur l'astre célèste pour y libérer le rover qui participait jusqu'à début 2017 au Google Xprize. 

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Le projet Hakuto a passé une après l'autre les étapes de ce concours que Google a finalement annulé jusqu'à devenir un des cinq derniers projets viables. Le premier lancement devait intervenir en mars dernier mais le partenaire des Japonais n'est pas parvenu à réserver un lancement. Ce qui n'a pas empêché l’Innovation Network Corporation of Japan, la Development Bank of Japan, Suzuki Motor ou Japan Airlines d'injecter 80 millions d'euros en décembre dernier pour qu'il se poursuive. 

La société japonaise a ouvert deux succursales, une au Luxembourg, qui emploie 15 personnes et qui recrute un ingénieur par mois, et l'autre à NASA Ames en Californie, le centre de recherches de la NASA. 

En août, 24 experts de l'Agence spatiale européenne, des agences spatiales japonaise et allemande ont validé les travaux d'ispace. 

Vers le lac de la mort 

La start-up gagne de l'argent par son programme de sponsoring et pourra, dès le deuxième lancement, embarquer d'autres engines, de gouvernements, de laboratoires ou d'industriels, en plus de ses deux rovers. A condition qu'ils ne dépassent pas 30 kilos. 


Spaceresources.lu: Un finaliste du Google Xprize s'installe au Luxembourg
Le ministre de l'Economie, Etienne Schneider, a annoncé mercredi après-midi accueillir un troisième acteur du secteur du space mining: les Japonais d'ispace sont un des cinq finalistes du concours d'innovation de Google, le Lunar Xprize.

Un contrat a été signé avec le Luxembourg Institute of science and technology pour un spectromètre de masse et un post-doctorant issu de l'industrie minière travaille sur une évaluation des ressources minérales de la Lune», explique le leader de l'espace de la prochaine génération, titre décerné par l’International Astronautical Congress en 2016 après qu'il ait déjà eu le prix de Space Leader décerné par le Space Generation Advisory Council, dans le giron des Nations unies. 

Le «rover» d'ispace vérifiera sur la Lune si la glace contient bien de l'eau et en quelles quantités. C'est un élément clé du développement de la nouvelle aventure spatiale parce que la Lune n'est pas loin de la Terre, elle n'est pas hostile et l'eau sera le prochain carburant des fusées et autres engins de l'espace. Le plan est d'établir sur le cinquième satellite du Soleil une base d'un millier de personnes en 2040, avant de pouvoir rêver étendre la civilisation humaine vers Mars. 

Pour donner vie à ce projet, ispace veit atteindre Lacus Mortis, un «cratère» de 151 km de diamètre et d'une surface de 21.000 km2. «Lacus Mortis», nom donné par un astronome jésuite italien Giovanni Battista Riccioli au XVIIe siècle, se traduit par «lac de la mort», en français.

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