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Il n'y a pas d'âge pour ouvrir sa fabrique à glaces
Économie 3 min. 07.07.2021
Initiative

Il n'y a pas d'âge pour ouvrir sa fabrique à glaces

Faute d'avoir un diplôme de pâtissier, Elisabeth Adams ne pouvait ouvrir son salon au Luxembourg. Direction la Sarre alors pour celle qui vivait et travaillait au Grand-Duché depuis onze ans.
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Il n'y a pas d'âge pour ouvrir sa fabrique à glaces

Faute d'avoir un diplôme de pâtissier, Elisabeth Adams ne pouvait ouvrir son salon au Luxembourg. Direction la Sarre alors pour celle qui vivait et travaillait au Grand-Duché depuis onze ans.
Phooto: Gerry Huberty
Économie 3 min. 07.07.2021
Initiative

Il n'y a pas d'âge pour ouvrir sa fabrique à glaces

Elle travaillait dans la finance au Luxembourg, mais se rêvait entourée de crèmes glacées. A 40 ans, Elisabeth Adams saute le pas, et s'apprête donc à ouvrir son premier salon dédié aux gelati en tous genres mais à Trèves.

(pj avec Michael JUCHMES) Jusqu'au 10 juillet, il y a encore beaucoup à faire. Mais Elisabeth Adams, elle, est bien prête à ajouter une nouvelle ligne à son CV. Ce curriculum vitae où l'on peut lire qu'elle a déjà travaillé neuf ans pour Luxembourg for Finance. Mais samedi, c'est plus qu'un nouvel emploi qui l'attend. Plutôt la concrétisation d'un fantasme gourmand qui la poursuit depuis toute petite. Elle deviendra marchande de glaces. Mieux même : fabricante artisanale!


Lex Delles veut réviser le droit d'établissement
A l'occasion d'une rencontre à la Chambre des métiers, le ministre des Classes moyennes a annoncé que l'ouverture de certains commerces artisanaux ne serait plus soumise à la nécessité d'un brevet de maîtrise. Tout comme le gouvernement entend offrir une "deuxième chance" aux entrepreneurs ayant subi une faillite.

Glaces à l'italienne, gâteaux ou sucettes glacés et autres gaufres, voilà quelques-unes des productions qui feront saliver, demain, les clients de la «Glacë-Manufaktur», Neustraße à Trèves. Pas à Luxembourg, car elle ne pouvait pas ouvrir son salon faute de pouvoir présenter l'indispensable diplôme lui octroyant un droit d'établissement. Mesure qui devrait être allégée d'ici la fin de l'année, selon la volonté exprimée par le ministre des Classes moyennes souhaitant favoriser l'entrepreneuriat.

N'empêche, il s'agit là d'un aboutissement pour cette Germano-Luxembourgeoise, née en Sarre et venue s'installer au Grand-Duché par amour depuis onze ans. Le lien entre ses anciennes fonctions et son prochain job? Evident à ses yeux : «Il faut beaucoup calculer pour préparer une bonne glace».

Ingrédients made in Luxembourg

Et surtout aucune recette ne contient les mêmes proportions à respecter. C'est comme cela si l'on veut faire monter au 7e ciel ceux qui viendront savourer son inédit sorbet au coing ou une plus traditionnelle glace à la fraise. C'est à Bologne, San Gimignano et Nettuno qu'Elisabeth Adams a appris les secrets des meilleurs artisans glaciers italiens. «J'ai d'abord suivi le cours de l'université de la gelato, près de Bologne, qui a été ma première incursion dans le métier.» À l'époque, il s'agissait plus d'un hobby que d'une vocation professionnelle. Aujourd'hui, elle entend fabriquer ses glaces, à sa façon.

Cela passera par beaucoup d'ingrédients de saison, assure-t-elle. L'approvisionnement local se poursuivra aussi avec du lait bio luxembourgeois, de la bonne crème du pays ou encore des kachkéis. De ce dernier, elle entend tirer de délicieuses bouchées glacées accompagnant à la perfection une coupe de crémant de Moselle. Quand l'hiver viendra, et que le besoin de se rafraîchir aura passé, elle remisera un peu ses plaisirs réfrigérés pour des riz au lait ou des strudels aux pommes. «Alors le café glacier deviendra un café normal», envisage-t-elle.

Mais pas trop le temps de discuter de l'automne à venir, car voilà l'été. Samedi, à l'ouverture, elle proposera pas moins de 15 parfums de glace. Que du fait maison. Aussi, Elisabeth Adams prend-elle une grande inspiration avant de se répéter mentalement son process de fabrication : le soir, la masse est préparée pour le gonflement, le matin elle passe dans la machine à glace, puis dans le congélateur blast et enfin direction la vitrine du salon. Quand on vous disait que tout était calculé...

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