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Ils disent non à la hausse du salaire minimum
Économie 3 min. 24.11.2020

Ils disent non à la hausse du salaire minimum

Le salaire social minimum augmenterait de 72 euros pour passer, au 1er janvier, à 2.642€/mois.

Ils disent non à la hausse du salaire minimum

Le salaire social minimum augmenterait de 72 euros pour passer, au 1er janvier, à 2.642€/mois.
Photo : Laurent Ludwig
Économie 3 min. 24.11.2020

Ils disent non à la hausse du salaire minimum

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Après l'Union des entreprises, la Confédération des classes moyennes hausse aussi le ton face à l'augmentation de 2,8% des plus bas revenus. «Un signal fatal aux petites et moyennes entreprises», selon elle.

Lundi, en conférence de presse, le Premier ministre n'a pas dit un mot sur la hausse du salaire social minimum (SSM). Façon pour Xavier Bettel de dissocier cette annonce des mesures liées à la lutte contre l'épidémie qui devraient être votées mercredi. Sauf que le calendrier des dispositifs anti-covid et celui de l'augmentation de 2,8% du SSM sont communs. Ainsi, la hausse des plus bas revenus devrait intervenir dès le 1er janvier 2021, à l'heure où les effets de la crise seront encore d'actualité.


Politik, Tripartite, Chateau de Senningen, Xavier Bettel, Nora Back, Patrick Dury, Sylvain Hoffmann, Dan Kersch, Francois Bausch, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
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Sitôt dévoilé, le geste social avait provoqué la colère de l'Union des entreprises. Le patronat luxembourgeois réclamant l'abandon pur et simple de la mesure avant qu'elle ne soit proposée aux députés. Maintenant, c'est la voix de la (discrète) Confédération des classes moyennes qui fait part de son même refus. Cela au nom des «intérêts des 30.000 entreprises employant 200.000 salariés» qui forment ce regroupement de la Chambre de commerce, de la Fédération des Artisans et de l’Hôtellerie-restauration (Horesca).

De l'avis de cette Confédération, ces 72 euros d'augmentation mensuels pour près de 60.000 salariés du pays, constitue «un signal fatal aux petites et moyennes entreprises». D'autant plus que Xavier Bettel a pris de court les entrepreneurs des secteurs de l’horeca, du commerce et de l'artisanat. Nul ne s'attendait à ce choix, «une bombe», motivé par un rattrapage des petites rémunérations par rapport à la hausse moyenne des salaires ces deux dernières années.

Les représentants des PME notent que ce «choix politique» intervient «contre le bon sens économique, contre la capacité des entreprises à préserver les emplois et à en créer de nouveaux et, en fin de compte, contre les employés dans les secteurs concernés». La crainte est que certains employeurs, privés de perspectives, de réserves financières, n'en viennent à mettre la clé sous la porte ne pouvant pas assumer à leur échelle ce coup de pouce au SSM qui passerait à 2.642€/mois pour les salariés qualifiés. Anticipant l'index qui ne devrait plus intervenir avant 2022, selon le Statec.

Le sort des indépendants

Et alors que le gouvernement tentera d'amortir la dépense supplémentaire via l'octroi d'une aide directe de 500€ par salarié des secteurs vulnérables, cela reste insuffisant aux yeux des détracteurs de l'augmentation. Ces derniers rappellent au passage qu'en 2011, lors d'une précédente hausse du SSM dans un contexte de crise, «le gouvernement Juncker-Asselborn avait accordé à toutes les entreprises concernées une compensation financière». A voir si les députés reprendront cette idée pour faire passer la pilule.

Mais aux yeux de l'UEL comme de la Confédération des classes moyennes, il est plus urgent de se préoccuper du sort des indépendants. Eux ne touchent pas de «salaire de remplacement», comme tout employé y a droit dans le cadre du chômage partiel. Une proposition que le patronat avait mise en avant dès le printemps mais qui n'a pas encore retenu l'attention du ministre de l'Economie Franz Fayot (LSAP) ou des Classes moyennes Lex Delles (DP). Ceux-ci préférant jusqu'à présent miser sur des packs d'aides à solliciter plutôt qu'un revenu de compensation assumé par l'Etat.

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